lu pour vous numéro 31

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"Lu pour vous" numéro 31*

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

Sommaire :

  • Médecine: la vie post mortem
  • Actualité : le bond en avant de la chine en Afrique
  • Architecture : un gratte-ciel érigé en 90 jours
  • Santé –Neurologie : un rat paralysé a réappris à marcher
  • Energie du futur : de l'hydrogène propre à volonté
  • Vacances : sculptures sur paille et foin

Médecine: la vie post mortem

Une nouvelle preuve que la vie est plus forte que la mort. Une équipe de chercheurs de Pasteur est parvenue à cultiver des cellules prélevées sur des cadavres humains jusqu'à dix-sept jours après le décès. Cette prouesse apporte la confirmation que des cellules d'un genre particulier, les cellules souches, sont capables de survivre dans des conditions extrêmes. De quoi renforcer l'intérêt pour la médecine régénérative.

Dans un organisme vivant, toutes les cellules sont issues de cellules souches apparues dés la fécondation et qui se différencient progressivement au cours du développement de l'embryon. Les chercheurs ont appris à les cultiver puis à les programmer pour produire toute sorte de tissus, ouvrant d'immenses perspectives thérapeutiques. Elles sont obtenues soit par prélèvement sur des embryons après une interruption volontaire de grossesse ou au terme d'une procréation assistée qui engendre des embryons surnuméraires, soit par prélèvement sur le patient lui-même ou sur un donneur sain - dans ce cas un risque de rejet existe.

Reste la piste post-mortem explorée par Fabrice CHRETIEN et son équipe de l'Institut Pasteur. Ses résultats, publiés dans la revue Nature Communications, montrent l'extraordinaire capacité de survie des cellules souches de muscle et de moelle osseuse. Des cultures de cellules de muscle prélevées dix-sept jours après la mort d'une femme de 95 ans ont reformé de véritables fibres musculaires.

Chez la souris, des cellules extraites plusieurs jours après le décès, puis cultivées et greffées sur des animaux myopathes, ont permis de stimuler la production d'une protéine défaillante. Notre démarche montre que ces cellules privées d'oxygène survivent longtemps dans le froid, à 4°C, explique F.CHRETIEN. Il s'agit d'une véritable technique de conservation, qui a d'ailleurs été brevetée. A très long terme et à condition que les lois de bioéthique l'autorisent, ces résultats renforcent aussi l'idée qu'on pourra soigner avec des cellules souches issues d'un corps donné à la science.

Source : L'Express, n°3181, semaine du 20 au 26 juin 2012, signé Denis DELBECQ

Actualité: le bond en avant de la Chine en Afrique.

Ces dix dernières années, la Chine eu de cesse d’élargir son champ d'action sur le continent africain. Elle a acquis à grande échelle des terres agricoles en Ethiopie ou au Cameroun, exploite des puits de pétrole au Soudan du sud et au Gabon, s'est emparé de mines de cuivre et de charbon en Zambie et au Zimbabwe.

En réalité, l'approche de la Chine en Afrique répond à une stratégie en trois temps. La première est évidemment celui de l'appropriation des ressources.

Les besoins de la Chine sont tels que la recherche de nombreux fournisseurs est une condition indispensable à la poursuite de la croissance. Ce n'est pas un hasard si les pays ou la Chine est la mieux implantée sont les pays exportateurs aux ressources abondantes : l’Angola, le Congo Brazzaville et le Soudan Sud, riches en hydrocarbures, l'Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe, riches en minerais. Plus de 60% de tout le bois africain exporté dans le monde prend ladirection de la Chine.

Le deuxième temps, c’est celui des infrastructures, comme en témoigne la place centrale qu'occupent les firmes chinoises sur les grands chantiers. La Chine a besoin d'acheminer vers les côtes les ressources naturelles extraites le plus souvent dans des régions difficiles d'accès. Elle possède des entreprises particulièrement efficaces et compétitives dans le domaine. La qualité de leurs ouvrages est proche de celle des entreprises de construction occidentales mais à un prix nettement inférieur. C'est ainsi que le chantier du port d'Abidjan a été remporté par une société chinoise qui présentait un devis deux fois moins élevé que celui de son concurrent français. Au-delà des voies de communication, la Chine édifie et modernise les réseaux d'énergie, de télécommunications, des logements, des stades, des universités ... Les prix proposés sont extrêmement compétitifs ; ainsi, il a été plus facile de se voir attribuer le projet gigantesque, évalué à 11 milliards d’euros, de construction de l'autoroute est-ouest algérienne.

L'implantation des entreprises en Afrique constitue le troisième temps de la pénétration chinoise. Elle transfère à l'étranger ses productions faiblement qualifiées. L'Afrique offre à ce titre les salaires les plus bas du monde. La part du secteur manufacturier dans les investissements sur le sol africain s'élève à 22%.

Les échanges commerciaux avoisinaient en 2000, 10 milliards de dollars ; aujourd’hui, ils dépassent 120 milliards.

La volonté chinoise est de sortir d'une relation exclusive et bilatérale avec les Etats-Unis. La Chine se tourne aussi vers l'Amérique du Sud et l'Europe.

Source : Challenges, n° 306 du 21 juin 2012, éditorial de Jean-Louis BEFFA.

Architecture : un gratte-ciel érigé en 90 jours.

L'entreprise Broad Sustainable Building (BSB) de Xiangyin dans la province du Hunan (Chine) se propose d'ériger un gratte-ciel de 838 mètres avec 220 étages en trois mois. Ainsi il serait de 10 mètres plus haut que le record actuel du Burj Khalifa à Dubai, dont la construction a duré six ans.

BSB a de l'expérience dans ce type de projets, elle a élevée déjà un bâtiment de 15 étages en une semaine et un hôtel de trente étages en 15 jours. Mais, pour ce projet gigantesque, cette expérience semble un peu légère.

Construit sur une base de 17000 m2, elle devrait offrir un million de m2 de surface utilisable. l04 ascenseurs seront installés sur le gratte-ciel « Sky City ». Le bâtiment se distinguera aussi du point de vue de l'apport énergétique, il ne nécessitera qu'un cinquième de l'énergie d'un bâtiment habituel de cette dimension. Il aura une isolation de 15 centimètre d'épaisseur et un vitrage quadruple. L'air conditionné sortira d'une installation fonctionnant sans électricité avec récupération de chaleur. L'éclairage utilisera uniquement des ampoules LED et les ascenseurs seront prévus avec la récupération de l'énergie du freinage.

Le coût prévu de 496 millions d'euros sera beaucoup moins cher que celui du gratte-ciel le plus haut d'Europe, le «The Shard » de Londres de seulement 310 mètres. Le Burj Khalifa de Dubai a coûté 1,2 milliards d'euros.

A l'usine BSB, 1200 ouvriers monteront des parties complètement préfabriquées qui seront assemblées sur place. Ainsi, en trois équipes, plusieurs étages seront érigés par jour. 95% du bâtiment sera réalisé ainsi.

Ce n'est pas encore certain que l'entreprise pourra réaliser son projet. Elle attend encore l'approbation des autorités. Rêve ou futur ?

Source : Der Spiegel on-line du 17 juin 2012, signé Matthias KLEMP

Santé - Neurologie: un rat paralysé a réappris à marcher.

lpv312A l'Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, un rat blanc soutenu par un harnais robotisé est posé sur un tapis roulant. Ses pattes ne le soutienne plus, elles traînent. Et pour cause : sa moelle épinière a été sectionnée partiellement en deux endroits. Alors un chercheur en neurosciences, Grégoire COURTINE, actionne un bouton et le miracle se produit : le rat marche.

Selon l'étude publiée par l'équipe suisse dans « Science >>, l’expérience obtient 100% de réussite.

La moelle épinière a été réveillée en apportant à la partie lésée ce que le cerveau lui apporte normalement, c'est-à-dire des neurotransmetteurs et des impulsions électriques.

Le chercheur a d'abord injecté, en dessous de la lésion, un cocktail de neurotransmetteurs (des mono- amines). Dans une précédente publication, en 2009, l’équipe avait montré comment ces monoamines (dopamine, sérotonine, adrénaline), en se fixant sur certains récepteurs de neurones de la moelle épinière, participaient à la coordination de la marche. Elle avait expliqué en outre que cette action bénéfique était renforcée si elle était associé à une stimulation électrique continue. Chez les rats stimulés, la moelle épinière est de nouveau capable de remplir son rôle. Elle reçoit l'information sensorielle en provenance de la voûte plantaire et envoie, en retour, des commandes motrices vers les muscles des jambes.lpv313

Mais la plus grande surprise est ailleurs : les observations anatomiques ne laissent pas de place au doute : de nouveaux neurones ont reconnecté les deux parties sectionnées en contournant la cicatrice provoquée par la lésion. Mieux, l'analyse de l'activité cérébrale du cortex moteur révèle qu'au bout de quelques semaines, le cerveau reprend le contrôle de la marche : le mouvement redevient volontaire. Une telle plasticité neuronale, ne survient qu'à deux conditions : lorsqu'une stimulation pharmaco électrique est appliquée et que l'entraînement se fait à l'aide du harnais robotisé. Ce dernier fait d'ailleurs l'objet d'une autre publication ce mois de juillet dans Nature Médecine. On y apprend que le dispositif permet à l'animal paralysé de récupérer plus rapidement qu'avec un tapis roulant classique. Les résultats sont si étonnants que les chercheurs prévoient déjà de réaliser un essai clinique sur un patient dans les deux ans à venir.

Source ; Science et A venir, n° 785, juillet 2012, signé Elena SENDER, envoyée spéciale à Lausanne

Energie du futur : de l'hydrogène propre à volonté.

Une entreprise américaine a mis au point un procédé révolutionnaire pour produire de l'hydrogène à partir d'énergie solaire et sans avoir à purifier l'eau. « Notre technologie pourrait changer le monde », déclarait en mai Tim YOUNG, PDG d'Hypersolar. Rien de moins. Cette start-up basée en Californie développe en effet un procédé nouveau pour produire de l'hydrogène à partir d'énergie solaire.

L'hydrogène peut être stocké puis réutilisé pour alimenter une pile à combustible et produire de l'électricité .De plus, le processus n'utilise pas d'énergie fossile et n'émet pas de gaz à effet de serre. Surtout, c’est un moyen de stocker une énergie renouvelable pour l'utiliser à la demande.

Avantage : le procédé de la jeune entreprise ne nécessiterait pas de purifier l'eau nécessaire pour son fonctionnement, une étape très coûteuse en énergie. Le dispositif, dont la technologie est gardée secrète, se présente sous la forme d'un petit module plat de quelques centimètres, directement plongé dans n'importe quel type d'eau : effluents industriels, eau de mer, etc.… Il est probable que le module soit composé d'une cellule photovoltaïque qui alimente en électricité deux catalyseurs séparant l'hydrogène (H2) et l'oxygène(02) de l'eau.

Quatre technologies de production d'hydrogène s'affrontent aujourd'hui. La première, la mieux maîtrisée, repose sur un électrolyseur d'eau alimenté en électricité par des panneaux photovoltaïques. La deuxième, celle d’Hypersolar, associe les deux éléments en un seul module immergé dans l’eau. Ce qui simplifie le procédé industriel, donc coûte beaucoup moins cher à produire. L'équipe de Kazumari DOMEN, à l'université de Tokyo poursuit une troisième voie : des nanoparticules en suspension dans l'eau captent l'énergie solaire et catalysent la production d’hydrogène. Le rendement est actuellement très faible (quelques centièmes) mais le coût est encore plus avantageux.

Enfin, en France, les chercheurs du CEA développent une toute autre approche: il s'agit d'assembler un électrolyseur d'eau dont les deux électrodes Intègrent une fonction de capture et conversion de l'énergie solaire, en plus des catalyseurs qui permettent de séparer l'oxygène et l'hydrogène de l'eau.

Seule limite à ces technologies, l’énergie solaire reçue sur Terre : 340W/m2. Elles ne seront donc viables que si elles atteignent un rendement de 10%, ce qui imposera des surfaces de capteurs solaires considérables (environ 3 000 ha pour l'équivalent d'une tranche nucléaire). L'argument vaut pour toutes les énergies renouvelables, mais nous n'avons pas beaucoup d'alternatives pour lutter contre le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources fossiles.

Source: Science et Avenir, n° 785, juillet 2012, signé Olivier HERTEL

Vacances : sculptures sur paille et foin (Valloire).

lpv311Déjà célèbre pour ses concours de sculptures sur neige et glace en hiver, Valloire met la discipline à l'heure d'été avec comme matériau de travail le foin. Dix sculptures géantes réalisées par des équipes de deux sculpteurs seront disposées dans divers points de la station entre le 16 et le 22 juillet 2012.

Source: Savoie magazine / infos : www.valloire.net

   
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