lu pour vous numéro 22

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"Lu pour vous" numéro 22*

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d’information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l’expression d’une prise de position de l’UDISS ou d’un jugement de valeur.

Sommaire :

  • Stratégie : Total retrouve le goût du risque
  • Transport : un 4x4 intelligent pour mieux conduire en ville
  • Fonds marins : localisation et exploitation des minéraux stratégiques sous-marins
  • Polymères : les polymères préparent l’après-pétrole
  • Microbiologie : un gaz aide les bactéries à résister aux antibiotiques

Stratégie : TOTAL retrouve le goût du risque.

Décidé à rattraper CHEVRON, BP et SHELL, le groupe repasse à l’offensive.

A 150 kilomètres au large de l’Angola, Pazflor, la plus importante unité de pétrole flottante du monde a été inaugurée le 22 novembre 2011. Cette plate-forme a coûté 9 milliards de dollars et produira bientôt 220 000 barils par jour.

TOTAL investit dans dix nouveaux pays et régions : Danemark, Pologne, Malaisie, Guyane, Côte d’Ivoire, Egypte, Ouganda, Tanzanie, Kenya. Dans le même temps, il augmente de plus de 20 % son budget exploration à 2,1 milliards de dollars en 2011 .Et booste ses acquisitions : 17 milliards de dollars en 2010, dix fois plus que sur la période 2007 – 2009.Et ça continu en 2012.

Début janvier, TOTAL s’est offert pour 2,3 milliards de dollars un ticket de 25 % dans le gaz de schiste aux Etats-Unis .Puis annoncé un investissement de 34 milliards dans un gisement de gaz et de pétrole au large de l’Australie.

TOTAL acquiert également du minier et des permis d’explorer sur des nouveaux thématiques, comme l’offshore ultra profond, les grands deltas du golfe de Guinée ou l’antésalifaire, le pétrole qui se trouve à 2000 mètres de profondeur, sous la croûte de sel.

TOTAL n’inspire pas la pitié, il va annoncer le 10 février 2012 des profits stratosphériques.

Source : Challenges, N° 286, du 2 au 8 février 2012, signé Nicolas STIEL


Transport : un 4x4 intelligent pour mieux conduire en ville

Il s’agit d’un véritable projet de mini-véhicule électrique à même d’aider les personnes à mobilité réduite à se déplacer.lpv224

Le PICAV (Personal Intelligent City Accessible Vehicle system) possède quatre roues indépendantes et rétractables. Il peut gravir et descendre des marches et des trottoirs de 20 centimètres de haut, tourner sur place et compenser les pentes afin que l’assise reste toujours parfaitement horizontale. Il est équipé d’une multitude de capteurs, notamment des télémètres, qui détectent les obstacles. S’il identifie un risque de collision avec un passant, un animal, un mur, etc.., il freine automatiquement. Un système de géo localisation indique de surcroît les difficultés jalonnant le parcours, telle la présence d’escaliers. Les laboratoires européens ( dont l’INRIA de Rocquencourt ) qui ont collaboré pour développer ce véhicule se sont aussi concentrés sur la facilité de l’installation à bord. Par exemple, pour les gens âgés ayant du mal à s’asseoir, le siège sort et se déplie complètement à la verticale. La personne debout, peut alors s’appuyer contre le siège et ses accoudoirs et le replier doucement. Si l’utilisateur est en fauteuil roulant, le siège reste plié mais sort de la voiture de façon que le transfert depuis le fauteuil vers le siège puisse se faire par le côté et non de face. Le tout mémorisé avec d’autres paramètres personnalisés sur la clé d’ouverture à distance. Première présentation publique en avril prochain, à Athènes.

Source : Science et Avenir, n°780, février 2011, signé O.H.


Fonds marins : Localisation et exploitation des minéraux stratégiques sous-marins.

lpv222Les métaux stratégiques sont des ressources minérales non énergétiques indispensables pour les filières technologiques de demain.

Le chantier expérimental de Solwara 1 en Nouvelle – Guinée.

C’est une première mondiale. D’ici à quelques mois, au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la société canadienne Nautilus exploitera pas moins de 19 dépôts hydrothermaux, situés à des profondeurs de 1500 à 2500 mètres. Pour repérer ces sources, différentes méthodes sont utilisées : l’une consiste à détecter la signature magnétique des sources hydrothermales actives ou fossiles. En effet, l’hydrothermalisme altère l’aimantation de la roche traversée, ce qui modifie le signal magnétique enregistré au dessus du plancher océanique. Les sources fossiles détectables par ces techniques sont plus propices à l’exploitation..Une fois le repérage et l’évaluation de la richesse du site réalisés, la société Technip déploiera pour le compte de Nautilus à quelques encablures des côtes de la Nouvelle-Irlande une gigantesque plate-forme offshore destinée à réceptionner le minerai depuis le fond.

Trois types d’engins opèrent sur le plancher marin. Le premier tranche les cheminées de sulfure minéralisé et aplanit le terrain. Une autre les broie et un troisième les aspire, pour les acheminer vers une station de pompage des boues de minerais en surface. L’ensemble est acheminé sur plus de 2000 m par tuyau flexible vers le navire. Là, les boues sont filtrées, le minerai séché et l’eau nettoyée rejetée à la mer. Puis, le minerai est acheminé jusqu’au continent.

Pour un cout total de développement de 383 millions de dollars, le permis d’exploitation a été accordée jusqu’en 2035.lpv223

La valeur moyenne des ressources connues du gisement de Solwara 1 est de 630 euros par tonne (par comparaison, le gisement de la mer Rouge, plus pauvre, atteint 92 euros) ; Cette concentration en différents éléments compense le cout élevé de l’exploitation, estimé à 68 euros par tonne.

Le chantier Solwara 1 devrait livrer 1,3 million de tonnes de minerais très riches en différents métaux.

Les ressources océaniques seraient donc bien plus rentables que celles des continents. Avec Solwara 1, c’est la faisabilité technique en situation réelle qui va être démontrée.

Source : Science et Avenir, n° 280, février 2012, signé Azar KHALATBARI


Polymères : les polymères préparent l’après-pétrole.

Les polymères ne cessent d’améliorer leurs performances pour répondre à une demande en forte croissance .La technologie s’attaque désormais au développement de produits qui s’affranchissent du pétrole et aux technologies de recyclage.

De l’emballage des produits frais à la structure des avions, les plastiques ont su se faire une place dans tous les domaines .Leur secret : une mise en œuvre facile, un faible coût et, surtout, la légèreté.

Car qui dit légèreté dit économie d’énergie .Selon une étude réalisé en 2009 par l’agence de conseil DENKSTATT, remplacer les polymères par des matériaux traditionnels dans tous les produits fabriqués en Europe conduirait à augmenter la consommation liée à ces produits de 57 % et les émissions de gaz à effet de serre de 61 %.

Les plastiques se font toujours plus légers .L’amélioration de leur résistance mécanique leur permet de fournir le même service avec toujours moins de matière .Les bouteilles d’eau en PET (polyéthéréphtalates) ont vu leur poids diminuer de 40 %.

Dans le bâtiment, le polystyrène expansible, dernier né de TOTAL PETROCHEMICALS, permet de réaliser des plaques isolantes composées à 98 % d’air ! Elles ne pèsent que 12 kilos par mètre cube .Elles sont six fois plus efficaces que la laine de verre.

La métallisation ,qui consiste à déposer des couches de métal de quelques micromètres sur les polymères ,spécialité de l’entreprise ATOTECH ,est une autre façon d’allégement en remplaçant des pièces en métal par des plastiques sans en modifier l’aspect – pièces d’automobile, PC , téléphones…Elle apporte bien plus : elle protège des substances corrosives, de l’usure.

Les nouvelles voies du recyclage.

Consommation de plastique vierge en Europe en 2010 :46 millions de tonnes

Déchets plastiques en Europe en 2010 : 24,7 millions de tonnes

En Europe, en 2010, 58 % des déchets valorisés, 6 Mt par recyclage et 8,3 Mt par valorisation énergétique.

Recyclage : les flux de déchets plastiques sont broyés pour donner naissance à des plastiques «neufs«, mais aux qualités inférieurs à celles du polymère initial.

Solutions pour obtenir des caractéristiques identiques à celles du produit initial :

Première solution : affiner l’étape de tri grâce à des équipements optiques, puis à   mélanger le plastique à du matériau vierge sélectionné .TOTAL PETROCHEMICALS produit de cette façon un grade de polystyrène (PS 818R), qui sert à la production de coques de télévision qui contiennent de 10 à 15 % de polystyrène issu de … télévisions en fin de vie.

Autre solution : le recyclage chimique . Il s’agit de travailler à rebours, de partir de déchets pour revenir à des sources de monomères ( pétrole, alcools ).De quoi fabriquer un polymère à partir de molécules « toutes neuves « .On sait déjà obtenir un pétrole synthétique en effectuant la pyrolyse d’un mélange de plastiques usagés .La start-up américaine AGILVYX, à laquelle est associé TOTAL ,fournit ainsi des unités produisant quelques 7 millions de litres de pétrole par an à partir de 8000 tonnes de déchets plastiques.

Solution en développement : l’obtention d’alcools par gazéification du mélange de plastiques usagés suivi d’une transformation (bio) chimique, donnant ensuite accès aux molécules monomères après déshydratation des alcools.

En R&D on vise d’obtenir directement les molécules monomères initiales en « dépolymérisant « les plastiques en fin de vie.

Du plastique sans pétrole :

Les voies pour y parvenir :

La première est issue des sucres. Ils sont transformés par fermentation, soit en alcool, soit en acide lactique. L’acide lactique donne naissance à un tout nouveau plastique, le PLA.

La seconde provient du gaz de synthèse issu de la gazéification de biomasse, de déchets du plastique ou d’hydrocarbures, autres que le pétrole tels que gaz naturel ou charbon. Ce gaz de synthèse produit ensuite du méthanol par voie chimique qui donne accès au propylène et éthylène par l’intermédiaire de la technologie Méthanol to Olefins (MTO).

Toutes ces voies ont des niveaux de maturité différents. Le PLA est déjà produit industriellement. Le MTO a été démontré et le premier projet de taille mondiale est en cours de développement en Chine.

Il y a encore beaucoup de R&D à effectuer, y compris en biotechnologies pour obtenir et consommer les sucres de la fraction structurelles de plantes, la ligno-cellulose, bois, déchets agricoles ….

Source : La Recherche, n° 45555558, décembre 2010, cahier spécial réalisé avec le soutien de la direction chimie de TOTAL


Microbiologie : un gaz aide les bactéries à résister aux antibiotiques.

La plupart des bactéries émettent du sulfure d’hydrogène. Antioxydant, ce gaz leur permet de contrer les effets des antibiotiques.

L’équipe de l’université de New-York vient de découvrir chez les bactéries un mode de résistance aux antibiotiques totalement inattendu.

Le séquençage récent de nombreux génomes bactériens a en effet permis d’identifier, chez les bactéries des gènes similaires à ceux qui contrôlent spécifiquement la production de sulfure d’hydrogène chez les mammifères, chez lesquelles ce gaz possède de nombreuses fonctions.

lpv221Seule solution pour découvrir quel rôle il joue chez les bactéries : inactiver ces gènes (ou les enzymes qu’ils codent) et observer les conséquences L’équipe new-yorkaise a effectué une expérience chez quatre espèces de bactéries très courantes mais éloignées dans l’évolution : Bacillus anthracis, Pseudonomas aeruginosa, Staphylococus aureus et Escherichia coli.

Le premier résultat fut l’arrêt de la production de sulfure d’hydrogène .Preuve que chez les bactéries aussi, les gènes sont impliqués dans la sa production. Puis, les biologistes ont constaté que les bactéries incapables de produire le sulfure d’hydrogène survivaient moins bien à la présence d’antibiotiques que leurs congénères naturelles. Il était dès lors entendu que le sulfure d’hydrogène protégeait les bactéries des antibiotiques.

De nombreuses études montrent que les antibiotiques provoquent la libération de molécules appelées radicaux libre qui, par leur activité oxydante cassent l’ADN. Or, le sulfure de carbone est susceptible d’avoir une activité antioxydante.

Pour tester cette hypothèse, trois antibiotiques représentatifs des trois principales classes d’antibiotiques ont individuellement été ajoutés à des bactéries Escherichia coli. L’analyse de leur ADN a ensuite prouvé l’effet antioxydant du sulfure d’hydrogène : cet ADK était intact chez les bactéries productrices de sulfure d’hydrogène et découpé en fragments chez les autres. L’équipe a ensuite montré que le gaz agissait de deux façons : en bloquant la formation de radicaux libres, et en stimulant l’activité d’enzymes anti oxydantes.

Si on trouve un moyen d’inhiber cette production gazeuse, on peut envisager de découpler l’efficacité des antibiotiques .Perspective intéressante au moment ou la recherche de nouveaux antibiotiques marque le pas.

Source : La Recherche, n°461, février 2012, signé Anne DEBROISE

   
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