Lu pour vous numéro 131

Détails

" Lu pour vous " n° 131*

Sommaire

  • Stratégie : Huawei se projette en numéro un mondial
  • La folie des grandeurs des milliardaires de la tech : rendre le monde meilleur en changeant le futur
  • Quand la fiction rejoint la science-business : repousser les frontières
  • Actualités high-tech : le train roulera à l'hydrogène
  • Actualités high-tech : la tablette qui offre la sensation du toucher
  • Actualités high-tech : les fusées décolleront depuis le ciel
  • Dossier spécial : lutter contre le handicap : Revue des dernières technologies et des avancées scientifiques qui permettent de surmonter le handicap

Stratégie : Huawei se projette en numéro un mondial.

lpv1311Cloud, big data et Internet des objets : le fabricant chinois de routeurs, commutateurs et smartphones se mue en machine 2.0 des télécoms. Dans sa ligne de mire Apple et Samsung.

Début septembre, à Shangai, pour le Huawei Connect 2016, 20 000 personnes ont assisté à trois jours de conférences axées sur les nouvelles marottes du groupe : cloud, big data et Internet des objets. Dans un show à l'américaine, Ken Hu, le patron, a annoncé ses ambitions dans » la révolution de l'intelligence avec cloud 2.0 ». « C'est l'heure de la révolution de l'intelligence. Nous entrons dans l'époque du cloud 2.0, celle ou les entreprises vont transférer leurs données en ligne. Huawei veut être un précurseur.

Le cloud est devenu l'une de ses trois activités majeures, la plus récente, réservée aux services aux entreprises, et qui compte parmi ses clients Alibaba, TF1 et Criteo. Elle y réalise déjà plus de 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires et constitue d'ailleurs l'un des principaux leviers qui devraient lui permettre de maintenir son insolent rythme de croissance dans les années à venir.

Force de frappe en R&D

En 2016, le mastodonte chinois, fabricant historique de routeurs et de commutateurs, a dépassé la barre de 60 milliards de dollars de revenus, 37% de plus que l'année précédente, dont 36 milliards issus des équipements télécoms. Il approvisionne 45 des plus grands opérateurs mondiaux et les français se sourcent tous en partie chez lui.

Le groupe a d'ailleurs démarré en imitant les produits de ses concurrents. ll a ensuite proposé des appareils de bonne qualité à des prix imbattables. De quoi envoyer dans les choux ses concurrents d'alors, Alcatel-Lucent et Ericsson. Mais Huawei reste quasi absent sur le marché américain. Ou la peur de l'espionnage économique est encore très présente.

L'équipementier s'est imposé en misant sur la R&D,qui représente plus de 10% de son chiffre d'affaires chaque année. En 2014, celle-ci est même rentrée dans le Top-100 Global lnnovators.
Huawei, qui a ouvert seize sites de recherche en Europe, dépense beaucoup pour ces talents humains.
Il répète à l’envie que la 5G est sa priorité : 600 millions de dollars au total seront investis dans cette technologie avant 2015. Un argument marketing autant qu'un pari technologique pour larguer définitivement ses concurrents d'ici cinq ans.

Rigueur d'exécution militaire.

Son second atout est une organisation inhabituelle et une rigueur d'exécution militaire. Huawei est un ovni dans son pays. Riche de 176 000 salariés, l'entreprise fonctionne toujours comme une SCOP, dans laquelle les employés les plus méritants se partagent des actions.

Originalité supplémentaire : trois PDG se partagent une présidence tournante et manière efficace d'organiser la succession pour son fondateur. Ces ménagers sont chargés de veiller au respect de la ligne stratégique fixée. « La force de Huawei est de combiner les équipements et les mobiles. Une stratégie tentée par d'autres acteurs auparavant... Sans succès, explique Roland Montagne, analyste à l'iDate.

L'entreprise à l'avantage de pouvoir s'appuyer sur un marché local gigantesque avant de s'internationaliser. » Il y a cinq ans, le groupe a ainsi élargi son offre aux smartphones, d'abord vendus à l'intérieur de la Grande Muraille, puis dans le monde. En quelques années il est devenu le troisième fabricant de smartphones, en s'emparant de 8,3% du marché international. Il a écoulé en 2015 plus de 100 millions d'unités, majoritairement des smartphones premium à budget modéré sous la marque Huawei, ou Honor, sa marque d’entrée de gamme vendue sur Internet.

Marque à construire.

Et les chinois devraient profiter des déboires de Samsung avec son Galaxy Note 7, retiré du marché en raison d'un risque d'explosion de la batterie.

Le vice-président de Huawei France, Denis Morel, ne s'en cache pas : « Nos concurrents sont Apple et Samsung, notre objectif est de devenir numéro un mondial d'ici cinq ans. »

Ils peuvent y arriver, mais leur capacité à atteindre le sommet reste pour l'heure loin d'être certaine. Ils doivent en faire plus sur les applications et relever le défi de la construction de la marque. Son prochain challenge est de réussir à maintenir une gamme de produits et de services aussi large sur la durée.

Source CHALLENGES, n° 495, 27 octobre 2016, signé Léa Lejeune

La folie des grandeurs des milliardaires de la tech

lpv1312Les nouveaux maîtres de la Silicon Valley veulent rendre le monde meilleur. En changeant le futur : robots, drones, énergie, ville ....

Les fondateurs des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et leurs cadets des NATU ( Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) savent exprimer différemment leur folie de grandeur, et de façon autrement plus spectaculaire. Quand ils ne rêvent pas de coloniser Mars, ils bâtissent des cités pour leurs salariés ou des usines géantes alimentées en énergies renouvelables. Une folie altruiste.

Google. Date de création : 1998, fondateur Serge Brin, Larry Page. Valorisation : 570 milliards de dollars ; projet : un monde de robots.

Parmi les programmes qui animent les équipes de chercheurs, figure la robotique associé aux projets dans le domaine de l'intelligence artificielle. Le groupe a fait l'acquisition d'une demi-douzaine de sociétés ces trois dernières années, dont Schaft, qui conçoit un bipède capable de transporter des charges sur tous types de terrain.

Facebook. Date de création : 2004 / fondateur : Mark Zuckerberg / valorisation : 375 milliards de dollars / projet : Zec Town : la ville Facebook.

Le fondateur de Facebook a confié à l'architecte Frank Gehry la conception d’une nouvelle ville située non loin du siège de l'entreprise, au sud de San Francisco. Sur plus de 50 hectares. Elle devrait accueillir, dans quelques années, quelque 10 000 salariés du groupe ainsi que leurs familles. Son coût est estimé à 200 milliards de dollars.

Apple. Date de création : 1976 / fondateur : Steve jobs, Steve Woizniak / valorisation : 630 milliards de dollars / projet : Titan, la voiture du futur.

Après avoir révolutionné les industries des télécoms et du divertissement, le groupe s'apprêterait à chambouler les transports. Le projet Titan, sur lequel travaille déjà plus d'un millier de personnes, recouvre les initiatives Apple dans la voiture connecté. Un premier véhicule pourrait être commercialisé avant 2020.

Amazon. Date de création : 2004 / fondateur : Jeff Bezos / valorisation : 390 milliards de dollars / projet : Prime Air, la livraison par drones généralisée.
La moitié de la population américaine vit à moins de 30 kilomètres d'un entrepôt d'Amazon. Les équipes de Jeff Bezos affirment maîtriser la technologie pour livrer les clients par drone, grace à une flotte d'engins capable de porter jusqu'à 25 kilos à 120 mètres d’altitude. Le problème n'est que réglementaire.

lpv1313Tesla. Date de création 2003 / fondateur Elon Musk / valorisation : 30 milliards de dollars / projet : Giga factory, l'usine du futur.
En plein désert du Nevada, Tesla a achevé l'été dernier une colossale usine de fabrication de batteries. Un projet à 5 milliards de dollars, destiné à alimenter les voitures électriques de la marque. Modèle écolo, le bâtiment est recouvert d'un toit de dalles solaires et cerné d'éoliennes qui l'alimentent.

Uber. Date de création : 2009 / fondateurs Travis Kalanick / Garrett CAMP / valorisation 69 milliards de dollars / projet : tout livrer, partout dans le monde en cinq minutes.
Uber n'est pas seulement une alternative aux taxis. La start-up de San Francisco livre aussi des repas et des marchandises via ses chauffeurs. Le fondateur T.K. rêve d'un monde dans lequel son modèle ce serait généralisé et où il serait possible de se faire transporter ou livrer quasi instantanément, d'un simple clic.

Aibnb. Date de fondation : 2008 / fondateurs : Brian C hesky, Joe Gebbia / valorisation : 30 milliards de dollars / projet : réinventer l'architecture et le design de ka ville.
Plus que changer les habitudes, les fondateurs de la plateforme de location veulent aussi marquer de leur empreinte l'aménagement des villes. Leur agence de design Samara, lancée cette année, planche sur des projets urbains de toutes tailles, comme cette maison communautaire destinée à revitaliser une petite ville japonaise.

Netflix. Date de fondation : 1997 / fondateurs : Reed Hastings, Marc Randolph / valorisation : 30 milliards de dollars / projet : le triomphe de l’intelligence artificielle.
Avant de lancer Netflix, Reed Haastings était un ingénieur spécialisé dans l'intelligence artificielle, très présente sur sa plateforme pour aider les utilisateurs dans leur choix. Pour lui, l’intelligence du futur sera un mix de carbone et de silicone, et il sera impossible, d'ici cinq à dix ans, de savoir si l'on parle à un robot ou à un Être humain.

Source : Challenges, n° 496, Novembre 2016, signé Gilles Fontaine.

Quand la fiction rejoint la science-business. Repousser les frontières tient en deux obsessions : exploiter l'infiniment grand et l'infiniment petit. Exploiter notre code génétique ou coloniser Mars sont devenus une affaire sérieuse.

lpv1314L'ADN, ce bon filon économique.

A voir tout son ADN, ou presque, décrypté à partir d'un simple échantillon de salive, grâce à un kit de test en vente libre. Et connaître ses prédispositions face à certaines maladies et ses origines ethniques : la promesse était explosive et un rien troublante lors du lancement de 233andMe en 2007. Une puissante start-up bio Tech californienne, cofondée par Anne Wojcicki, biologiste qui est alors l'épouse de Serge Brin, cofondateur de Google.

023andMe, ainsi baptisé en référence aux 23 chromosomes du génome humain, extrait I'ADN des cellules de salive, puis en décode une partie. Il renseigne le client sur sa propension à développer une trentaine de maladies : cancer du sein, infarctus, diabète.... Le tout pour 1 000 dollars, à l'époque du lancement. En dix ans, au fil de ses levées de fonds (102,5 millions de dollars au total), 23AndME parvient à baisser ses prix à 199 dollars.

Sorti pour de bon de la science-fiction, le projet est devenu une réalité presque banale, puisque la société vend chaque année plus d'1 million de tests. 23AndMe incarne la liberté individuelle américaine. Chacun a le droit de connaître ses données génétiques sans passer par son médecin.

« C’est le fondement des Etats-Unis : l'autonomie de l'individu prévaut sur le collectif, les personnes sont censées être responsables », estime Christian Hervé, directeur du laboratoire d'éthique médicale et de médecine légale (université Paris-Descartes).

Inimaginable en France, ou seuls la justice et le corps médical peuvent demander des analyses ADN.

Mais le décryptage du génome humain pour tous pose des questions éthiques, même outre­ Atlantique : 23AndMa est contraint en 2013 par l'agence américaine des médicaments (FDA) de cesser de commercialiser ses kits. Elle craint que les prévisions fournies par l'entreprise ne soient prises par ses clients pour des diagnostics.

Après deux ans, la start-up est remise sur les rails avec l'assentiment de l'administration. Elle s'est même trouvé un mode économique imparable : elle obtient le consentement préalable des clients lors de leur souscription pour que leurs données soient stockées et revendues à des tiers. La société Greentech lui a ainsi acheté, pour 60 millions de dollars, les données génétiques de de 800 000 personnes. Pour le fun, au passage, il est possible, via un onglet dédié du site 23andMe, de comparer son code génétique avec celui de ses proches.

Source : Challenges, n° 131, novembre 2016, signé Capucine Cousin.

Objectif Mars pour Space-X.

A l'International Astronautical Federation, devant 5 000 experts mondiaux du spatial, le patron de SpaceX, Elon Musk, dévoile son plan de conquête de Mars. Objectif : une ville de 1 million de personnes sur Mars dans les quarante à cent prochaines années. Et d'enchaîner sur une heure et demie de show à l’américaine, entre schémas techniques de futures fusées et vidéo des vaisseaux spatiaux géants partant coloniser la planète dès 2023.

Il n'hésite pas à verser dans la mégalomanie. Pour son projet martien, il veut développer un lanceur spatial de plus de 10 000 tonnes, qui serait quatre fois plus puissant que les fusées Saturn V du programme Apollo, et capables d'emporter 550 tonnes en orbite basse. Le lanceur, doté de 42 moteurs, larguant un vaisseau spatial géant capable de transporter 100 passagers et 450 tonnes de fret vers Mars. Ce dernier serait chargé en carburant par des ravitailleurs en orbite autour de la Terre, avant d'entamer les 80 à 140 jours de voyage vers Mars. Musk promet restaurants, salles de cinéma et jeux adaptés à l'absence de gravité pour les passagers.

Le lanceur, lui, redescendrait sur la base spatiale de Cap Canaveral (Floride), comme la fusée Falcon 9 de SpaceX.

« Le lanceur serait conçu pour être réutilisée un million de fois, les ravitailleurs cent fois, et le vaisseau spatial douze fois », précise Mark. Fini ? Pas tout à fait. Le premier vaisseau intégrerait une petite usine de carburant qui serait installé sur Mars. Celle-ci utiliserait la glace et le C02 pour fabriquer le carburant, un mélange de méthane et d'oxygène liquide, nécessaire au retour des engins vers la Terre.

Le caractère réutilisable de chaque élément du dispositif permettra une baisse drastique du budget estimé nécessaire pour coloniser Mars. « Aujourd'hui on peut l'estimer à 10 milliards de dollars par passager. L'idée est de faire passer ce coût au niveau de prix médian d'une maison aux Etats-Unis, soit 200 000 dollars par passager, voire 100 000 dollars à terme.

Le calendrier annoncé est tout aussi agressif. Elon Musk envisage l'envoi vers Mars de petits modules de fret Red Dragon dès 2018. Les premiers tests de la fusée auront lieu en 2019, et les premiers vols habités vers la planète rouge, dès 2023. Un planning ambitieux mais réalisable, assure-t-il : les premiers tests du moteur Raptor du lanceur ont déjà eu lieu, et un premier réservoir de carburant géant en fibre de carbone a déjà été fabriqué dans l'usine californienne de SpaceX.

Jean-Yves le Gall, président du Cnes assure qu'un vaisseau spatial capable d'emporter 100 passagers ne tient pas d'un point de vue technique. C'est un peu l'aiguillon du secteur. Avec une boîte à idées de technologies dans laquelle on pioche peut-être.

Source : Challenges, n° 496, novembre 2016, signé Vincent Lamigeon.

Actualités high-tech : le train roulera à l'hydrogène

Energie : Alstom a un train régional « zéro émission ». Baptisé Coradia iLint et prêt à être commercialisé, il fonctionne avec une pile à combustible, dans laquelle l'hydrogène stocké à bord est se combine à l'oxygène de l'air pour produire de l'électricité, ne rejetant que de l'eau.

Coradia iLint dispose d'une autonomie maximale de 800 kilomètres à une vitesse de 140 km/h.

Source : Science et Avenir, n° 837, novembre 2016, signé O.H.

Actualité high-tech : la tablette qui offre la sensation du toucher.

lpv1315Un dispositif qui donne l'illusion de sentir des textures différentes.

Numérique. Faire sentir le relief d'une image numérique sur laquelle on glisse le doigt, c'est la prouesse réalisée par une équipe pluridisciplinaire rattachée à l'université Lille-1. Le dispositif est constitué d'une tablette avec un écran 5 ou 7 pouces recouvert d'une vitre en verre bordée d'actionnaires piézoélectriques. En fonction de la position du doigt, repéré par un capteur capacitif, la surface vibre à très haute fréquence (plus de 60 000 kHz) et à très faible amplitude. En soi cette vibration est imperceptible mais elle a pour effet de plus ou moins faciliter le glissement du doigt. En jouant sur les alternances « bloquant-glissant », on donne l'illusion de toucher des textures différentes ?
Pour la démonstration, les chercheurs ont coopéré avec la bibliothèque municipale de Lille et l'auteur­ illustrateur Dominique Maes afin de concevoir un livre « haptique », autrement dit un e-book augmenté avec la sensation du toucher.

Source : Science et Avenir, n°837, novembre 2016, signé J.C.

Actualités high-tech : les fusées décolleront depuis le ciel

lpv1316Portées par un avion géant, les fusées Pegasus pourront être mises à feu depuis la stratosphère.

Astronautique. L'entreprise spatiale américaine Orbital ATK qui a développé notamment le lanceur Antarès et la capsule CYGNSS utilisée pour ravitailler la Station spatiale intercontinentale et la société Vulcan Aerospace, également américaine, se sont alliées pour lancer des fusées depuis la stratosphère. La première fournira des fusées de type Pegas, tandis que la seconde réalisera l'avion capable de les emmener jusqu'à la stratosphère. Celui-ci affichera près de 120 mètres d'envergure et, grâce à six moteurs, pourra emporter dans les airs des charges de presque 500 tonnes avant de revenir sur Terre.

Des lanceurs de ce type de font déjà, à une échelle plus modeste, depuis l'atmosphère à partir d'un avion gros porteur. Le prochain, programmé pour le 10 novembre, devrait déployer un satellite météorologique de la Nasa faisant partie de la constellation CYGNSS.

Source : Science et Avenir, n° 837, novembre 2016, signé E.L.

Dossier spécial : Lutter contre le handicap.

Revue des dernières technologies et des avancées scientifiques qui permettent de surmonter le handicap.

Spectaculaires comme un exosquelette ou invisibles à l’œil nu comme une thérapie génique, les avancées en matière d'accompagnement et de traitement du handicap sont indéniables. Certains visent à l'amélioration de la vie quotidienne. Grâce au numérique, des dispositifs simples telles que les commandes oculaires ou vocales peuvent changer la vie des malades. Dans le domaine de la robotique, la biomécanique et les objets connectés permettent des progrès concrets et mesurables.

lpv1317En parallèle à ces innovations, des chercheurs ambitionnent de trouver des solutions définitives à certains handicaps, comme les techniques de réparation de la moelle épinière ou de l'œil. Des nouvelles voies prometteuses, même s'il faut attendre les résultats plusieurs années. Surtout, des chercheurs de disciplines jusqu' à présent très cloisonnées commencent à travailler ensemble, permettant une prise en charge globale du patient. Autre exemple, un traumatisme au niveau de la moelle épinière, traitée d'abord par voie médicamenteuse, peut ensuite faire l'objet d'une thérapie génique, avant que le patient ne suive une rééducation active. « Ces thérapies collaboratives et globales constituent un véritable espoir aujourd'hui », note le professeur Marc Tadie, président de l'lrme (Institut pour la recherche sur la moelle épinière et l'encéphale.

Biomécanique.

Des exosquelettes pour remarcher.

Un robot qui se fixe aux jambes et au bassin du patient paraplégique et l'aide à marcher : voilà l'exploit auquel sont parvenues les sociétés française Wandercraft, israélienne Argo Medical Technologies et américaine Ekso Bionics. Avec des moteurs commandant les articulations, un logiciel qui recalcule en permanence les mouvements pour se rapprocher de la marche humaine, des capteurs qui enregistrent la position du buste, cet appareillage, pour l'heure encore peu accessible financièrement au particulier (comptez au minimum 30 000 euros), devrait être de plus en plus utilisé par les centres de soins.

La technologie au quotidien.

Mieux se déplacer, mieux communiquer, retrouver l'usage de ses sens : autant de progès qui change la vie.

lpv1318Fauteuils roulants.

Une nouvelle génération. Les fauteuils roulants deviennent truffés de capteurs, ils donnent des indications sur les paramètres physiologiques du patient. Le Virtual Seating Coach, une application développée par la société suédoise Permobil, permet de programmer des rappels pour savoir à quel moment changer de position et de degrés d'inclinaison du fauteuil.

lpv1319Bionique.

Vers une prothèse universelle.

L'américain Hugh Herr, lui-même amputé des deux jambes, a mis au point une prothèse avec laquelle marcher, bien sûr, mais aussi danser ou faire du sport. Equipée d'un moteur électrique et de capteurs, pilotée par des microprocesseurs, la BIOM T2 simule me fonctionnement d'un muscle vivant ordinaire.

lpv13191Robotique : des compagnons pour les enfants autistes.

Leka, Paro, Plok : ce sont les petits noms de robots qui ont la vocation à sortir de leurs bulles les jeunes enfants autistes ou les personnes souffrant d'Alzheimer. Leka (photo), lancé par la société française éponyme, est ainsi capable de de jouer à cache-cache avec l'enfant ou le stimuler sensoriellement grâce à tout un concentré de technologie : RFID (récupération et mémorisation de données), Bluetooth, capteurs capacitifs (reconnaissance d'obstacles), IMI (déplacement).

lpv13192Handisport.

Des performances toujours plus performantes.

Châssis rétrécis, roues inclinées antibascule, matériaux à la fois plus légers et plus solides, pneus adaptés, pare-chocs ...les fauteuils roulants des sportifs sont de vrais bijoux technologiques qui ne cessent d’évoluer.

Aux derniers jeux Paralympique de Rio, au Brésil, le tennisman Stéphane Houdet a fait sensation avec un fauteuil lui permettant de jouer à genoux et non plus assis, ce qui lui a donné davantage de puissance dans ses frappes. Ce fauteuil est le fruit de plusieurs années de recherche et de collaboration entre le Centre d'études et de recherche sur l'appareillage des handicapés (Cerah) et les sociétés françaises Chabloz et Corima. En athlétisme, les lames viennent remplacer les tubes des prothèses classiques. Combinant légèreté et robustesse, elles offrent une meilleure restitution de l'énergie. C'est en utilisant ces « Cheetah Foot »de la société Ossur que la française Marie-Amélie Le Fur a remporté ses médailles.

Surdité.

Des implants connectés.

Toujours plus miniaturisés et discrets, les implants sont désormais connectés. Une application à télécharger sur un smartphone ou une tablette permet de les piloter : volume, balance entre sons aigus et graves, environnement (restaurant, domicile, rue, etc.), et géolocalisation des appareils en cas de perte. Exemple le dispositif « Roger » développé par la société suisse Phonak promet aux malentendants de surpasser dans les capacités d'audition les « normo-entendant » grâce à la programmation de « débruiteurs », qui enlèvent tout bruit parasite.

lpv13193Cécité.

Des dispositifs électroniques très ingénieux.

Chaussures munies de capteurs de proximité et d'une puce Bluetooth vibrante synchronisée avec le téléphone, bague liseuse scannant du texte puis restituant à haute voix (photo) : autant d'innovations qui permettent aux personnes malvoyantes de gagner considérablement en autonomie. Ainsi chez la société française Lightvision, des lunettes « intelligentes » détectent la partie saine de la rétine chez les personnes atteintes de DMLA et y projette les images captées de l'extérieur directement sur cette zone encore sensible.

Réparer et guérir grâce aux neurosciences.

Des recherches récentes utilisent les neurosciences ou la thérapie génique ambitionnent de considérablement diminuer, voire de faire disparaître le handicap. Mais la prudence reste de mise.
Les chercheurs de l'université de Case Western Reserve ( EU) en partenariat avec l'agence de recherche du département de la Défense-américaine ont ainsi mis au point un bras artificiel révolutionnaire. En branchant les terminaisons nerveuses demeurant sur le membre amputé à une interface nerveuse artificielle, la « fiat interface nerver electrode », ils ont permis au patient non seulement d'aboutir à un maniement très fin de sa prothèse, mais aussi de récupérer une partie du sens du toucher.

Autre dispositif possible : s'appuyer sur des nerfs actifs et sains, les dévier vers les muscles dont les nerfs ont été détruits par le traumatisme, puis rééduquer le patient pour qu'un mouvement, une contraction d'épaule par exemple, puisse « commander » la prothèse.

lpv13194Pilotage par la pensée d'objets connectés.

Concrètement, on demande au patient d'imaginer la tâche à accomplir : on enregistre cette activité cérébrale, puis un logiciel interprète ces données et les transforme en commandes pour la machine connectée. Le patient observe le résultat et s »entraîne ensuite à améliorer la performance de l'ensemble.

Source : Science et Avenir, n° 837, novembre 2016, par Claire Aubé.

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
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