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lu pour vous numéro 100

Détails

" Lu pour vous " n° 100*

Le « centenaire » : 12 janvier 2011 (n° 1) / 24 juillet 2015 (n° 100).

Sommaire

  • Biophysique : les cellules distinguent la droite de la gauche
  • Cool tech : Ninebot One, stop ou encore
  • Combien de données (informatiques) génère l’humanité chaque jour ? Le volume massif de données que l’humanité génère crée un nouveau genre de problème
  • Armée High-Tech : les armées du futur
  • Architecture : Sky scrapers (gratte-ciel)
  • High-Tech : les sous-marins géants passent à l’attaque
  • Actualité culinaire – Italie : pizza pour gros appétit.

Sources des informations pour la rédaction des « Lu pour vous » :
Revues : Science et Avenir, Science et Vie, La Recherche, Pour la Science (mensuels), Time magazine, Der Spiegel magazine, Challenges, Le Nouvel Observateur, L’Express ( hebdomadaires) , Le Figaro, Le Monde et Spiegel on line ( journaliers), Top Santé, Recherche & Santé (occasionnel).


Biophysique : Les cellules distinguent la droite de la gauche.

lpv1001Confinée dans une microstructure parfaitement ronde, cette cellule de peau humaine (un peu plus petite que le diamètre d’un cheveu) s’est organisée en vrillant sa structure interne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Les fibres du cytosquelette de la cellule de ce type s’organisent dans ce même sens, rapporte une étude dirigée par Alexander Bershadsky, à l’université de Singapour.

« Ce qui est remarquable, c’est qu’une cellule placée dans des conditions parfaitement isotropes, sans orientation privilégiée, a développé spontanément une architecture biaisée dans un sens plutôt que dans l’autre », commente Manuel Théry, de l’hôpital Saint-Louis, à Paris.

Cette existence d’une direction préférentielle intrinsèque aux cellules ouvre de perspectives dans la compréhension des brisures de symétrie à plus grande échelle : on ne sait toujours pas pourquoi nous avons le cœur à gauche plutôt qu’à droite par exemple.

Source : LA RECHERCHE spécial n°500, juin 2015, signé Philippe Pajot.

 

Cool tech : Ninebot One, stop ou encore.

lpv1002Ni volant ni commandes, juste une roue électrique ultra connectée entre les jambes : c'est le poids de l'utilisateur qui fait avancer. Idéal pour les déplacements urbains.
Voilà l'objet indispensable pour les adeptes des déplacements 2.0. Exit les « fixies », Segwway et autres vélos électriques. Place à la gyroroue !
Celles et ceux qui ont la chance d'emprunter régulièrement les voies des berges piétonnières à Paris en auront sans doute croisé. Il s'agit d'une roue électrique que l'on serre entre ses deux jambes et qui communique avec le smartphone.

Le Ninebot est un engin tech et de design : une roue alimentée par un moteur électrique, le tout coincé dans un coffrage minimaliste. De part et d'autre de l'appareil, deux cale-pieds sur lesquels il faut se hisser. Aucune barre de guidage, de boutons et autres commandes. A l'image de Segway, c'est le poids qui fait avancer ou freiner, que l'on se positionne vers l'avant ou bien vers l'arrière.

Ça s’appelle l'auto-balancement ! Le Ninebot One est équipé d'une technologie gyroscopique qui permet de se stabiliser et de garder l'équilibre.

Une fois juché sur la machine, l'impulsion provient du poids du corps. La sensation de vitesse est bien là, jusqu'à 20 kilomètre heure. Et quelle sensation de glisse ! C'est assez magique.... Il faut tout de même compter une à deux heures pour maîtriser les deux techniques essentielles : démarrage et le virage.

Mais une fois passé l'apprentissage, à vous la liberté. Au moment où les fabricants de vélos électriques commencent à réfléchir au moyen de les rendre 2.0, le gyroroue s'inscrit déjà pleinement dans ces nouveaux moyens de locomotion connecté. Une connexion Bluetooth permet de le relier au smartphone. Via une application gratuite, il est aussi possible de le prendre en main pour gérer sa vitesse, la distance parcourue, la température du moteur, l'autonomie de la batterie, les différents effets lumineux de l'appareil, voire même l'assiette du terrain .... Un vrai tableau de bord indispensable, notamment pour réguler la vitesse sur les trottoirs (elle est limitée à 6 kilomètre heure). Le smartphone se transforme alors en véritable télécommande. Et ce n'est pas tout. Ninebot France travaille sur une nouvelle application pour développer un réseau social autour de son engin.

L'idée est simple : constituer une communauté et permettre à ses différents membres de géo localiser les utilisateurs près de soi.

Sur la longueur, le Ninebot One affiche une autonomie très appréciable. Il permet de rouler pendant 20 à 30 kilomètres. Il pèse 13,8 kilogrammes, il est donc facile à transporter au bureau, par exemple. Une poignée a été prévue à cet effet. Parfait pour les déplacements urbains. Ce nouveau moyen de transport est vendu 999,90 euros, soit le prix d'un vélo électrique. Mais tout est une affaire de style.

Source : CHALLENGES, n°440 du 2 au 8 juillet 2015, signé Marco Mosca

Combien de données (informations) génère l’humanité chaque jour ?

Le volume massif de données que l’humanité génère crée un nouveau genre de problème.

En 1786, William Playfair a publié un livre intitulé « The commercial and Political Atlas » (l’Atlas commercial et politique) dans lequel il établit pour la première fois du graphique statistique, publiant les chiffres du commerce anglais, les volumes des importations et des exports de marchandises dans le temps, en millions de livres.
« Il est né trop tôt ; aujourd’hui, il serait le chef informatique d’une start-up de la Silicon Valley ».

Il a été le premier à réagir à un changement invisible mais sismique dans le monde autour de nous, d’une rareté de l’information à un surplus.
Quand l’humanité a évolué, la nourriture a été rare, maintenant nous souffrons d’une épidémie de l’obésité. De la même façon, nous sommes passés d’un monde dans lequel il a été difficile de trouver l’information, à un monde où elle est partout.

Éric Schmidt, ancien président de Google, a estimé que tous les deux jours l’humanité crée une quantité de données équivalente au total créée depuis l’aube du temps jusqu’en 2003.
D’après une estimation d’IBM, le monde génère chaque jour 2,5 quintillions de bytes (c’est considérable).Le nombre exact varie, mais est très vaste.

Penser à votre smartphone : c’est un outil de communication, oui, mais c’est aussi un moyen de convertir le monde autour de vous en données. Vous voyez quelque chose, prenez une photo ou une vidéo, ensuite vous la chargé dans le « cloud » et elle restera là pour toujours comme bits ou « bytes ».

Chaque jour, l’humanité « tweet » 500 millions de fois, partage 70 millions de photos sur Instagram et regarde 4 milliards de vidéos sur Facebook. En chaque minute, nous chargeons 300 heures de nouveaux chargements sur You Tube.

Et ce n’est pas seulement entre les gens. IL y a un phénomène relativement récent connu comme « Internet des choses », le réseau global des objets équipé de détecteurs et transmetteurs qui communiquent avec le « cloud » et entre eux.

Une étude de l’entreprise de recherche du marché » IDC » a estimé que les données informatiques vont croître d’un facteur de dix entre 2013 et 2020, à 44 trillions de giga bytes ou 44 zêta bytes.

Nous avons beaucoup d’informations, mais ces avantages diminuent rapidement, parce qu’après un certain point, plus vous avez d’informations, il vient de plus en plus difficile d’extraire leur signification. Ironiquement, un excès d’information résiste à l’analyse et la compréhension de la même façon que leur absence.

Source : TIME magazine, volume 186, du 6 au 132 juillet 2015, par Lev Grossman.

Armée high-Tech : les armées du futur.

lpv1003La guerre à la vitesse de la lumière. Faisceaux lasers atteignant instantanément leur cible, micro-ondes destructrices, canons électriques d’une portée de 200 kilomètres. Des armes dignes de la science-fiction s’inventent dans les laboratoires.

Novembre 2014. Un drone menaçant se dirige vers l’USS Ponce, imposant navire de la US Navy reconverti en laboratoire d’essai. Immédiatement, un étrange canon, évoquant davantage un télescope qu’une pièce d’artillerie, est pointé dans sa direction. Aucune explosion ne se produit, mais déjà le drone prend feu et tombe à l’eau. Il vient d’être touché par un faisceau laser de 30 kilowatts, invisible car infrarouge. Expérience réussie ! Ce « rayon de la mort « issu du système LaWS (Laser Wreapon System) pourrait équiper dès l’an prochain des navires opérationnels de la marine américaine.

Car le laser présente bien des avantages. Pour commencer, son énergie lumineuse voyage... à la vitesse de la lumière ! « Même pour atteindre un objet situé à 300 kilomètres, le temps de trajet est de l’ordre de la milliseconde, souligne Jacques Battistella, qui a dirigé de 1994 à 2010 la Compagnie industrielle des lasers (Cilas). Donc, quand l’énergie arrive, la cible est encore là où l’on avait repérée. C’est l’unique riposte envisageable pour intercepter les aéronefs hypersoniques qui pourrait apparaître d’ici vingt ou trente Ans. »

Menacer, arrêter ou détruire.

Autre avantage : la précision. La lumière, en effet, se laisse moins facilement perturber par les éléments qu’un projectile. « Associée à la possibilité de moduler la puissance de tir, cette précision permet de réduire les dommages collatéraux », précise Bernard Fontaine, directeur de recherche émérite au CNRS, rattaché au laboratoire Lasers, Plasmas et Procédés Photoniques (LP3) de l’université Aix-Marseille. Une même arme peut en effet, au choix, menacer, arrêter ou détruire un véhicule. « Enfin, plus de munitions à fabriquer ni à stocker, ce qui élimine les risques d’explosion, ajoute le physicien. Et limite le coût d’un tir à moins d’un dollar... »

Ainsi, en mars dernier, Lockheed Martin rendait public le test du prototype Athena (Advanced Test High Energy Asset), une arme montée sur véhicule terrestre dotée d’un laser de 30 kilowatts, capable d’anéantir le moteur d’un engin à deux kilomètres de distance. D’autres ténors de l’industrie de l’armement, les Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics ou Raytheon, sont aussi de la partie. Côté européen, l’Allemagne mène la danse. En France, les acteurs impliqués se font discrets. On sait que des recherches ont lieu au sein de l’Onera, de l’ISF, et chez des industriels comme Thales, Safran, Nexter et Cilas. Ces deux derniers ont annoncé en 2014 un partenariat pour le développement d’armes laser terrestres.
Quant à la Chine, l’agence officielle Xinhua se fait régulièrement l’écho de progrès dans ce domaine, comme en 2014 le test d’une arme laser capable de détruire des drones en vol. Enfin, selon des sources en général bien informées comme la Federation of American Scientists, la Russie a également investi dans ces technologies et testé des prototypes.

Quand la météo s’en mêle.

lpv1004Le principe de l’arme laser peut sembler d’une grande simplicité. La réalité se charge de mettre ses « bémols ». Car l’atmosphère n’est pas un milieu totalement transparent, ses caractéristiques optiques ne sont pas constantes ni homogènes. Et quand la météo s’en mêle (variations de température, d’humidité, poussière, fumée...), l’impeccable trajectoire en ligne droite du faisceau laser ne va plus de soi. Au cours des vingt ans écoulés, les équipes de recherche ont rencontré toutes sortes d’écueils, dû trouver des solutions, faire des compromis, des choix.

On préfère aujourd’hui des technologies de laser dites « solides », ou le faisceau est produit par exemple dans du verre ou un cristal : ils sont robustes et ne nécessitent pas d’autres sources d’énergie que l’électricité.

Parmi eux, le « laser à fibres » est aujourd’hui le plus utilisé. Le milieu amplificateur y est une fibre optique dopée par les ions d’éléments rares de la famille des lanthanides tels que l’erbium, le samarium ou l’ytterbium... Mais ce laser ne délivre qu’une puissance de quelques kilowatts... « En attendant mieux, précise Bernard Fontaine, on réunit plusieurs faisceaux de 10 kW, par exemple, pour obtenir une puissance totale de 30, 50, ou 100 kW. »

Reste un autre écueil : les lasers transforment une bonne part de l’énergie consommée en chaleur. « Leur refroidissement reste délicat à gérer, admet Jacques Battistelle. Il détermine la vitesse à laquelle ils peuvent tirer à nouveau, et donc la fréquence de tir. »

Résultat : « Ces armes ne sont pas aujourd’hui beaucoup plus énergétiques que des grenades offensives... Elles sont utiles pour des cibles fragiles. Des drones, par exemple. Pour les chars d’assaut, il faut voir ailleurs. »

Et puis, toute nouvelle arme entraîne la mise au point de contre-mesures. Pour « durcir » une cible, on peut améliorer la fraction de lumière incidente qu’elle réfléchit. Plus elle ressemblera à un miroir, moins elle absorbera la lumière issue du laser, et plus elle lui résistera.

Mi- chèvre mi- chou.

Les armes lasers n’ont donc rien de magique. Tant qu’elles ne seront pas assez puissantes pour neutraliser leur cible en une brève impulsion, elles devront la suivre pendant de longues secondes, le temps que la chaleur accumulée fasse son œuvre... Ce qui donne à la proie l’occasion de s’échapper.

Mais le laser n'est pas la seule piste suivie aujourd’hui par les états-majors. Parmi les autres armes dites «à énergie dirigée », il faut d'abord citer cet étrange engin mi- chèvre, mi- chou qu'est l'’électro laser. Il foudroie sa proie sous une très haute tension électrique, à distance et sans fil... grâce au laser ! Au Picatinny Arsenal, dans le New Jersey ( Etats-Unis}, un centre de recherche sur les armes nouvelles dépendant de l'US Army, on développe ainsi un prototype appelé Laser-lnduced Plasma Channel (LIPC). L'engin est capable de délivrer une impulsion laser de deux picosecondes (millième de milliardième de secondes mais d'une puissance de 50 gigawatts (milliards de watts). Cette décharge soudaine d'énergie lumineuse a pour effet d'arracher les électrons des atomes de l'air et de créer un plasma, une soupe de noyaux d'électrons, formant un fil conducteur reliant le laser à sa cible. Il ne reste plus qu'à injecter une très haute tension pour provoquer un véritable éclair artificiel.

D'autres armes utilisent les ondes radio pour percuter leur cible. Ainsi I'Active Denial System (ADS), de l'américain Raytheon, projette un faisceau d'ondes millimétriques (fréquence 95 GHz). Efficace jusqu'à 1 000 mètres, il est destiné au « contrôle des foules ». Les ondes provoquent une sensation de brûlure intolérable, mais sans danger, car l'énergie est concentrée sur une épaisseur de 0,4 mm de peau.

Enfin, certaines armes s’attaquent à l'électronique. En 2007, déjà, la firme californienne Eureka Aerospace dévoilait un prototype capable d'arrêter à distance un véhicule en « grillant » son électronique à l'aide d'une impulsion de micro-ondes (300 MHz) d’une durée de 50 nanosecondes. En 2012, Boeing annonce un test en vraie grandeur de son Counter-electronicsh-powered microwave Advanced Missile Project (Champ). Il s'agit cette fois de détruire l'électronique ennemi grâce à un missile de croisière émettant des micro-ondes destructrices pour les puces mal protégés. Or demain, un belligérant sans électronique risque fort de se retrouver à la fois comme sourd, aveugle et paralysé.

Un canon boosté à l'électricité.

Le canon électrique (railgun, en anglais) n'est rien d'autre que ce que son nom suggère : un canon lançant grâce à la fée électricité des projectiles métalliques. A des vitesses phénoménales : de l'ordre de mach 5 ou 10 (3 500 m/s). Au point qu'il n'est même plus question de charges explosives. Car l'effet cinétique est dévastateur jusqu'à 200 km de distance, quand une pièce d'artillerie à poudre plafonne autour de 40 kilomètres.

Sur le papier, le principe est simple et repose sur l'application d'une loi physique fondamentale. Deux rails parallèles sont reliés à un générateur électrique capable de délivrer des courants gigantesques. Le projectile est posé sur ces rails et crée un court-circuit.

Le courant circulant engendre un champ magnétique colossal, qui repousse les conducteurs vers l'extérieur, c'est la « force de Laplace », et donc le projectile vers la sortie. Si le britannique BAE Systems a livré récemment un premier engin à l’US Navy, la France est également très en pointe sur ce canon. En décembre dernier, à l'ISL (Haut-Rhin), le prototype Pegasus a propulsé un projectile à la vitesse de 10 700 km/h, soit plus de huit fois la vitesse du son.

Source : SCIENCE et VIE hoirs série « Science et guerre », juillet 2015, signé Pierre Vandeginste.

Architecture : Sky scrapers (gratte-ciel).

lpv1005A la rencontre de l’architecte qui a réalisé les plus hauts tours de la planète.

En jetant un coup d’œil du 124e étage de la tour du Burja Khalifa à Dubai, à 452 m au-dessus du sol, on a la sensation de musarder dans un avion entre ciel et terre permettant aux passagers de regarder la terre en-dessous, de plus haut que l’altitude de croisière de beaucoup d’oiseaux.

En sortant sur ce point de vue, Adrian Smith, l’architecte qui a projeté le Burj, reste frappé par la foule des touristes venue prendre des photos et vidéos de la vue impressionnante.
Cinq ans après son inauguration, le Burj est devenu un aimant pour les 1,5 million de visiteurs par an, qui déboursent 45 dollars pour monter à cette hauteur (le Burj a une hauteur totale de 830 m) et s’étonner comment ce bâtiment, défiant la gravité, tient debout.

Mais, il risque de ne maintenir ce titre que pendant encore quelques années. La course à la hauteur s’est tellement accélérée ces dernières années, que des bâtiments qui nous ont étonnées le siècle dernier, ne méritent même pas d’être mentionnés aujourd’hui. Il y a 15 ans, des bâtiments au-dessus de 200 m étaient extraordinaires, et il n’y avait que 263 au monde. En 2012, ils avaient triplés. Aujourd’hui, il y a environ 10 bâtiments de plus de 500 m en construction. « Si vous voulez être une ville sérieuse, il faut aussi le montrer. Et cela nécessite des tours hors du commun », dit Alejandro Stochetti, directeur de la société de Smith, Adrian Smith + Gordon Gill Architecture.

Adrian Smith, 70 ans, a eu une passion pour les bâtiments hauts depuis l’âge de 15 ans, quand il a commencé à ébaucher des tours de 40 étages. Il a projeté Burj Khalifa en travaillant chez SOM, à Chicago.

Il vient juste de signer le projet pour une autre tour, à livrer en 2020, pour l’exposition mondiale qui se tiendra à Dubai. Sa hauteur est encore secrète, mais Smith prévoit de pouvoir utiliser l’espace sur toute la hauteur sans la longue flèche en forme d’aiguille, trop étroite pour être utile.

lpv1006Et il y a le projet extrême de Smith : la tour « Kingdom Tower « à Jidda, le premier bâtiment dépassant un kilomètre. A son vaste intérieur il y aura 59 ascenseurs dont cinq à double hauteur, pouvant s’arrêter en même temps sur deux étages, se déplaçant à des vitesses acceptables aux oreilles.

Le coût des super-tours est élevé. Le coût final du Burj s’élevait à 1,5 milliard de dollars. La construction peut prendre des années. A Jidda, les ouvriers ont travaillées plus d’un an simplement pour rendre les fondations assez fortes pour supporter la structure, qui nécessite 80 000 tonnes d’acier pour ses 157 étages.

La tendance à bâtir plus haut continue, en partie parce que les grandes tours peuvent transformer une ville entières, comme c’était le cas avec le Burj. Et, il paraît, qu’il n’y a pas encore de limites. Smith garde un modèle réduit d’un gratte-ciel de 1,6 km. Il est difficile d’envisager vivre à cette hauteur, mais Smith assure qu’il s’agit de « recherche pure ».
A ces hauteurs, il y a des défis technologiques. D’abord le vent. Smith a conçu le Kindom Tower avec un extérieur en pentes et le Burj comme une série de parties inégales. De l’extérieur, le Burj à l’air d’une stalagmite fine et déchiquetée.

Il y a un autre problème moins évident. Au-delà d’une certaine longueur, les câbles des ascenseurs sont plus épais pour être enroulés, nécessitant de changer une ou deux fois d’ascenseur pour arriver tout en haut. Le problème semble avoir trouvé une solution. La société finlandaise a dévoilé récemment un câble léger en fibres carbone, capable de faire monter le Kingdom Toer sans changer d’ascenseur.

Smith pense que le vrai problème de tours encore plus hautes ne réside pas dans l’ingénierie, mais dans le coût. .En réalité, les super-tours sont dévoreurs d’énergie. Pour maintenir Burj allumé et frais, cela nécessite l’équivalent de 360 000 ampoules de 100 watt et environ 10 000 tonnes de glace fondue. Et même si elles laissent plus de terrain pour d’autres utilisations, actuellement elles gaspillent l’espace de vie à l’intérieur. Elles sont efficaces à 70 / 75%. Le reste du bâtiment est dédié aux couloirs et à la circulation, dont vous n’avez pas besoin dans les bâtiments à moindre hauteur.

Source : TIME magazine, vol. 186, juillet 2015, par Vivienne Walt : Dubai.

High-Tech : les sous-marins géants passent à l’attaque.

lpv1009La France et l’Allemagne développent pour l’export des sous-marins deux fois plus gros que les modèles conventionnels. Revue du concept SMX-Océan, un monstre d’acier de 4 700 tonnes, regroupant toutes les innovations de l’industriel français DCNS.

Le monde invisible des sous-marins entre dans l’ère des géants. C’est en tout cas le pari fait par deux des principaux acteurs du marché international, le français DCNS (Direction des constructions navales) et l’allemand TKMS (Thyssen Krupp Marinr Systems). Le premier a ainsi présenté il y a quelques mois, au Salon Euronaval, son concept SMX-Océan de 4 700 tonnes pour 100 mètres, renchérissant ainsi sur le Type 216 du second, qui avait dévoilé en 2012 son prototype de 4 000 tonnes pour 90 mètres. Pourquoi des concepts aussi ambitieux ?

Allemands et Français ont dans leur viseur le mirobolant programme australien SEA 1000. Celui-ci prévoit l’acquisition par le ministère de la Défense de ce pays de 12 nouveaux bâtiments, avec une enveloppe budgétaire de 27,4 milliards d’euros. Et ce ne sont que les débuts, puisque d’ici 5 à 10 ans quelque 80 nouvelles unités devraient être construites dans le monde afin de renouveler une flotte vieillissante. Depuis la fin de la guerre froide, 42 marines nationales se sont équipées de sous-marins. Mais le parc mondial de sous-marins d’attaque est passé de 800 à 400 unités. Les sous-marins d’attaque (SNA) demeurent toutefois l’apanage d’un cercle réduit de nations : Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine et Inde.

En vertu du traité de non-prolifération des armes nucléaires, seuls les vaisseaux à propulsion conventionnelle de type diesel-électrique peuvent être vendus à l’export.
Ils représentent donc aujourd’hui 66% de la flotte mondiale, soit 260 sous-marins d’attaque conventionnels en service. Pendant que l’Europe poursuit sa phase de désarmement, les pays asiatiques s’arment. Ces marines jeunes sont celles de l’Iran, de la Corée du sud, de la Malaisie, de Singapour et du Vietnam.
Le volume libéré, une fois les systèmes de propulsion nucléaire enlevés, a permis d’intégrer toutes les nouvelles performances et technologies conçues par nos ingénieurs ces dernières années.

Le but étant de pallier les contraintes d’exploitation inhérentes à l’environnement et aux missions d’un sous-marin. La propulsion et l’autonomie, par exemple, car l’objectif d’un mobile discret est de rester le plus longtemps terré au fond de l’océan. Le problème est que les sous-marins fonctionnent avec des batteries qu’il faut, à l’aide de moteurs diesel rechargés habituellement plusieurs fois par jour, utilisant beaucoup d’air capté en surface grâce à un tube, le schnorchel.

Ces dernières années, plusieurs solutions anaérobies ont donc été développées. DCNS en propose trois pour son futur sous-marin.

Des batteries lithium-ion pour ceux qui veulent se déplacer vite pour se repositionner rapidement, en naviguant immergé vingt-quatre heures à 10 nœuds, par exemple ; un système Mesma à cycle fermé qui utilise une mélange gazeux éthanol-oxygène brûlant dans une chambre à combustion et permettant de disposer de deux semaines d’autonomie à 4 nœuds ; enfin, la pile à combustible de seconde génération, alimentée à la demande par de l’hydrogène extrait du gazole, pour une autonomie en immersion de quatre-vingt-dix jours.
La difficulté à surmonter : l’étanchéité de l’océan à toutes les ondes électromagnétiques. Le sous-marin est le dernier mobile à rester invisible pendant longtemps. Mais, pour se diriger, impossible d’utiliser la vue, un radar ou un GPS. Reste le sonar, qui consiste à envoyer une onde acoustique et attendre qu’elle soit renvoyée par un obstacle. Mais comment recevoir les ordres de l’état-major ou les informations météo ? Une solution classique consistait jusqu’alors à remonter le sous-marin à la surface ou à faire émerger des mâts équipés de périscopes, de caméras en lumière visible et infrarouge, des radars, GPS et autres capteurs de guerre électronique. .. Un bon moyen d’être repéré. La solution choisi par DCNS consiste désormais à utiliser de très longues antennes qui émettent et perçoivent les basses fréquences tout en demeurant sous la surface. Ou d’envoyer à la surface une bouée indépendante pour communiquer.

Enfin, le SMX-Océan se veut multifonctionnel, une sorte de » couteau suisse militaire ». DCNS l’a en effet équipé d’une ceinture amovible sur laquelle peuvent être installées toutes les options choisies par le client : des drones de repérage, des sous-marins de poche, des modules de stockage externe pour opérations spéciales, des réservoirs de carburant supplémentaires, des chargements de mines. Mieux : l’engin peut intégrer 34 armes parmi lesquelles de torpilles, missiles antinavires ; un véritable coffre à jouets pour amiraux tacticiens qui naviguera peut-être bientôt, géant invisible et silencieux, sous pavillon australien.

Détection : un drone anti-sous-marin.

lpv1008Les américains ont développé depuis 2010 un drone anti-sous-marin. Le projet appelé ACTUV ( Anti-submarine Warfare Continuous Trail Unmanned Vessel) est une sorte de petit trimaran doté de sonars et de capteurs, qui devra être capable de détecter, identifier et suivre des sous-marins pendant 80 jours et sur plus de 6 000 kilomètres sans ravitaillement. Le premier prototype est en cours de construction depuis 2014. La difficulté est de rendre ce drone furtif et capable d’éviter les autres navires de surface en respectant les règles de navigation internationales. 650 millions de dollars ont déjà été alloués au développement de ce drone en quatre ans. Il devrait être mis en service à l’horizon 2020.

Source : SCIENCE et AVENIR, n° 821, juillet 2015, signé Sylvie Rouhat.

 

Actualité culinaire – Italie : pizza pour gros appétit.

lpv1007C’est à l’occasion de l’Exposition universelle de Milan que 6 pizzaïolos italiens se sont réunis pour battre le record de la plus longue pizza du monde.
Une Margherita de 1,595 kilomètre de long et de près de 5 tonnes. Pour réaliser cet exploit, il leur a fallu 1,7 tonne de farine, 1,7 tonne de fromage et 1,5 tonne de tomates. La pizza géante a été découpée en 35 000 parts dont près de 300 mètres ont été distribués à des sans abri et le reste aux visiteurs de l’expo.

Source : Top Santé, n° 300, septembre 2015.

   
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