lu pour vous numéro 99

Détails

" Lu pour vous " n° 99*

Sommaire

  • Environnement :
    • L'eau : le recyclage des bouteilles d'eau
    • De la source à la bouteille : Volvic cultive une image de pureté,
  • Science et guerre : la France a son Pentagone
  • Science-technique : nouveau record du monde de l'avion solaire
  • Science : en route vers l'immortalité
  • Actus technos - Acoustique : un appareil sait éteindre le feu ... avec du son
  • Actualités - Astrophysique : de mystérieuses galaxies très lointaines

Environnement :
L'eau : le recyclage des bouteilles d'eau.

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Source : L’Express, édition spéciale, supplément, n° 3 337 du 17 juin 2015 ; signé C.C.

De la source à la bouteille : Implantée au cœur des volcans d'Auvergne, Volvic cultive une image de pureté.

Ici, le basalte, pierre volcanique résistante, a longtemps fait la renommée du village. Mais si les carrières sont florissantes, l'eau potable est longtemps restée une denrée rare.

En 1927, le perçage d'un tunnel horizontal de près de 700 mètres permet d'accéder à la source dite « du Goulet » qui alimente aujourd'hui en eau courante 33 communes et 70 000 habitants alentours. Toutefois ce n'est pas elle qui fait la réputation internationale de Volvic : la composition de cette eau de source s'avère variable. La découverte de l'Eldorado, remonte seulement à 1963, quand un forage vertical de 100 mètres de profondeur permet de découvrir la source Clairvic, souterraine et située en pleine campagne. Dès 1965, son eau à l0°C est labellisée « eau minérale naturelle » par l'Académie de médecine. Une mention qui exige - notamment- que l'eau soit de composition, température et qualité constantes, mais qui constitue un passeport essentiel pour une « success story » internationale.

Toutefois, pour bénéficier du label, il faut satisfaire à d'autres exigences, notamment d'être mis en bouteille à proximité. En 1974, la Société des eaux de Volvic construit donc l'usine de Chancet, unique centre d'embouteillage de Volvic, à seulement quatre kilomètres de la source, à laquelle seuls les fontainiers ont accès à des fins de prélèvement. Une fabrique, qui aujourd'hui, totalise 16 hectares de superficie (huit fois plus qu'à sa création) pour une production de quelque cinq millions de bouteilles par jour. L'eau y est directement propulsée (à 89 litres/seconde soit 15% seulement du débit de la source, afin de préserver son cycle de renouvellement), depuis les cinq forages, via une canalisation en acier inoxydable enterrée quelques centimètres sous terre.

C'est après que tout s'accélère. S'il faut cinq ans pour qu'une goutte de pluie ou un flocon traverse les trois couches successives de roches volcaniques (la trachy-andésite, la pouzzolane et le basalte) et atteigne enfin, à 100 mètres de profondeur, le granit imperméable qui permet de la recueillir, il faut seulement cinquante minutes pour que l'eau soit conditionnée et prête à livrer. L'usine ne ferme jamais. Elle fonctionne 24 heures/24 et ses 10 lignes de production dédiées sont intégralement automatisées : zéro stockage, et un embouteillage instantané sans que, jamais, la main de l'homme n'intervienne et ne risque de contaminer le précieux liquide. Près des lignes de production, tenue de rigueur pour le personnel, charlotte, masque, nettoyage répétés et vérification des mains et même des semelles passées au pédiluve, atmosphère contrôlée, mais aussi diffuseurs d'air pur assurent une sécurité optimale, certifiée par près de 700 contrôles quotidiens tous azimuts.

A 850 salariés que viennent épauler 200 intérimaires en période intensive, l'usine de Chancel participe fortement au dynamisme du tissu économique local : elle est la seconde entreprise agro­ alimentaire d'Auvergne. Depuis sa création, elle n'a jamais cessé d'innover : fabrication de ses propres bouteilles (dont certaines en PET végétal qu'elle est la première marque française à avoir utilisé), premières eaux aromatisées, dès 1980, et forte ouverture sur le monde de soft drinks, avec, en 2003, l'ouverture d'un site spécialisé dans les boissons aux jus de fruits à l'eau de Volvic. Qui atteint un volume actuel de deux millions de bouteilles par jour (en plus des cinq millions d'eau « classique ») pour quelques 200 recettes différentes, selon les pays. La Société des Eaux de Volvic, qui capte, embouteille et commercialise l'eau de la source Clairvic, a également su s'attirer les faveurs du public, notamment en ouvrant très grand et très tôt - dès 1965 - les portes de son parc et de son usine. Avec 150 000 visites gratuites par an pour le parc et 3 000 pour l'usine, sécurité oblige, elle sensibilise à l'environnement et propose randonnées, courses d'orientation, balades en Segway ou circuits de géocashing, au cœur de son impluvium protégé. Cette mission de préservation assurée par le Comité environnement pour la protection de l'impluvium de Volvic (Cepiv) a été remarquée par l'union européenne. Il fait aujourd'hui office de site pilote dans le cadre du projet Semeau pour la gestion des eaux de surface et souterraines.

Chiffres cles :
Implantation : Volvic, Puy-de-Dôme (63)
Date de création : janvier 1957 pour la Société des eaux de Volvic, 1974 pour l'usine de Chancet.
Effectif : 850 salariés en CDI + 200 intérimaires.
Chiffre d'affaires : 411 744 000 (+ 2% par rapport à 2013).
Nombre de bouteilles produites : 1,2 milliard par an.
Bouteilles de Volvic bues dans le monde : 40 par seconde.
Nombre de pays consommateurs : 65.
Exportation : 70% du CA.
Groupe : Danone.

Source : L'Express, édition spéciale, n° 3 337 du 17 juin 2015, signé I.D.

 

Science et guerre : la France a son Pentagone.

lpv992Le nouveau QG des forces françaises sera inauguré cet automne à Paris. Un centre hautement sécurisé et hyper-connecté, qui abritera tous les états-majors et commandements de l'armée. Visite guidée.

Une succession d'immeubles serrés recouverts de mosaïques blanches et bleues se cache derrière la façade de verre et de béton du nouveau QG des forces françaises à Balard, dans le XVe arrondissement de Paris. Un site dessiné par l'architecte Nicolas MICHELIN.

Le président de la République inaugurera à l'automne plus de 300 000 mètres carrés de bureaux, centres de commandements et salles de crise regroupant l'état-major des armées et les commandements des forces terrestres, navales et aériennes, la Direction générale de l'armement (OGA) et les services généraux de l'administration, soit 9 300 militaires.

Auparavant, la Marine était Place de la Concorde, l'armée de terre boulevard Saint-Germain et la OGA à Bagneux. Les commandements devant se tenir proche du pouvoir politique, seul un site parisien pouvait accueillir le nouveau QG.

A Balard, la parcelle Est regroupe les services annexes de l'armée, trois crèches, des salles de sport et même une piscine. Le nouveau centre névralgique se trouve « à l'ouest », cours anguleuses et resserrées, façades souvent occultées, bâtiments denses et trapus.

Le Centre d'expertise des techniques des infrastructures de défense (Cetid) a conçu un ouvrage en béton hautement ferraillé capable de résister à des attentats d'envergure. Entourées de bureaux, les salles de commandement sont au cœur de la parcelle, profondément enterrées.
Une vingtaine de salles modulables sont dédiées à la gestion de crise. Elles comportent toutes un « mur d'images » de douze grands récepteurs télé, chaque « dalle » pouvant afficher quatre sources différentes : images satellites, drones espions, communication avec le terrain d'opérations- à l'échelle du soldat-, documents scannés, films d'archives, visioconférences se traitent simultanément.

Le centre est doté de lits, et une centaine de personnes peuvent y vivre coupées du monde.
2015 est donc l'année de la migration des militaires vers Balard. Le déménagement sera terminé à la fin de l'année. Chacun des entrants se voit remettre un fascicule pour éviter de se perdre dans les 14 kilomètres de couloirs de la seule partie ouest de la Direction des armées. Et les services techniques briefent les militaires sur l'utilisation d'un boîtier blanc situé près de l'interrupteur du bureau.

L'éclairage s'éteint automatiquement quand la pièce est inoccupée ou que la lumière naturelle est suffisante, les stores se baissent quand il y a trop de soleil et le chauffage est réglé sur 19°. Le confort de chaque bureau est assujetti à cette petite boîte blanche.

Les bâtiments sont climatisés par géothermie, la chaleur émise par les serveurs informatiques est récupérée pour le chauffage des bureaux et 5 000 mètres carrés de panneaux solaires ont été posés sur les toits.

Au final, la consommation totale du QG est estimée à 40 kWh par mètre carré et par an, une valeur inférieure aux normes d'un bâtiment basse consommation.

Source : SCIENCE et AVENIR, hors-série, n° 182, juillet-août 2015, signé Loïc CHAUVEAU.

Science-technique : nouveau record du monde.

C'était l'étape la plus dangereuse. Après avoir battu le record du monde du plus long vol en solo, l'avion solaire « Solar Impulse 2 » a atterri à Hawaii.

En vol non-stop de 8 300 kilomètres, le pilote André BORSCHBERG a parcouru avec son avion solaire la huitième et plus difficile étape de son tour du monde et a atterri en toute sécurité à Hawaii. Pour le parcours du Japon à Hawaii, le pilote de 62 ans a mis cinq jours et cinq nuits, battant ainsi ce jeudi le plus long vol et la distance la plus grande.

Il a redouté d'abord les premiers pas sur le sol ferme et est resté assis dans son avion. Un physiothérapeute a dû lui masser les jambes pendant plusieurs minutes, avant qu'il puisse se lever prudemment.

Pendant son long vol fatigant, le pilote a pu à peine bouger dans le « cockpit » à une seule place de son avion en fibres de carbone. Il a surmonté son stress à l'aide du yoga et de la méditation. Il n'y avait que des pauses de maximum 20 minutes pour dormir et reprendre haleine.

« Solar Impulse 2 » a débuté son périple début mars à Abu Dhabi (Emirat du Golfe) et a volé au-dessus de l'Inde, de l’Himalaya et de la Chine. Plusieurs fois, le mauvais temps a empêché la continuation du vol. Ainsi, le premier juin, l'avion a du faire un atterrissage imprévu à Nagoya, au Japon.

Avec ce tour du monde, BORSCHBERG et l'aventurier Bertrand PICCARD veulent prouver de quelles prouesses sont capables les avions à énergie solaire.
Le but de la prochaine étape est Phoenix, dans l'état US de l'Arizona. Sur ce vol, c'est à nouveau PICCARD qui sera aux commandes. Après deux autres arrêts aux Etats-Unis, il y a le retour en Europe. Au total, l'avion parcourra 35 000 kilomètres.

Source : SPIEGEL ONLINE du 3 juillet 2015, signé eth/dpa.

Science : en route vers l'immortalité.

Greffes de neurones, tissus imprimés en 30, cellules régénérées ... Vous en rêviez ? La science le fait déjà. Tour d'horizon des recherches les plus prometteuses pour prolonger la vie.

Un exosquelette commandé par la pensée.

Le 12 juin 2014, dans l'arène du stade Corinthians, à Sao Paolo, le Brésilien Julian Pinto a bluffé la planète en donnant le coup d'envoi de la Coupe du Monde de Foot ... malgré sa paraplégie. Grâce à un exosquelette qui enveloppait son corps telle une carapace, il a « suffi » à ce jeune handicapé d'imaginer son geste pour qu'il s'accomplisse. Sur sa tête, un casque en plastique bourré de capteurs enregistrait les influx électriques de ses neurones tandis qu'un ordinateur, placé dans son sac à dos, les « traduisait » en code informatique et les transmettait à l'exosquelette. Exactement comme le fait notre cerveau quand il envoie un signal électrique pour diriger nos mouvements via les centres nerveux (moelle épinière, nerfs ...). Grâce à une batterie de capteurs, Julian a même ressenti le contact avec le ballon et le sol.
« J'ai eu l'impression de fouler le sable de la plage ou je marchais avant mon accident », a-t-il déclaré.

Pour accomplir cet exploit, Miguel NICOLELIS, chercheur en neurosciences à la Duke University (Caroline du Nord), a réuni autour du projet « Walk again » plus de 150 médecins et ingénieurs du monde entier. Le pari n'était pas gagné. S'est ensuivi un marathon de vingt-quatre mois ponctué de nuits blanches et de poussée d'adrénaline. Les algorithmes étaient conçus au Japon, tandis qu'une PME française, BIA, mettait au point l'exosquelette révolutionnaire.
Plusieurs paralysés se sont ensuite entraînés au Brésil sous la houlette de kinés et de techniciens, pour adapter leurs mouvements et que l'un d'entre eux puisse frapper le ballon le jour J. « Leurs mouvements s'améliorent petit à petit et, à la longue, ils recommencent à marcher », dit Fayçal NAMOUN, PDG de BIA. Nous avons aussi constaté une amélioration globale de leur santé, notamment sur le plan cardio-vasculaire. Il est vrai que la marche joue un rôle capital pour notre bien-être tant physique que psychique. »

Du sang pour rajeunir le cœur et le cerveau.

Un cœur plus tonique des cartilages et des muscles rajeunis, et même des neurones qui poussent dans l'hippocampe, une partie du cerveau impliquée dans les processus de la mémoire.

Le tout grâce à du sang !

Dès les années 1950, des chercheurs ont soudé entre eux les systèmes veineux des souris jeunes et des souris âgées avec le rêve de régénérer ces dernières. Et, depuis quelques années, ça marche !

« Les résultats sont spectaculaires, explique Tony WYSS-CORAY (Californie).

Les souris âgées ont une meilleure endurance physique et elles réussissent mieux de petits exercices faisant appel à l'intelligence. Nous avons donc décidé de passer aux expérimentations sur l'homme.

« Sous sa houlette, une trentaine de patients atteint d'une forme modérée de la maladie d'Alzheimer reçoivent depuis quelques mois du plasma sanguin provenant de jeunes donneurs.

« Dans les jours qui suivent la transfusion, nous leur faisons faire des tests de mémoire et nous étudions le fonctionnement de leur cerveau sous IRM. Nous demandons aussi à leurs proches de bien les observer. « Les résultats de cette expérience seront connus dans quelques mois, mais Tony WYSS-CORAY se veut optimiste.
Une autre équipe, à Harvard, celle de Richard LEE et Amy WAGER, deux spécialistes de la médecine régénérative, a , de son côté, isolé l'une des molécules impliquées dans ce rajeunissement par échange de flux sanguin. Il s'agit du GDFH, que l'organisme produit de moins en moins à mesure qu'il vieillit. Après avoir injecté cette molécule à des souris, ils ont observé que leur cœur se régénérait, avec un amincissement des parois comme sur des sujets plus jeunes. Des essais sur l'homme doivent aussi être lancés.

Une greffe de neurones contre Parkinson.

lpv993Ces dix dernières années, l'équipe du Dr Oie ISACSON, de Harvard, a expérimenté la greffe de neurones sur une douzaine de personnes souffrant de ce grave trouble neurologique. Des neurones, issus de tissus d'embryons, ont été implantés à l'intérieur de leur cerveau. Or, l'état de ces malades s'en est trouvé considérablement amélioré, et même, pour l'un d'eux, de façon très spectaculaire. L'examen de la boîte crânienne des premiers patients décédés a confirmé les espoirs de cette technique. « C'est fantastique ! s’enthousiasme ISACSON. Les neurones implantés ont établi des connexions et construit de ramifications avec ceux des cerveaux receveurs, enclenchant une régénération et un retour à une meilleure plasticité cérébrale. » L'usage de cellules prélevées sur des embryons posait des problèmes éthiques, mais il est maintenant possible de produire des neurones à partir de simples cellules souches que l'on peut cultiver.
Des tissus et des organes (ré) imprimés en 3D.

Os sur mesure, tissus imprimés ... Depuis que nos imprimantes ce sont mises à la 3D, la Bio-impression n'en finit pas de franchir de nouvelles limites. Un chercheur japonais a même reprogrammé les chromosomes de cellules adultes pour les ramener à l'état magique de cellules souches, capables ensuite de se transformer en n'importe quel tissu de notre corps ! A quand l'humain en kit ? « Lorsque nous expliquons même à des scientifiques, ce que nous sommes en mesure de réaliser aujourd'hui, ils n'en reviennent pas », confirme le Dr Raphaël DEVILLARD, chercheur à l'Inserm. Grâce à un laser qui crée des jets sans contact direct, son labo imprime des cellules osseuses.
Egalement chercheur à l'Inserm, Fabien GUILLEMOT s'est lancé dans l'impression de tissus hépatiques et vient de monter sa start-up, Poietis. « Nous ne sommes pas encore capables de fabriquer des tissus vascularisés, c'est- à-dire avec un système circulatoire, mais on peut déjà imprimer du cartilage, des cornées ... ».
Pionnière, l'entreprise américaine Organovo est, quant à elle, déjà en route vers une industrialisation. « Nous proposons à des firmes pharmaceutiques ou médicales des technologies pour imprimer des tissus humains fonctionnels, peau, foie, etc., impliquant jusqu'à sept types de cellules différentes », explique son vice-président, Michael RENARD. A quand des organes complets ?

« Nous avançons à une telle allure dans ces technologies que cela ira peut-être plus vite que nous le croyons ... »

La molécule Rapamycine pour la régénération des cellules.

lpv994Dans les années 1960 ; le Canada avait envoyé une expédition scientifique sur l'île de Pâques pour en étudier la faune, la flore, le sol. Dix ans plus tard, un chercheur canadien, Suren SEHGAL, a extrait des échantillons récoltés, une molécule qui pourrait se relever un véritable élixir de jouvence. Nommée « rapamycine » en référence à « Rapa Nui », le nom de l'île de Pâques en langue autochtone, elle a d'abord fait ses preuves contre les mycoses et pour « bloquer » le système immunitaire - la rapamycine est donnée aux receveurs de greffe d'organe pour empêcher leur système immunitaire d'attaquer le greffon, un corps étranger. Mais, frappés par la vitalité exceptionnelle, la longévité et le poil brillant des souris qui en recevait lors d'essais, des chercheurs, parmi lesquels Richard MILLER, spécialiste du vieillissement à l'université du Michigan, tente aujourd'hui de vérifier si la rapamycine pourrait aussi nous permettre, un jour, de vivre plus vieux et en meilleure forme. « C'est la molécule la plus prometteuse pour obtenir une régénération générale de l'organisme, explique-t-il. Or, pour allonger de façon significative la durée de la vie, il faut agir au cœur même des cellules. » Son laboratoire teste donc la rapamycine à grande échelle sur plusieurs générations de souris. « Il reste du chemin à parcourir car elle entraîne, en usage continu, des effets secondaires problématiques comme la cataracte mais, en affinant le dosage, en continuant à explorer la mode d'action de cette molécule, voire d'un cocktail de molécules, nous parviendrons à allonger la durée de la vie », assure­ t-il.

Source : Le Nouvel Observateur, n° 2642 du 254 juin 2015, par Véronique RADIER.

Actus technos - Acoustique, un appareil sait éteindre le feu ... avec du son.

lpv995Deux ingénieurs de l'université George Masan (Etats-Unis) ont conçu un appareil portable capable d'éteindre une flamme avec du son ! Il consiste en un générateur d'ondes sonores connecté à un amplificateur et à un collimateur permettant de diriger précisément le son.

En effet, lorsqu'une onde sonore se propage, elle agite les molécules de l'air, qui se déplace d'avant en arrière dans la direction du son.
Or, à de basses fréquences, entre 30 et 60 Hz (audibles par l'homme), les molécules d'oxygène se déplacent suffisamment pour se séparer du feu. Lequel, privé de cet élément essentiel, s'éteint alors en quelques secondes !

Le physicien irlandais John TYNDALL avait découvert ce phénomène dès 1957, mais sans pouvoir l'expliquer.

Ce procédé pourrait servir à éteindre des feux de cuisine ou dans l'espace, sans eau ni produits chimiques.

En revanche, il n'est pas sûr qu'il soit efficace contre de gros incendies. De plus, si le son éteint le feu, le refroidissement du combustible reste problématique. Les deux ingénieurs comptent désormais tester différentes fréquences pour déterminer lesquelles fonctionneraient le mieux selon le type de matériau enflammé.

Source : Science et Vie, n° 1173, juin 2015, signé S.F.

Actualités - Astro'physique : de mystérieuses galaxies très lointaines.

Comment se forment les galaxies ? Pourquoi et comment naissent les étoiles ? Des questions auxquelles la cosmologie tente de répondre depuis des décennies.
A l'aide d'observations conjointes de deux satellites, une équipe internationale vient d'annoncer la découverte d'objets mystérieux, aux confins de l'Univers, qui lève en partie le voile sur ces questions. Ces objets des débuts de l'Univers, ou se forment 500 fois plus d'étoiles que dans notre galaxie, semblent être des « proto-amas » précurseurs des grands amas de galaxies que nous voyons aujourd'hui. L'histoire débute avec Planck, satellite européen qui, entre 2009 et 2013, a observé l'intégralité du ciel dans plusieurs longueurs d'onde.

« Parmi toutes les données obtenues, nous sommes partis à la pêche pour trouver des galaxies très lointaines et donc très anciennes », relate Hervé DOLE, de l'Institut d'astrophysique spatiale d'Orsay, qui a coordonné l'équipe.

En pratique, les astrophysiciens ont cherché des sources qui étaient déjà présentes dans l'Univers il y a plus de 10 milliards d'années (à plus de 10 milliards d'années-lumière de nous donc), soit moins de quatre milliards d'années après le Big Bang. Ils ont trouvé plus de 2 000 sources de ce type. « Le satellite Planck n'étant pas optimisé pour ces recherches- son principal objectif était l'observation du fond diffus cosmologique, nous avons été très surpris d'en trouver autant », signale Hervé DOLE.
Comment détailler ces sources. Avec un autre satellite européen, le télescope spatial Herschel, qui observe le cosmos dans l'infrarouge, près de 200 de ces sources mystérieuses ont pu être étudiées en détail.

Forte présomption.

Cependant, concentration de galaxies ne veut pas forcément dire proto-amas. En effet, vues de la Terre, les galaxies nous semblent collées les unes aux autres, mais il est aussi possible qu’elles soient juste dans le même alignement à des milliards d'années-lumière les unes des autres. Nous ne voyons en effet que la projection des astres en deux dimensions. Alors, ces objets sont-ils vraiment des amas ou sont-ils seulement des « alignements fortuits » ? « Nous ne pouvons pas encore répondre à cette question, admet Hervé DOLE, mais des pistes nous désignent plutôt des amas de galaxies. »

Le décalage vers le rouge de ces différentes galaxies, paramètre qui mesure la vitesse d'éloignement, et les distances ont l'air de correspondre entre eux. Les marges d'erreur sont trop importantes encore pour conclure, mais cela donne, selon Hervé DOLE, « une forte présomption ».

« Si ces proto-amas sont confirmés, ils ouvriront une nouvelle fenêtre d'étude sur les objets lointains, mais aussi sur la compréhension des amas, leur formation, le lien entre matière noire et matière visible ... » s’enthousiasme l'astrophysicien. Les premières phases de l'histoire de l'Univers restent en effet très mystérieuses. Ces proto-amas devraient aider à comprendre pourquoi et comment se forment les galaxies et les étoiles à l'intérieur de celles-ci. Ils vont aussi nous renseigner sur ce qui gouverne la consommation de gaz dans les proto-amas et sur la raison pour laquelle certaines galaxies le consomment plus rapidement que d'autres. En effet, le satellite Herschel est sensible à la poussière présente à l'intérieur des galaxies. « Or, si nous voyons cette poussière, c'est qu'elle est chauffée par les étoiles en train de se former », conclut Hervé DOLE.

Source : La Recherche, n° spécial 500, juin 2015, signée Gabrielle CARPEL.

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
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