AGENDA  

Aucun évènement à venir!
   

IESF  

iesf

   

lu pour vous numéro 97

Détails

" Lu pour vous " n° 97*

Sommaire

  • Renseignements : les oreilles de l'Etat
  • Economie : 1 046 projets chinois en Afrique
  • Biotechnologies : des routes goudronnées en biobitume
  • Science & Technique : équiper un chasseur avec un laser de 100 kilowatt pour abattre fusées et avions
  • Economie : faire fortune en Californie
  • Technologie : les routes de cinquième génération
  • Astrophysique : quelle est notre place dans l'Univers ?
  • High-Tech : la maison se branche sur batteries

Renseignements : les oreilles de l'Etat.

lpv971

Source : Le Nouvel Observateur, N° 2436, 30 avril 2015, Ministère de la Justice.

 

Economie : 1 046 projets chinois en Afrique.

La Chine progresse à pas de géant en Afrique ! Selon un rapport de l'institut Rand Corporation, Pékin a mené 1 046 projets en Afrique, construisant 2 233 kilomètres de voies ferrées et 3 350 kilomètres de routes.

Une relation profitable aux deux parties. D'un côté la Chine sécurise son accès aux ressources naturelles. De l'autre, les pays africains dans lesquels Pékin a particulièrement investi ont la plus forte croissance économique. L'Afrique a aussi trouvé, en Asie, un débouché pour sesproduits locaux.

Source : L'Observateur, n° 2439, mai 2015, signé Florence MALLERON.

Biotechnologies : Des routes goudronnées en biobitume.

lpv972Les résidus tirés de micro-algues pourraient offrir une alternative au pétrole selon des chercheurs français.

Construire des routes plus écologiques : c'est l'ambition affichée par Algoroute, un projet qui mobilise des équipes de recherche nantaises et orléanaises en partenariat avec l'entreprise AlgoSource Technologies. L'objectif est de remplacer le bitume issu du raffinage pétrolier par un liant végétal à base de micro-algues. Ces organismes microscopiques, qui prolifèrent par photosynthèse dans les rivières, les lacs et les océans, sont déjà utilisés comme complément alimentaire ou comme colorant en cosmétique. Demain, ils pourraient aussi devenir une alternative au pétrole. Ces algues sont en effet cultivées pour extraire l'huile qu'elles produisent à partir de laquelle on fabrique des bioplastiques ou du biocarburant. D'où l'idée d'utiliser les résidus de cette production pour fabriquer du biobitume.

Noir et visqueux, le biobitume ressemble, à s'y méprendre, au bitume pétrolier. Riche en lourdes molécules carbonées, le bitume issu du raffinage est liquide au-dessus de 100°C et agit comme une colle, agglomérant entre eux les granulats pour former le revêtement dont on recouvre la chaussée.

Le biobitume présente les mêmes propriétés bien qu'il soit constitué de longues molécules végétales solides en suspension dans l'huile - un matériau obtenu en chauffant dans l'eau et sous pression les résidus de micro-algues. Ce biobitume présente des avantages par rapport à celui qui est déjà fabriqué à partir d'huile végétale comme le colza. La production des algues ne mobilise pas des terres arables. De plus, le rendement en termes de production de biomasse est bien meilleur.

Mais avant d'envisager la commercialisation de ce nouveau bitume, la route est encore longue.

Des tests sont en cours pour vérifier sa tenue dans le temps sous des contraintes mécaniques similaires à celles qu'il subirait lors de passages répétés de véhicules. En parallèle, les scientifiques tentent d'identifier la souche de micro-algue la mieux adaptée à la production du biomatériau.

« Nous devons aussi prouver que la production à grande échelle est possible à un prix compétitif», souligne Bruno BUJOLI ; qui estime pouvoir répondre à cette question dans un délai de cinq ans. D'ici à sa mise sur le marché, l'attrait commercial du biobitume pourrait avoir grimpé en flèche. Pour l'heure, le pétrole est bon marché, mais lorsque son prix est au plus haut, les raffineries ont intérêt à craquer le bitume pour produire du carburant ... Au détriment de l'industrie, routière, qui risque alors de se retrouver à court de matière première.

Source : Sciences et Avenir, n° 820, juin 2015, signé Audrey BOEHLY

Science & Technique : projet de l'US Air Force, équiper avant 2022 un chasseur à réaction avec un laser de 100 kilowatt pour abattre fusées et même avions.

Des rayons laser à haute énergie peuvent chauffer rapidement des matériaux, par exemple faire fondre des métaux. En décembre 2014, la marine US a testé avec succès un prototype de 30 kw en visant à grande distance un bateau sans équipage, qui a flambé instantanément. Le laser de 100 kw, à impulsion électrique, sera monté, comme une fusée, à l'extérieur de l'avion. Un grand problème sont les vibrations inévitables qui se produisent et qu'il faut compenser pour que le rayon laser puisse pointer précisément l'objectif visé et le détruire.
sienF-16 peut emporter seulement six fusées ; une fois tirés, l'avion doit rentrer pour s'équiper de nouveau. Pour un laser, tant que le carburant – avec si besoin les avions ravitailleurs -produit le courant nécessaire pour le faire fonctionner, on peut continuer à viser et détruire les objectifs.

Source : SPIEGEL Online du 28 mai 2015, signé hda

Economie : Faire fortune en Californie.

Les Frenchies ont la cote à l'ouest des Etats-Unis ; dans les états-majors des géants du Web ou à la tête de leur start-up.

Ils ouvrent les restaurants les plus tendance de Los Angeles, écrivent la success story du moment dans la Silicon Valley, ou signent la plus grosse introduction au Nasdaq de ces dernières années ? Les Français ont actuellement la cote en Californie. La formidable réussite de Renaud LAPLANCHE, avec son site de prêt entre particuliers Lending Club, entré en Bourse fin 2014, en est une parfaite illustration. Les exemples de ces entrepreneurs partis faire fortune sur la côte Ouest américaine tendent à se multiplier ces dernières années.

Les profils diffèrent d'un bout à l'autre du Golden State. A San Francisco, 10 000 à 15 000 Français travaillent aujourd'hui dans le secteur high-tech. Ils sont trois dans la petite équipe de 20 spécialistes constituée par le designer chef d'Apple, Jonathan IVE. Facebook vient de confier au parisien Yan LECUN la direction de son laboratoire en recherche artificielle. Les états-majors des géants de la Silicon Valley grouillent littéralement de Frenchies, et on ne compte plus les créateurs de start-up partis jouer en première division, à l'autre bout du monde.

A Los Angeles, ou résiderait quelque 40 000 Français, les divisions tricolores se composent plutôt de spécialistes de la communication, de la mode ou de l'art de vivre à la française en général.

Vivier de talents.

Tant qu'à faire fortune, autant choisir le bon endroit, la bonne ambiance, le bon climat.

Mais derrière cette apparente décontraction se cache une vérité incontestable : la fortune vient rarement par hasard en Californie. La région, l'une des plus riches du globe, agit comme un aimant sur les talents du monde entier. Et ceux qui réalisent ici leur rêve américain livrent à l'unisson l'ingrédient essentiel de leur réussite : travailler dur. Car beaucoup vous diront : faire fortune est aussi la condition sine qua non pour mener une vie décente en Californie.

Source : CHALLENGES, n° 434, 21 mai 2015, signé Gilles FONTAINE (envoyé spécial à San Francisco et Los Angeles.

Lire l'article entier, pages 43 à 51.

Technologie : Les routes de 5ème génération.

Les routes de demain sont confrontées à trois grands enjeux : le développement durable, la transition énergétique et la mobilité.
Les revêtements et les chaussées seront conçus de façon à économiser matériaux, énergie et main-d' œuvre.
A l'aide de panneaux photovoltaïques, les routes produiront elles-mêmes l'énergie nécessaire à l'éclairage, la signalisation ou la recharge des véhicules.

 lpv973lpv974lpv975

Des systèmes de gestion et d'information automatisés joueront un rôle essentiel.

Ces enjeux nécessitent de repenser le transport routier qui assure dans les pays développés plus de 80% des flux de passagers et de marchandises, tout en consommant 60% de l'énergie fossile produite sur Terre et en étant responsable de 25% des émissions de gaz de serre.

Le Forum européen des laboratoires nationaux de recherche routière (FEHRL) a lancé en 2011 son programme phare intitulé Forever Open Road, articulé autour de trois axes, « La route adaptable », « La route automatisée » et « La route résiliente » (aux aléas climatiques). Ces schémas résument les principales idées et techniques visées.

Un premier aspect porte sur les procédés de construction des chaussées : à partir de matériaux plus endurants au trafic et au climat. L'une des techniques consiste à mettre au point des matériaux autoréparables : inclure dans le revêtement des microcapsules de bitume frais. Sous le poids des charges roulantes, en particulier des poids-lourds, ces microcapsules éclatent peu à peu, libérant ainsi du bitume et rajeunissant le matériau, qui conserve alors sa souplesse.

Produire de l'énergie.

lpv976L'architecte suédois Mans THAM a conçu le projet Solar Serpent dans lequel il propose de transformer des autoroutes, notamment celle de Los Angeles, en usine électrique, en les couvrant d'un toit de panneaux photovoltaïques fixés sur un châssis en treillis. Outre la production d'électricité et sa consommation locale pour la signalisation, l'éclairage ou la recharge des véhicules, le concept a d'autres avantages : réduction du bruit pour les riverains, protection des chaussées contre les intempéries et le rayonnement ultraviolet, diminution de la climatisation à bord du véhicule grâce à l'ombre créée.

Dans ce projet, l'autoroute de Santa Monica, à Los Angeles (longue de 24 km pour une largeur de 40 mètres), recevrait ainsi un million de mètres carrés de panneaux, de quoi produire 150 gigawatt heures d'électricité par an (soit la consommation d'environ 40 000 foyers) avec les techniques photovoltaïques actuelles.

Troisième défi auquel les routes doivent répondre, celui d'une mobilité durable, sûre et efficace.

lpv977L'état des routes pourra être déterminé en permanence et en temps réel, informations qui seront transmises aux autorités ou dispositifs de contrôle, afin de reconfigurer dynamiquement les routes et le trafic. Dans un proche avenir, les différents centres de gestion de la mobilité (trafic, transports collectifs, parkings, péages, etc.) les capteurs installés le long des routes et les véhicules seront largement interconnectés.
Des exemples laissent imaginer les bénéfices attendus de l'interaction entre réseaux d'information et véhicules : ainsi, des dispositifs de capteurs placés en bord de voie ou à bord des véhicules mesureront les conditions météorologiques (brouillard, température de chaussée, hauteur de neige, etc.).

Ces informations seront échangées entre les différents acteurs du trafic et transmises aux systèmes d'information des usagers de la route.

Ces derniers pourraient alors rouler à des vitesses adaptées, voire emprunter des itinéraires alternatifs qui optimisent la consommation d'énergie, le temps de parcours et la sécurité.

Source : Pour la Science, n°450, avril 2015, par Nicole HAUTIÈRE, Chantal DE LA ROCHE et Jean-Michel PIAU.

Astrophysique : Quelle est notre place dans l'Univers ?

Tout indique que nous sommes à une transition entre une période de jeunesse stellaire et planétaire et le stade de décrépitude à venir. Nous vivons dans un endroit où tout est modéré, tempéré : ni trop chaud ni trop froid, chimiquement ni trop caustique ni trop inerte, dynamiquement ni trop instable ni trop immuable.

Si l'on prend en compte toutes ces observations, il est clair que la vision que nous avons de notre microcosme et du cosmos est limitée et subjective. C'est la vue qu'on a depuis un étroit perchoir. Et de fait, notre capacité à appréhender le monde en termes d'événements aléatoires et statistiques est largement influencée par les conditions d'ordre, de désordre, d'espace et de temps dans lesquelles nous vivons.
En outre, le fait que nous soyons isolés de toute forme de vie extraterrestre (nous n'avons jamais repéré une trace jusqu'à présent) a des implications profondes sur les conclusions que nous pouvons tirer.

Les faits nous poussent vers une nouvelle vision scientifique de notre planète au sein du cosmos.
L'idée essentielle est que la vie, et en particulier la vie telle que nous la connaissons sur Terre, se situera toujours à la frontière ou à l’équilibre entre des états définis par des caractéristiques telles que l’énergie, les dimensions, l’espace, le temps, l’ordre et le désordre. Des facteurs tels que la stabilité ou le chaos des orbites planétaires, les variations du climat et la géophysique d’une planète, sont des manifestations directes de ces caractéristiques. Dès que l’on s'éloigne un peu trop, dans un sens ou dans l’autre, de ces conditions d1équilibre, la possibilité d’émergence de la vie disparaît et l’on est plongé dans un milieu hostile. Pour que des organismes vivants se développent, il faut le bon mélange d’ingrédients, de calme et de chaos - le yin et le yang adéquats.

Cette nouvelle règle identifie les endroits ou la vie devrait se développer et la fréquence à laquelle cela devrait se produire.

Source : Pour la Science, n° 450, avril 2015, par Caleb SCHARF, directeur du Centre d'astrobiologie de l'université Columbia, à New-York.

Article adapté de son livre The Copernicus complex: our cosmic significance in the Univers of planets and probabilities, Scientific American, 2014.

High-Tech : La maison se branche sur batteries.

lpv978L'entrepreneur américain Elon MUSK a présenté une batterie à installer au domicile. Connectée à des panneaux solaires, elle pourrait révolutionner notre consommation énergétique.

Après les lanceurs spatiaux avec SpaceX, les voitures électriques avec Tesla, le multi-entrepreneur américain d'origine sud africaine, Pelon MUSK s'intéresse à nos maisons.

Fin avril, il annonçait le lancement de Powerwall, une batterie à 3 000 dollars (1 700 euros) capable d'alimenter habitations et entreprises à partir d'électricité provenant de panneaux solaires ou du réseau électrique. Une semaine plus tard, l'appareil était déjà en rupture de stock, et ce jusqu' à mi-2016 avec 38 000 réservations.

Pourtant, à y regarder de près, rien d'innovant dans la technologie de cette batterie lithium-ion, la même qui équipe déjà smartphones et véhicules électriques.

Alors, comment expliquer cet engouement ? Elon MUSK est le premier à répondre ouvertement au désir d'autonomie énergétique de certains particuliers, analyse Marion PERRIN, spécialiste du stockage au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). En proposant des batteries adaptées à un prix attractif, il lance véritablement ce nouveau marché.

La maison de demain sera-t-elle branchée sur batterie ? « On est à l'aube d'une révolution », confirme Hubert GIRAULT, professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse), selon qui ce type d'installation pourrait devenir la norme. « Equipée de panneaux solaires et d'une batterie, l'habitat du futur changera notre manière de consommer l'énergie », prédit Marion PERRIN. Nombre d'appareils, comme la machine à laver ou le chauffe-eau, fonctionneront ainsi en journée - et non la nuit en heures creuses - afin de consommer directement l'énergie produite par les panneaux solaires. L'électricité en surplus stockée pour alimenter, en soirée, la télévision, le four, etc. « Mais ce système ne permettra pas de s'affranchir entièrement du réseau, qui assurera le relais pendant les périodes de faible production », prévient Cédric PHILIBERT, analyste à I' Agence internationale de l'énergie.

Pour l'instant, seuls certains pays ont commencé à adopter ces batteries domestiques, comme les Etats-Unis, le Japon, mais surtout l'Allemagne, où le gouvernement subventionne même leur installation. Outre-Rhin, comme dans plusieurs pays d'Europe, il est désormais moins cher de produire sa propre électricité avec des panneaux solaires que de l'acheter. « Ce n'est pas encore vrai en France. Cependant le coût de l'énergie solaire est déjà au même prix que l'électricité du réseau. Et ce coût ne cesse de baisser alors que celui du réseau va nécessairement grimper, prédit Marion PERRIN. Produire et stocker à domicile deviendra évidence. »

D'autres avantages plaident aussi en faveur de ce type de batteries comme leur bon rendement énergétique (plus de 90% de l'énergie stockée est restituée) leur faible volume et leur durée de vie d'environ vingt ans sans entretien. En théorie, un foyer français peut dès aujourd'hui équiper sa maison d’une telle batterie. « Mais il est peu probable, du moins pour l'instant, qu'il y ait une demande en France Métropolitaine, vu le faible coût de l'électricité. L'opération peut en revanche être intéressante pour un local commercial ou un supermarché », confie Michaël LIPPERT, directeur marketing du fabricant français de batteries Saft.

Source : Science et Avenir, n° 820, avril 2015, signé Audrey BOEHLY.

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
© UNION DES INGÉNIEURS ET SCIENTIFIQUES DES SAVOIE - 2011