lu pour vous numéro 82

Détails

« Lu pour vous » n°82*

Sommaire

  • Les nouveaux génies français : artistes, scientifiques, entrepreneurs, intellectuels; ils incarnent une inventivité, une excellence et une audace que le monde entier nous envie.
  • Document : les régions dont la France a besoin.
  • Bebop Drone : le nouveau quadricoptère Parrot.
  • Les capteurs solaires hybrides promettent un rendement doublé.
  • Science futur : des tournesols vont doper les rendements du photovoltaïque.
  • Espace : des plans sur la comète « Tchouri «.
  • Le mini-laboratoire Philae s'est bien posé sur la comète Tchouri.
  • Electronique : la durée de vie des OLED a été multipliée par dix.
  • Espace : à Kourou, Ariane 5 ne connaît pas la routine.

Les nouveaux génies français : artistes, scientifiques, entrepreneurs, intellectuels ... ils incarnent une inventivité, une excellence et une audace que le monde entier nous envie.

Parfois même, ils sont davantage reconnus à l'étranger que chez nous.

La machine à calculer, la machine à vapeur, la montgolfière, la photographie, la locomotive, l'avion, le vaccin antirabique, le cinéma, la découverte de la radioactivité...

La France, terre d'inventions, aime célébrer ses génies passés. Elle se replonge avec délice dans la vie de ses brillants créateurs, Saint Laurent ou Chanel, qui ont imposé l'élégance à la française dans le monde.

Et pourtant !

Deux prix Nobel lors de la cuvée 2014, voilà un palmarès inédit, qui devrait mettre un terme à cette nostalgie. La France aime laisser les années confirmer le talent. Ses stars actuels s'appellent Bocuse, Nouvel ou Serres, Modiano et Tirole.
Mais Internet et les réseaux sociaux bousculent cet ordre bien établi et font émerger de nouvelles figures. La France n'est pas seulement riche de son passé ; elle engendre des talents qui ont profité d'une formation souvent excellente et d'une culture inspirante, et qui déjà, rayonne au-delà des frontières. C'est un français, devenu star outre-Atlantique Thomas PIKETTY, qui ouvre les yeux des Américains sur la montée des inégalités.

Un autre, Jacques BLED, qui affole Hollywood avec ses créatures animés hystériques, les Minions de « Moi moche et méchant ».

 

Exemples ;

Bertin NAHUM, PDG de Medtech, créateur de robots. Il développe Rosa, sorte de GPS capable de guider la main des neurochirurgiens. De Pékin à Ryad, une trentaine d'hôpitaux en sont déjà équipés.

Hugues DUFFAU, neurochirurgien au CHU de Montpellier, opère et enlève des tumeurs du cerveau sur des patients éveillés, sans toucher à aucune fonction essentielle. Des collègues du monde entier défilent au bloc de ce CHU.

Laurent LEVY, physicien-chimiste, fondateur de Nanobiotics, utilise les nanoparticules dans le traitement des cancers.

Alexandre GAUTHIER, chef cuisinier, toque de 35 ans, 1 étoile Michelin, pratique une singulière gastronomie d'avant-garde, fait des démonstrations dans les écoles de cuisine de Singapour à San Francisco, en passant par la prestigieuse Stratford Chef School au Canada.

Thomas COLFEDY, architecte de 36 ans, remporte en 2006, devant 162 candidats son projet pour l'Institut du design de Hongkong.

Ludovic Le MOAN, PDG de Sigfox, 50 ans, veut faire communiquer les machines entre elles. Relevé à distance des compteurs d'eau ou de gaz, parkings signalant aux automobilistes les places disponibles, colliers pour localiser un animal de compagnie. Il a développé pour tous ces appareils un système de communication sans fil à bas débit, sur de longues distances et peu gourmand en énergie. Aujourd'hui, Sigfox dispose de relais aux Pays-Bas, en Russie, en Espagne et en Grande-Bretagne et met le cap sur la Californie.

Bruno MAISONNIER, PDG de Aldebaran Robotics, 56 ans, polytechnicien, a conçu le robot humanoïde Nao. Avec l'appui de l'opérateur japonais de téléphonie mobile, il a créé un nouveau robot : Pepper. Vendu au Japon en 2015, il sera capable de comprendre nos émotions.

Benjamin MILLEPIED, chorégraphe, vient de prendre la direction de la danse de l'Opéra de Paris. Membre du prestigieux New-York City Ballet, il y est promu étoile, dès 2001. En 2011, on le retrouve à Los Angeles, avec sa propre compagnie « La Danse Project ». Le ballet de l'Opéra est désormais entre ses mains.

David CAGE (son vrai nom est De GRUTTOLA), PDG de Quantic Dream, 45 ans, premier créateur de jeu vidéo à avoir reçu les insignes de la Légion d'Honneur. Le géant nippon Sony ne s'y est pas trompé et lui a demandé de développer des titres pour sa console PlayStation. Le dernier en date, « Beyond : Two Souls », s'est vendu à 1,4 millions d'exemplaires. La major Warner Bros a acheté les droits d'adaptation cinématographique du précédent opus, Heavy Rain.

Cedric VILLANI, matheux d'exception, directeur de l'Institut Henri-Poincaré. Lauréat en 2010, de la médaille Fields, l'équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques, il incarne parfaitement la renommée de l'école française. Membre du « think tank » Europa Nova, il est convaincu de la nécessité de penser le monde au-delà des frontières nationales.

Emmanuel FARHI, 36 ans, économiste, détecteur de crises. Premier au concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique, il intègre à 23 ans le corps des Mines, après une spécialisation en mathématiques. Le tout agrémenté par un passage par l'Ecole normale supérieure. Installé aux Etats-Unis depuis 2006, il enseigne à Harvard. Il est l'auteur de propositions originales visant à utiliser la fiscalité pour compenser les déséquilibres de la zone euro, et parvenir, à terme, à un véritable fédéralisme européen.

Source: l'EXPRESS, N° 3304, 29 octobre 2014.

Document : les régions dont la France a besoin.

lpv821Pour redécouper la France du XXIe siècle, pourquoi respecter les frontières des départements, établies au ... XVIIIe? C'est en observant les bassins de vie quotidiens que le géographe Jacques LEVY a dessiné cette carte. Une vision aussi pertinente que détonante.
Le géographe Jacques LEVY, excellent connaisseur de l'espace français, a opté pour le procédé suivant : partir du terrain et ne pas se soucier des découpages existants. Avec son équipe, il a commencé par observer le« pays», c'est-à-dire les bassins de vie des français au niveau local. C'est seulement dans un deuxième temps qu'il a regroupé le « pays » en relation les uns avec les autres, afin de former des régions cohérentes.

Le géographe s'est également affranchi des frontières administratives existantes, que ce soit celles des régions ou des départements. Un exemple ? Quand on observe le bassin de vie d'Avignon on s'aperçoit on s'aperçoit qu'il franchit le Rhône et couvre donc une partie de la région Languedoc-Roussillon. Tant pis pour l'actuelle délimitation du Vaucluse et de Provence-Alpes-Côte d'Azur !

La seule règle qu'il s'est fixé, c'est de ne pas couper un« pays» en deux.

Même pragmatisme pour la constitution des régions. Déplacement des français, échange entre entreprises, liaisons routières ou ferroviaires. Jacques LEVY a méticuleusement observé les relations entre villes, en s'appuyant notamment sur une récente étude du Datar. Belfort (Franche-Comté) est tournée vers Mulhouse (Alsace). Il est donc logique de les associer dans un même ensemble. Tout comme Tarbes (Midi-Pyrénées) et Pau (Aquitaine) ou encore Laval (Pays de la Loire) et Rennes (Bretagne). Il a ainsi systématiquement regroupé les « pays » formant des « systèmes urbains » cohérents.

lpv822Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Aix-Marseille : le plus souvent, les régions de Jacques LEVY sont articulées autour d'une métropole. Logique, pour assurer le développement d'un territoire et rayonner au niveau européen, il faut disposer d'universités, d'entreprises de pointe, d'aéroports. Des ressources « objectives », qui, naturellement, se concentre dans les grandes agglomérations.

Mais le géographe a eu l'intelligence de ne pas s'en tenir à cette approche« techno », si pertinente soit-elle. II a également pris en compte les ressources« subjectives» des territoires, c'est-à-dire les espaces culturelles. Pour mener bien un projet, il faut s'appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un même horizon pour se projeter. Voyez la Catalogne et la Bavière !
Jacques LEVY est cohérent. Il ne prétend pas dire ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Sa carte n'est qu'une proposition sur laquelle les citoyens devraient se prononcer.

Restait à donner des noms aux 10 régions nées de cette démarche inédite. Le plus souvent, relate le géographe, il a cherché dans l'Histoire un territoire correspondant peu ou prou aux espaces auxquels il était parvenu. D'où la Lyonnaise, qui renvoie à la Gaule romaine, ou la Lotharingie, qui rappelle le partage de l'empire de Charlemagne.

Jacques LEVY ne se berce pas d'illusions : il y a peu de chances que sa carte voie le jour prochainement. Mais comme toutes les bonnes idées, il n'est pas interdit de penser que celle-ci finira par s'imposer.

Source : l'EXPRESS, N° 3304 du 29 octobre 2014, propos recueillis par Michel FELTIN-PALAS

Bebop Drone : le nouveau quadricoptère Parrot.

lpv823Parrot présente le BeBop drone, un modèle haut de gamme doté d'une caméra 14 millions de pixels capable de réaliser des vues aériennes en Full HD. Sa connexion WI-FI 802l.ac lui offre une grande portée de vol.

Le BeBop reste un jouet .... A 499 euros tout de même. Il permet de prendre des photos, en théorie de bonne qualité, mais aussi de filmer en Full HD. Et l'autre spécificité vidéo, c'est qu'il intègre un optique grand-angle qui, après un traitement logiciel de l'application Free Fight3, vous permet de vous déplacer dans l'image en temps réel. Le Bebop drone est compatible avec les tablettes et les smartphones lOS, Android et prochainement les appareils fonctionnant sous Windows Phone.

Si on nous laisse apprécier un drone plutôt agile et réactif, c'est qu'il embarque une plateforme technique plus performante. C'est notamment le cas du processeur, baptisé Parrot P7, qui n'est autre qu'un Cortex A9 double cœur à 800MHz, accompagné d'une puce graphique Mali 400. On retrouve le capteur à ultra-son, situé sous l'appareil, qui permet à la bête d'adapter un vol stationnaire.

Outre sa fonction première de piloter plus confortablement le drone et lui offrir une plus grande portée, la télécommande Skycontroller peut également faire office de station Android. En effet, la Skycontroller intègre elle aussi un processeur P7, un circuit graphique, de la mémoire (la capacité n'est pas communiquée) et fonctionne sous Android 4.2.1. Grâce à sa prise HDMI, on pourrait donc aussi la brancher à un téléviseur, mais la marque ne nous dit pas encore quels en seront les usages. A terme, on imagine pouvoir visualiser les séquences vidéos sur un téléviseur, voire même utiliser les contrôles de la manette avec des jeux disponibles sur le PlayStore.
Enfin, si l'autonomie du drone n'est que d'une dizaine de minutes, celle du Skycontroller serait de 1 h 20.

Source : O1net du 08/11/2014, signés F. SOREL, J. COLOMBALE, D.HOGUEIRA et JD. DUARTE.

Les capteurs solaires hybrides promettent un rendement doublé

lpv824Une des sources d'énergie les plus évidentes est le soleil. Malheureusement, on ne sait pas encore l'exploiter efficacement : les cellules photovoltaïques actuelles ont un mauvais rendement, de l'ordre de 30%. Le potentiel de l'énergie solaire s'en trouve grandement limité: impossible d'alimenter une voiture par exemple. Même pour des applications informatiques, les chargeurs solaires sont insuffisants, trop lents, trop peu puissants.

Mais, des chercheurs de l'Université de Cambridge tiennent peut-être une solution révolutionnaire.

L'idée est de couvrir le silicium des cellules photovoltaïques d'un film de matériau organique offrant un rendement de conversion de l'énergie lumineuse plus élevé. Dans le silicium, un photon incident génère au mieux un électron. Dans un semi-conducteur organique comme le pentacène, un photon peut générer deux électrons. Mais ces électrons ne sont pas libres et ne génèrent donc directement du courant électrique. Les chercheurs américains ont découvert qu'en appliquant le pentacène sur des cristaux d'un semi-conducteur inorganique (du séléniure de plomb), les électrons du pentacène pouvaient être transférés sur la séléniure de plomb et devenir ensuite générateurs de courant. Le rendement de transfert est de 95%. Autrement dit, un photon incident générerait finalement 1,9 électron au lieu de 1 électron actuellement.

Il reste maintenant aux chercheurs à appliquer ce phénomène à d'autres semi-conducteurs, notamment au silicium employé dans la majorité des cellules photovoltaïques existantes. S'l y parviennent, les capteurs solaires pourraient enfin servir à alimenter autre chose que de simples claviers ou calculatrices de poche.

Source : Tom's hardware, publié le 15/10/2014, signé RSS

Science futur : des tournesols vont doper les rendements du photovoltaïque

lpv825Le géant américain de l'informatique et la société suisse Airlight Energy se sont associés pour mettre au point un nouveau système photovoltaïque dont la forme rappelle un tournesol. Sur un pied de 10 m, une parabole de 40 m2 suit le soleil dans sa course. Les 36 miroirs qui la tapissent concentrent 2 000 fois les rayons solaires sur un récepteur composé de cellules photovoltaïques, à 4m du centre de la parabole.

La particularité de ce « tournesol » tient à son système de refroidissement, similaire à celui qu'IBM utilise pour les serveurs de ses supercalculateurs. Les cellules photovoltaïques reposent sur un support percé de micro canaux; l'eau qui y circule absorbe et évacue la chaleur, avec une efficacité 10 fois supérieure à celle d'un refroidissement par circulation d'air.

Ainsi, c'est 80% de l'énergie solaire collectée qui est transformée: près de 30% sous forme d'électricité (une parabole délivrant environ 12 kW par une journée ensoleillée), et 50% sous forme de chaleur, emmagasinée par l'eau (l'équivalent de la production d'une chaudière de 20 kW). Cette chaleur peut ensuite être utilisée pour dessaler l'eau de mer et la rendre potable, ou pour alimenter un climatiseur.

Deux prototypes seront installés fin 2016.

Source ; SCIENCE et VIE, n°1167, décembre 2014, signé O.L.

Espace : des plans sur la comète « Tchouri ».

lpv826Après dix ans de voyage, la sonde européenne Rosetta tentera le 12 novembre une première dans l'histoire de la conquête spatiale : poser un engin sur l'un de ces témoins primitifs du système solaire. Avec pour ambition d'y découvrir peut-être les sources de l'eau et de la vie sur Terre. Fascinante odyssée.

Philae, monté sur son fidèle destrier Rosetta, n'a pas ménagé sa peine. Le petit atterrisseur conçu par l'Agence spatiale européenne (ESA) doit, le 12 novembre, chevaucher et dompter une comète. Avant cela, il aura avalé pas moins de 6,4 milliards de kilomètres, effectué cinq tours du Soleil, des survols de la Terre et de Mars en veux-tu en voilà, des passages à 55 000 kilomètres/heure au plus près d'astéroïdes (Lutetia et Steins). Le tout lui aura pris 10 ans dans des conditions extrêmes, le froid et le vide intersidéraux.
Jamais une mission de l'Europe n'a été planifiée sur une telle durée. La première réussite des ingénieurs aura été de maintenir en état le vaisseau, composé d'un orbiteur et d'un atterrisseur, et de l'amener au plus près de sa cible. Il a tout de même fallu placer l'engin en hibernation, logiciel de bord éteint et température régulée, lorsqu'il se trouvait loin du Soleil.

En janvier, la sonde Rosetta est donc sortie de deux années et demie de sommeil. Depuis, Philae n'a cessé de se rapprocher de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, affectueusement surnommée« Tchouri », avec laquelle il navigue désormais de conserve à un sage éloignement compris entre 10 et 30 kilomètres.

Survoler une comète à une telle distance, à si grande vitesse, sur un si long trajet et durant autant de temps reste inédit. Contrairement aux astéroïdes, corps volumineux et inertes, les comètes sont de petits astres actifs constitués de glace et d'eau (80%) ainsi que de molécules organiques (20%), présentent au moment de la formation des planètes.

Aussi représentent-elles les « briques élémentaires » de notre système solaire. Les étudier, c'est ouvrir le livre de la création. Il y a exactement 4,567 milliards d'années, alors que le Soleil n'était qu'un adolescent pré pubère (10 millions d'années), la nébuleuse de gaz et de poussière qui l'entourait s'est aplatie comme une crêpe. Dans ce disque protoplanétaire, des particules de matière infimes se sont agglutinées pour former ce que les astronomes appellent des « planétésimaux ».

La plupart d'entre eux ont grossi, puis se sont entrechoqués, afin de donner naissance aux planètes. D'autres, à l'instar des comètes, ont échappé à ce mouvement et errent, depuis, entre le nuage d'Oort et le Soleil. Ces témoins primitifs possèdent une capacité de congélation hors norme : avec un cœur à - 270°C et un albédo (pouvoir réfléchissant) extrêmement faible, les comètes préservent les molécules les plus volatiles sous forme solide.

Rosetta, en suivant Tchouri bord à bord et sur une longue distance, devrait réussir à déterminer la composition. « Plus la comète s'approche du Soleil et plus elle s'échauffe en éjectant une atmosphère de gaz et de poussières appelé « chevelure», explique Philippe LAMY, directeur de recherche émérite au CNRS. Durant ce processus de sublimation, passage direct d'un état de glace à l'état de gaz, les chercheurs peuvent analyser les différentes molécules de carbone avec des combinaisons variables d'hydrogène, d'oxygène et d'azote, présentent aux premiers instants du système solaire.

La mission Rosetta ambitionne de lever le voile sur un autre mystère de l'univers, celui de la présence d'eau sur la Terre. Là encore, selon la théorie, notre planète en était dépourvue à sa naissance, et les autour de 3,9 milliards d'années, lorsque la planète bleu a subi un intense bombardement d'astéroïdes et de comètes. Ces impacts seraient la principale source aquifère terrestre. « En étudiant les isotopes- hydrogène, deutérium et carbone présents dans le sol de 67P/Tchouri et en les comparant avec ces mêmes éléments dans nos mers, nous obtiendront des réponses à cette question », pronostique Philippe GAUDIN. Enfin, les astrophysiciens subodorent que les comètes pourraient avoir transporté des molécules pré biotiques, comme les acides aminés, à l'origine de la vie sur terre. » Dans des conditions favorables, comme l'eau sous forme liquide, elles auraient permis la formation de molécules du vivant », ajoute Philippe GAUDIN.

Mais pour en être certain, impossible de se contenter d'analyser à distance le dégazage de l'astre, dont l'acmé se produira en août 2015. D'où la conception du petit atterrisseur Philae, qui avec une dizaine d'instruments embarqués, doit atteindre la surface de Tchou ri pour y forer notamment un trou à une vingtaine de centimètres de profondeur. Afin, espère-t-on, de trouver ces fameuses molécules organiques.

« Se poser sur une comète constituera une première dans l'histoire de la conquête de l'espace », explique Armelle HUBAULT, membre de l'équipe de contrôle et de pilotage de Rosetta au Centre européen d'opérations spatiales de I'ESA, à Darmstadt (Allemagne). Du reste, la mission se complique de jour en jour. « Le 15 juillet, nous avons reçu les premiers clichés du noyau, explique Jean-Pierre BIBRING. Il s'agit d'un corps double, dissymétrique, resserré en son centre et doté d'un relief assez irrégulier, avec la présence de falaises et de rochers abrupts.

« Le 12 novembre, Philae va donc devoir atterrir sur un terrain accidenté. Avant cela, au petit matin, l'engin quittera sa «mère» Rosetta, à une altitude d'environ 22 kilomètres pour une interminable descente de sept heures !
Etant donné les 500 millions entre l'orbiteur et la Terre ainsi que la lenteur des communications, les ingénieurs de I'ESA devraient recevoir la première image de la séparation au moment du déjeuner.

Puis, ils prévoient l'instant fatidique, celui de l'atterrissage, en milieu de journée. L'impact devrait se faire en douceur. Sauf que le débarquement demeure une manœuvre risquée, puisque, durant sa chute, Philae peut subir de nombreuses perturbations : dégazage soudain, rotation naturelle de Tchouri, variation de la vitesse de descente, position de travers de l'engin au moment de se poser, qui pourrait le renverser. Sans oublier la nature du sol de la comète.

Malgré les mesures collectées, les scientifiques ignorent sa dureté. Est-elle solide comme la pierre, poussiéreuse comme de la régolite lunaire, voire floconneuse ? Entre la difficulté et la noblesse de la quête, l'épopée de Philae ne manque pas de panache.

Source : l'EXPRESS, n° 3305, du 5 au 11 novembre 2014, signé B/D.C.

Le mini-laboratoire Philae s'est bien posé sur la comète Tchouri.

Comme prévu, à 510 millions de kilomètres de la Terre, Philae a atterri sur la comète Tchouri le 12 novembre 2014, mais il n'a pas pu s'ancrer dans la position prévue et s'est incliné, ce qui ne lui permet pas de recharger ses batteries.
Les scientifiques ont réussi à faire la rotation de 35 degrés pour améliorer la réception de la lumière sur les panneaux solaires.
Philae a réalisé 80% du programme prévu durant les quelques 60 heures de vie de sa pile .Toutes les données de la première séquence scientifique ont été téléchargées avec succès.

L'orbiteur Rosetta continue de tourner autour de la comète; il tient le contact avec Philae et retransmet les données vers la Terre.

Sources : Der Spiegel on line du 15/11/2014

Electronique : la durée de vie des Oled a été multipliée par dix.

lpv827Les diodes électroluminescentes organiques (OLED) nous promettent des smartphones dotés d'une plus grande autonomie et des écrans de télévision moins énergivores. Des atouts importants mais entachés jusqu'ici d'un gros défaut: une durée de vie trop faible d'environ quinze mille heures seulement dans le cas des OLED bleues.

Des chercheurs de l'université du Michigan (Etats-Unis) viennent de corriger ce handicap et de multiplier par dix la durée de vie de ces dernières. Pour y parvenir, ils ont utilisé des diodes organiques phosphorescentes, dites PHOLED, déjà efficaces en rouge et vert dans les téléviseurs haut de gamme. Ces dernières ont l'avantage de produire la lumière grâce à un mécanisme quatre fois plus efficace que les OLED fluorescentes classiques.

Surtout, les chercheurs ont réussi à optimiser la disposition des molécules à l'intérieur de la couche d'émission de la lumière à l'origine de la fragilité des diodes bleues, améliorant ainsi leur durée de vie. Cette nouvelle structure devrait par ailleurs permettre d'augmenter l'efficacité de ces OLED de 5 à 20% dans un avenir proche.

Source : Science et Vie, n°1167, décembre 2014, signéJ.J.

Espace : à Kourou, Ariane 5 ne connaît pas la routine.

lpv828-1Le Centre spatial guyanais enchaîne depuis 2002 les lancements réussis de la fusée européenne. A chaque fois, un défi technologique et logistique.

« Trois, deux, un, top Allumage Vulcain », crache la sono. Une explosion lumineuse déchire le ciel ! Les deux étages à poudre d'Ariane 5 arrachent ses 780 tonnes du sol dans un vacarme assourdissant.

Dans la salle Jupiter, la tour de contrôle des lancements, le stress est palpable chez les ingénieurs et les opérateurs, tandis que le grand écran affiche une vitesse qui grimpe à 9,7 kilomètre par seconde.

Après trente-trois minutes de vol, l'explosion de joie de la délégation argentine met fin au suspense. Ariane 5 vient de placer sur l'orbite prévue ARSAT-1, premier satellite Made in Argentina, et son co-passager américain lntelsat 30.
Un 62ème tir réussi d'affilé pour Ariane S. Une année exceptionnelle.

Le plan de charge de Kourou, qui lance sur trois sites Ariane 5, le russe Soyouz et le petit lanceur Vega, donne le vertige. « Notre programme de lancements est bien rempli jusqu'en 2015, et même 2018 pour les gros satellites », souligne Stéphane ISRAELl, le PDG d' Arianespace. La fusée européenne affiche ainsi un carnet de commande record équivalent à 24 lancements. De quoi placer le « port spatial de l'Europe», 1 700 salariés à temps plein sur 700 kilomètres carrés, sur le podium des bases spatiales mondiales.

lpv828-2Chaque tir reste pourtant un défi technologique et logistique redoutable, nécessitant une organisation au cordeau. Environ deux mois avant le lancement, les éléments d'Ariane 5 arrivent des villes européenne (Les Mureaux, Vernon, Brême, Augsbourg) par deux bateaux spéciaux, Le Toucan et Le Colibri. Les satellites débarquent de gros-porteurs ukrainiens Antonov à l'aéroport de Cayenne à J-45.
Sous haute protection.

La suite est une course contre la montre au sein des sites industriels du CSG (Centre spatial guyanais), reliés par un ruban de bitume surnommé « la route de l'Espace » et baptisés de sigles difficilement compréhensibles au non-initié. Les satellites sont testés et remplis de carburant dans le hall « 55 ».

Les étages à poudre de la fusée sont fabriqués dans l'usine de propergol de Guyane, un complexe d'une quarantaine de bâtiments ultra protégés étalés sur 300 hectares. La fusée prend forme dans le bâtiment intégration lanceur ( BIL), avant d'être finalisée au bâtiment d'assemblage (BAF).

La dernière étape est celle de la« chronologie» finale, dans un CSG sous haute protection. Le soir de lancement, un navire de la Marine nationale interdit l'approche des côtes. Une bulle de protection aérienne avec hélicoptère et missiles sol-air est créée au-dessus du site. La gendarmerie et la Légion étrangère vident les abords du site. Pour les VIP de la salle Jupiter comme pour les Guyanais amassés aux bords des routes, le grand spectacle peut débuter.

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Source : CHALLENGES, n°408, du 6 au 12 novembre 2014, signé Vincent LAMIGEON (à Kourou).

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
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