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lu pour vous numéro 72

Détails

« Lu pour vous » n°72*

Sommaire

  • Actualités high-tech : la moto électrique gagne en puissance
  • Technologie : l'impression en relief à retardement
  • Stratégie : deux équipementiers automobiles, Faurecia et Valeo, se sont spectaculairement redressés
  • Science : des mesures GPS en Antarctique
  • Actualités- Santé : une » chaussette » sert de défibrillateur pour le cœur
  • Stratégie : Safran entretien son accent américain
  • Technologie : train à grande vitesse
  • Actualité high-tech : l'équilibre dans des chaussures à moteur
  • Actualité high-tech : robot chirurgien pour astronautes
  • Actualité - Architecture : la tour qui disparaît dans le décor
  • High-Tech : automobile

Actualités high-tech : la moto électrique gagne en puissance.

lpv721Ce bolide de 200 chevaux disposera d'une autonomie de 180 km.

Le motard écolo aura bientôt sa machine : la Voxan Wattman, une moto entièrement électrique mise au point à Monaco, et présentée le 2 décembre dernier au Mondial du deux-roues à Paris. Son architecture a été spécifiquement développée pour la propulsion électrique : la Wattman ne dispose pas d'un châssis tubulaire classique mais d'une structure autoportée. Au centre, l'énorme pack de batteries lithium-ions est enfermé dans une coque en aluminium ultra rigide, véritable exosquelette. Le moteur électrique à aimant permanent est fixé sur cette coque par l'intermédiaire de son carter, c'est-à-dire son enveloppe. Une enveloppe qui reçoit le dernier élément de structure : les deux bras oscillants du système de suspension qui tient la roue arrière. A l'avant, la fourche « s'appuie sur le caisson des batteries. Enfin, dernier petit raffinement : les roues sont en carbone avec des moyeux en aluminium, cela afin de contribuer encore à la rigidité de l'ensemble.
Côté performance, la Wattman développe 200 chevaux et passe de 0 à 100 km/h en 3,4 secondes. L'autonomie moyenne annoncée est de 180 km avec une recharge rapide à 80% en une demi-heure. Voxan espère une commercialisation d'ici à 18 mois. Mais le prix n'est pas encore fixé ; II sera certainement beaucoup plus élevé de I' »autre » moto électrique, la Lito Sora, annoncée entre 30 000 et 40 000 euros. Seule certitude, la moto écolo devra être fortunée !

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 803, janvier 2014, signé O.H.

 

Technologie : l'impression en relief à retardement.

Après l'impression 3D, voici la 4D. L'objet est imprimé avec une imprimante 3D classique, mais sa forme finale n'apparaît que plus tard, quand il est plongé dans l'eau. La « quatrième dimension » est donc celle couramment utilisée par les physiciens : le temps. Le secret réside dans des polymères à mémoire de forme qui changent de conformation sous l'action d'un stimulus tel que l'eau, la chaleur ou la lumière.

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Source : SCIENCE et AVENIR, N° 803, janvier 2014, signé O.H. ; Jerry Qi, Université du Colorado, Boulder, Etats-Unis).

Stratégie : deux équipementiers automobiles (Faurecia et Valeo) se sont spectaculairement redressés en cinq ans.

lpv723C'est le jour et la nuit. En 2009, Valeo brûlait chaque jour 1,5 millions d'euros. Il en gagne aujourd'hui 2 millions quotidiennement. En 2009, Faurecia perdait près d'un demi-milliard d'euros. Cinq ans plus tard, la valeur en Bourse du groupe, revenu dans le vert, il vient de distribuer son premier dividende depuis 2011, a été multiplié par quinze. Pour les deux géants de l'équipement automobile français, il y a un avant et un après la crise. Le retournement est spectaculaire.

Chez Valeo, en moins d'un an, le nombre de divisons, au nombre de quinze, sera réduit à quatre pôles, responsables de quinze lignes de produit à l'échelle mondiale.

FAURECIA

  • Chiffre d'affaires (en milliards d'euros) : 9,2 en 2009 / 18 en 2013
  • Résultat net (en millions d'euros) : 433 en 2009 / 88 en 2013
  • Effectifs (en milliers) : 58,4 en 2009 / 97 en 2013
  • Capitalisation boursière (en milliards d'euros) : 0,24 en 2009 / 3,8 en 2013

VALEO

  • Chiffre d'affaires (en milliards d'euros) : 7,5 en 2009 / 12,1 en 2013
  • Résultat net (en millions d'euros) : 153 en 2009 / 439 en 2013
  • Effectifs (en milliers) : 52 en 2009 / 75 en 2013
  • Capitalisation boursière (en milliards d'euros) : 0,83 en 2009 / 8,2 en 2013

Valeo et Faurecia soignent leur créneau high-tech.

lpv724Au Consumer Electronics Show(CES) de Las Vegas, la chaîne CNN a fait tourner en boucle un reportage sur Valeo, « the tech company ». Signe que les équipementiers ont définitivement basculé dans le high-tech. Ainsi, Valeo, dans le domaine de la voiture qui se gare toute seule. Présentée en 2013 au Salon de Frankfort, la nouvelle variation du système Park4U assoit un peu plus l'équipementier comme leader mondial de l'aide au stationnement. Une offre construite pas à pas, précise Guillaume DEVAUCHELLE, directeur de l'innovation : « Nous avons commencé en 2003 par l'aide au créneau en Europe, ou il est compliqué de se garer, avant de nous attaquer au stationnement automatique en épis dans les parkings type aéroports, puis à l'aide à la sortie, souvent sans visibilité. « En 2011, Valeo a aussi lancé le stationnement depuis un smartphone, avec le conducteur à l'extérieur de sa voiture ».

Faurecia phosphore sur les matériaux composites, les filtres à particules et les intérieurs haut de gamme. Chaque jour, 550 Mercedes Classe S avec un intérieur conçu par le français sortent des usines. Eclairage d'ambiance sept couleurs, accoudoir chauffant, fibre de bois écologique et bois exotiques.... Du vrai luxe high-tech.

Source : CHALLENGES, N° 388, du 7 au 14 mai 2014. Signé Anne ROUSSEAU

Science : des mesures GPS.

Des mesures GPS effectuées à l'Ouest de l'Antarctique montrent des choses surprenantes : la surface de la terre se soulève rapidement, une bosse apparaît, elle modifie même la rotation de notre planète et rallonge les jours.

L'équipe de Grâce NIELD de l'université de Newcastle en Grande Bretagne a publié dans la revue « Earth and Planetary Science Letters » le résultat des mesures effectuées par sept stations de GPS dispersées sur la pointe de la côte, au nord de l'Antarctique : la croûte terrestre monte d'au moins 15 millimètres par an. Ce soulèvement concerne toute la presqu'île de l'Antarctique. Un tel soulèvement, mesuré pendant plus d'une décennie, on l'aurait attendu plutôt sur une période de quelques millénaires.

Les causes :

Libérée du poids de la glace, la terre se soulève comme une balance à laquelle on a ôté les poids.
Sous la surface rocheuse de la terre, à partir d'une profondeur de 60 kilomètres, bouillonne un mélange de magma rocheuse à 100°C : il a tendance à monter vers la surface, dès que le poids de la glace diminue. Sous la couche de glace de l'ouest de l'Antarctique on a découvert des volcans.

A partir de 2002, le soulèvement s'accélère.

Ce bossage de la surface a une influence sur tout le globe terrestre. A la suite des déplacements de masses en profondeur et de la fonte de la glace, la vitesse de rotation de la Terre diminuera de peu, et les journées se prolongeront d' « une fraction de seconde ».

Source : DER SPIEGEL online, sciences, du 14 mai 2014, signé Axel BOJANOWS

Actualités- Santé : une « chaussette » sert de défibrillateur pour le cœur.

Cardiologie : des spécialistes en génie biomédicale, biomatériaux et micro-informatique ont développé une très fine membrane, truffée de 68 capteurs, qui épouse parfaitement les contours du cœur. Réalisée grâce à une imprimante 3D, elle enregistre la fréquence, la température et l'activité métabolique du muscle cardiaque, l'amplitude des déplacements de ses parois et même son activité électrique, mesurée par des micro diodes uniformément réparties. Testé avec succès sur un cœur de lapin, ce dispositif pourrait être un jour implanté chez l'homme pour détecter une menace d'infarctus du myocarde, voire délivrer un choc électrique pour rétablir un rythme cardiaque normal.

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 806, avril 2014, signé P.K.

Stratégie : Safran entretien son accent américain.

Implanté de longue date outre Atlantique grâce aux moteurs, le groupe français s'est plus récemment développé dans la sécurité. Résultat : les Etats-Unis constituent désormais son premier marché.

C'est une usine immense, à Rochester perdue dans les plaines du New Hampshire. Un site neuf, inauguré le 31 mars 2014, ou Safran et son partenaire américain Albany produisent les aubes du futur moteur LEAP, les pales de l'entrée du moteur, selon un procédé unique au monde, dit « tissé 3D ».

Neuf énormes métiers tissent la forme de l'aube en fibre de carbone. Celle-ci est ensuite injectée de résine et placée dans un autoclave, une sorte d'énorme Cocotte-Minute, avant d'être équipée et testée.

« Nous rassemblons en un site les mondes du textile et de I 'aéronautique », résume Jean-Jacques ORSINI, directeur qualité des pièces composites de Snecma, filiale de Safran. Les pièces ainsi fabriquées sont plus légères et plus résistantes ». De quoi permettre au moteur LEAP qui équipera, dès 2016, le 737 MAX, l'A320 neo et le C919 chinois, un gain de consommation de 15% par rapport aux réacteurs actuels.
Rochester est la nouvelle pépite de Safran aux Etats-Unis. Un symbole, surtout ; celle d'une conquête américaine menée de main de maître.
Avec 4 milliards d'euros de ventes sur le sol américain en 2013, soit un quart de son chiffre d'affaires, le français a réussi un défi que même Airbus peine à mener à bien. Devenir américain aux Etats-Unis. Le pays est de loin, notre premier marché et va rester encore longtemps, souligne Jean-Paul HERTEMAN, le PDG du groupe. En dix ans, nos effectifs ici ont plus que triplé, à 7 000 personnes, ce qui en fait notre deuxième pays derrière la France.

Motoriste de Boeing.

Du fait, Safran est comme chez lui outre-Atlantique. A travers CFM, sa coentreprise avec l'américain General Electric' GE, le groupe français motorise tous les 737, le best-seller de Boeing. Il est un fournisseur de poids de I'armée américaine, avec des équipements présents sur les chasseurs F-22, F-16 et F-18, les ravitailleurs KC-1325, ou les hélicoptères Chinook. Sa filiale Morpho fabrique 70 millions de permis de conduire sécurisés par an, pour 42 des 60 Etas américains, dans un pays ou ce document fait office de carte d'identité. Le frenchy fournit même des technologies biométriques au FBI pour la traque des criminels. « En six mois, grâce à notre nouvel algorithme, 5 700 personnes ont été confondues, dans des affaires qui traînaient depuis des années », explique Philippe PETITCOLIN, le PDG de Morpho.

Pour mener à bien sa conquête américaine, Safran s'est appuyé sur son actif le plus précieux : son partenariat avec GE dans les moteurs. Une aventure démarrée en 1974, quand les deux groupes créent la coentreprise CFM pour développer un nouveau réacteur, le CFM56. Quarante ans plus tard, le best-seller affiche 100% de part de marché sur le 737 et 50% sur I'A320. « Cette alliance fonctionne parce que les rôles sont définis : GE développe le cœur haute pression du moteur, Safran les parties basse pression », souligne Marc VENTRE, directeur général délégué du groupe français. Safran et GE ont décidé en 2008 de prolonger leur alliance jusqu'en 2040, et lancé le développement du LEAP, que Boeing a sélectionné comme moteur exclusif de son futur 737 MAX.

En position de force dans les moteurs, Safran en a profité pour placer ses autres équipements chez l'avionneur américain : freins électriques et trains d'atterrissage du 787, roues et freins carbone du 737 MAX. Résultat : Boeing est désormais le premier client de Safran, légèrement devant Airbus, représentant un quart du chiffre d'affaires du groupe français. « Safran tient un niveau de performance et de respect des délais que peu de fournisseurs arrivent à maintenir, avec une fiabilité proche de 100% », salue Kent FISHER, directeur du management des fournisseurs chez Boeing.

Acquisitions dans la sécurité.

lpv725Pas de quoi rassasier le français. Depuis 2009, Safran s'est bâti un second pilier aux Etats-Unis, consacrant plus de 2 milliards d'euros à des acquisitions de gros bras américains de la sécurité : Printrak, la filiale biométrie de Motorola, et GE Homeland Protection, la division scanners d'aéroports de GE, en 2009 ; L-1, un des leaders mondiaux de la biométrie, en 2011. « La sécurité est un business très rentable, qui nous permet aussi de compenser un éventuel retournement de cycle dans l'aéronautique », explique Jean-Paul HERTEMAN.

Depuis 2005, Morpho, la division sécurité de Safran, a ainsi multiplié ses ventes par cinq (1,5 milliard d'euros en 2013, dont la moitié aux Etats-Unis). « Notre stratégie, c'est d'aller chercher la croissance sur le très haut de gamme de la sécurité, un segment plus rentable que les marchés saturés », résume Jean-Paul HARTMAN. Illustration à Newark, près de San Francisco : dans l'impressionnant show-room de Morpho Détection, des scanners d'aéroports dits « tomographiques » permettent d'identifier en 3D des objets suspects. « On peut se déplacer virtuellement dans les bagages scannés pour vérifier la nature d'une menace », explique NiK KARNIK, directeur des systèmes de détection des explosifs. La division travaille aussi sur des portiques de sécurité permettant aux passagers de laisser ordinateurs et liquides dans le sac.

Fournisseur du FBI.

Quelques centaines de kilomètres plus au sud, la division MorphoTrak, près de Los Angeles, affiche un décor digne de la série télévisée « Les Experts ». La division développe ici des systèmes de reconnaissance d'empreintes digitales utilisés par le FBI. Plus de 230 000 recherches quotidiennes sont réalisés dans cette base de données aux 70 millions d'empreintes. « Le système répond en trois minutes, avec une fiabilité trois fois supérieure aux technologies classiques », pointe Céleste THOMASSON, le PDG de MorphoTrak. Les technologies de reconnaissance faciale permettent de reconnaître un visage filmé par une caméra de surveillance à partir d'une photo vieille de quarante ans.
Partenaire de confiance du FBI, Safran est-il devenu un vrai yankee pour autant ? Pas totalement. Pour certaines activités sensibles, comme les permis de conduire sécurisés, le groupe doit se soumettre au système de « proxy » : la gestion de ces métiers doit être déléguée à des administrateurs choisis sur une liste de profils validés par le gouvernement américain. Une forme de dépossession ? « Ces administrateurs travaillent dans l'intérêt de la société, répond Jean-Paul HARTMAN. La contrainte peut aussi être un avantage : leur profil en fait des relais précieux auprès des autorités. »

Barbara Mc NBAMARA, une des administrateurs de Morpho aux Etats-Unis, est ainsi l'ex-numéro deux de la NSA.

Source : CHALLENGES, N°389 du 15 mai 2014, signé Vincent LAMIGEON ( aux Etats-Unis).

Technologie : train à grande vitesse.

lpv726La Chine a réalisé un prototype pour un train capable d'atteindre une vitesse de 2900km/h.

Des scientifiques de l'Université « Southwest Jiaotong » ont construit un prototype de plate-forme d'essai pour un train à grande vitesse avançant presque dans le vide (near-vacuum), capable, théoriquement, d'atteindre des vitesses jusqu'à 2 900 km/h.
Actuellement, commercialement, la vitesse la plus élevée opérationnelle est de 431 km/h, et le record mondial est de 581 km/h.
Suivant le chef du projet, Dr. Deng ZIGANG, cette importante augmentation de la vitesse est obtenue par le manque de la résistance de l'air dans le tunnel ou règne presque le vide. « Quand la vitesse dépasse les 400 km/h, plus de 83% de l'énergie nécessaire à la traction, est perdue pour vaincre la résistance de l'air, explique-t-il ».

Dans leur tunnel, les scientifiques ont diminué par dix fois la pression atmosphérique par rapport à celle au niveau de la mer, réduisant drastiquement la quantité d'énergie nécessaire pour vaincre la résistance de l'air.

Source : ROCKETNEWS24 du 17 mai 2014, sur O1i net.

Actualités high-tech : l'équilibre dans des chaussures à moteur.

lpv727Physiologie

C'est un réflexe, quand il vacille, l'homme met un pied en arrière pour garder l'équilibre. Sauf, qu'avec l'âge, ce réflexe s'émousse. Une société israélienne a créé B-shoes, un prototype de chaussures motorisées. Implanté dans la semelle, le dispositif technique comprend des capteurs et un algorithme. En fonction de la position des pieds, il détermine si la personne risque de tomber. Auquel cas, un moteur actionne de petites chenilles entraînant la chaussure en arrière, pour rétablir la sécurité.

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 807, mai 2014, signé A.D.

Actualités high-tech : robot chirurgien pour astronautes.

Bio-Ingénierie

Des chercheurs de la société américaine Virtual Incision ont mis au point un robot qui pourrait un jour opérer à bord d'un vaisseau spatial. D'un poids de 4 kg, il sera embarqué dans les prochaines semaines sur des vols paraboliques pour étudier sa capacité à être manipulé dans un milieu simulant l'absence de gravité. L'objectif est de pouvoir réaliser dans l'urgence, à des milliers de kilomètres de la Terre, une ablation de l'appendice ou soigner un ulcère de l'estomac perforé, avec un chirurgien télécommandant les actions du robot depuis la Terre.

Source : SCIENCE et AVENIR N° 807, mai 2014, signé M.G.

Actualité - Architecture : la tour qui disparaît dans le décor.

lpv729Infinity se dressera près de l'aéroport de Séoul. Avec cette faculté inédite, malgré ses 453 mètres de haut, de pouvoir être invisible.

Une « Antitour ». C'est ainsi que le cabinet américain GDS Architects qualifie son projet Infinity, qui a obtenu à l'automne 2013 le permis de construire des autorités sud-coréennes. Ce gratte-ciel de verre de 453 mètres de haut, pour lequel aucune date de livraison n'a encore été donnée, se dressera à 50 kilomètres au Sud de Séoul, près de l'aéroport international d'Incheon. Particularité unique au monde : loin de chercher à être vue de loin pour impressionner et incarner un symbole de puissance, comme c'est souvent le cas, la tour Infinity a vocation à être... invisible ! Ce projet étonnant, qui sera réalisé par la société sud-coréenne Samoo Architects and Engineers, est le fruit d'un concours lancé en 2008 par la Korean Land and Housing Corporation, office étatique de développement immobilier. Le tout émergera d'un complexe s'étalant sur 145 000 m2 essentiellement destiné aux loisirs et à la consommation. Elle hébergera des magasins, des cinémas, des cafés et des restaurants. Entre 285 et 320 mètres, une rampe intérieure circulera au milieu des jardins suspendus et une plate-forme d'observation attendra les visiteurs à 397 mètres, presque trente mètres plus haut que celle de l'Empire State Building à New-York. Mais ces dimensions ne sont pas ce qui distinguera Infinity, qui mesurera 40 m de plus que les tours jumelles Petronas de Kuala Lumpur (sans leurs antennes), mais restera loin derrière les 828 mètres de la Burj Khalifa de Dubai.

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lpv728C'est bel et bien la faculté à disparaître dans l'environnement urbain qui fait l'originalité du projet. Le principe repose sur un ensemble de caméras et d'écrans qui rendront visibles sur une façade ce qui se trouve juste à l'opposé : circulation, mobilier urbain, construction, paysage, etc. De quoi donner l'illusion à celui qui regarde qu'aucun obstacle n'existe (voir ci-dessous). Cette « invisibilité » sera cependant relative et fonctionnera à une distance maximale de deux kilomètres. Elle sera également intermittente : le système, réglable en jouant sur la luminosité des écrans, pourra être désactivé si besoin.

Quant aux questions relatives à la présence d'une tour invisible à proximité d'un aéroport, le cabinet GDS précise que la construction du bâtiment tiendra compte des couloirs aériens existants. Des avertisseurs lumineux, tels qu'on en trouve sur les gratte-ciel, signaleront également sa présence aux avions. Enfin, la diffusion de sons à basse fréquence devrait tenir les oiseaux à distance et éviter qu'ils ne se heurtent aux murs « invisibles ».

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 803, janvier 2014, signé Arnaud Devillard

 

High-Tech : Automobile.

Transposer le concept d' » open source » du monde du logiciel à celui de l'automobile, c'est le pari d'une start-up italienne.
Explications.

« Ma voiture ? C'est moi qui l'ai faite ! » Ce pourrait être le slogan de la start-up OSVehicle. Cette société italienne prépare pour le printemps 2014 la commercialisation de l'Urban Tabby, une automobile à monter soi-même. L'idée : le client commande le kit sur Internet (châssis, roues, sièges, moteur...), puis reçoit quatre grosses caisses contenant les pièces à assembler. La promesse faite par OS Vehicle est qu'il pourra rouler avec son engin une heure plus tard, ce qui semble très optimiste. Le coût de la version électrique ne dépasserait pas les 5 000 euros.
Les dirigeants de l'entreprise jurent qu'il n'est pas nécessaire d'être un génie de la mécanique, ni un pro du bricolage, vidéos à l'appui. L'auto a été simplifiée à l'extrême : pas de portes, pas de pare-brise, de capot, de coffre... Elle a été conçue pour être totalement évolutive grâce au choix de l'open source. Ce modèle de conception, commun dans le monde du logiciel, est très marginal dans l'univers des objets manufacturés et en particulier de l'automobile.

En informatique, il autorise un accès libre au code du programme afin que chacun puisse y apporter ses améliorations.
Dans l'automobile, il se traduit par une mise à disposition totale libre et gratuite des plans des véhicules. Les fichiers 3D de la plate-forme de l'Urban Tabby sont ainsi téléchargeables sur le site d'OS Vehicle. N'importe qui peut les utiliser pour fabriquer sa propre voiture, sans passer par l'entreprise italienne. Il existe quelques autres projets du même genre. Par exemple, Wikispeed, une voiture de sport américaine ou, en France, VéloCar, sorte de tricycle à moteur électrique taillé pour la ville.

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L'open source pour accélérer l'innovation.

Comment un produit open source que tout le monde peut copier librement, peut-il être rentable ? « II y a plusieurs possibilités. Le concept peut passer des accords avec un industriel qui fabrique ses pièces pour toucher une commission à chaque vente, explique Yann LISCHETTI, le fondateur de VéloCar. Les entreprises open source peuvent aussi compter sur des dons des utilisateurs. » Autre source possible de revenus : le conseil. « Des entreprises intéressées par un produit open source font appel à son concepteur pour l'aider à en développer de nouveaux », indique Uros PETREVSKI, enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle à Paris, et designer associé chez NODesign, une entreprise qui a créé une carte électronique open source pour concevoir toutes sortes d'objets connectés.
A l'inverse de la stratégie des brevets qui restreint le développement d'un nouveau produit, l'open source serait, selon ses adeptes, un moyen d'accélérer l'innovation et l'émergence de nouveaux concepts grâce à la participation de toute une communauté. Du côté des constructeurs automobiles interrogés par Science et Avenir, l'open source reste une curiosité que l'on ne pratique pas, mais que l'on surveille.

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 803, janvier 2014, signé Olivier HERTEL

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
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