lu pour vous numéro 70

Détails

« Lu pour vous » n°70*

Sommaire :

  • Actualité : Google a vendu ses Glass comme des petits painsActualité : impression 3D : Taiwan va diviser le prix par quatre
  • Technologie : Google rachète Titan Aerospace, le fabricant des drones pré-orbitaux
  • Aviation, une première mondiale : Dassault fait voler un drone militaire avec un Rafale et un Falcon
  • Sciences : l'exo planète Kepler-186f, découverte d'une « jumelle « de la Terre dans une zone favorable à la vie
  • Médecine : les cellules IPS
  • Biologie : une membrane de filtration extraite d'un arbre
  • Technologie : des robots aussi efficaces que des termites
  • Actualité : l'E-Fan, le premier avion électrique français

Actualité : Google a vendu ses Glass comme des petits pains.

lpv701Le géant du web a procédé à une vente spéciale de ses lunettes connectées, qui n'aura duré qu'une seule journée. Le modèle en blanc était le premier à se retrouver en rupture de stock.

La «vente flash» des Google Glass s'est terminée la nuit dernière. Nous allons essayer d'étendre le programme «Explorer dans le futur», a précisé Google dans une note de blog.

lpv702L'opération commerciale d'hier était très limitée. Seuls les résidents des Etats-Unis avaient le droit de commander un exemplaire des lunettes connectées, au tarif de 1 500 dollars. L'accessoire était disponible en cinq couleurs : Cotton (blanc), Sky (bleu ciel), Charcoal (noir charbon), Shale (gris schiste) et Tangerin (orange).

On ne saura pas combien de lunettes ont été vendues au total, une information que Google compte bien garder top secret.

La version finale de Google Glass est attendue d'ici à la fin 2014.

Source : 01 net du 17/04/2014, signé Gilbert KALLERBORN.

Actualité : impression 3D : Taiwan va diviser le prix par quatre

lpv703Si les principales marques d'imprimantes 3D sont pour l'heure américaines, les taiwanais nourrissent de grandes ambitions sur ce marché. Leur puissance industrielle devrait diviser les prix par quatre dans les prochains mois.

Pour l'heure, le marché des imprimantes 3D oscille entre des machines réputées et fiables dont les prix démarrent à 2 000 euros, et des modèles à 300/600 euros, certes plus accessibles, mais à la qualité d'impression médiocre. Des tarifs qui ne devraient pas évoluer à la baisse tant que l'impression 3D ne sera pas passée par la case industrialisation. Et justement, les industriels taiwanais vont s'y atteler très prochainement. La révolution annoncée de l'impression 3D est en marche, et c'est l'Asie, et Taïwan en tête, qui va très certainement en prendre la tête.

Un marché de l'impression prêt à exploser.

L'impression 3D pourrait représenter un marché de 10,8 milliards de dollars en 2021. Partie d'Europe, l'idée de pouvoir imprimer ses propres objets, pour créer ou réparer, a vraiment pris corps aux USA ou des sociétés comme Makerbot ont connu un beau succès. Mais si la technologie à bien progressé (on atteint des finesses de couches de l'ordre de 100 microns) les prix des modèles performants sont restés élevés. C'est là qu'intervient XYZ PRINTING, une entreprise taïwanaise qui attaque aujourd'hui le marché avec des modèles équivalents à ceux de Makerbot en termes techniques, rapidité et vitesse d'impression, mais beaucoup moins chers et bien mieux finis. Le modèle d'entrée de gamme de cette nouvelle marque s'appelle da Vinci 1.0 et ne coûte que 500 dollars !

Un potentiel industriel énorme.

Comment un nouvel entrant peut-il faire mieux qu'une entreprise expérimentée comme Makerbot. II faut gratter sous le nom pour comprendre : sous le nom de XYZ PRINTING se cache New Kinpo Group, une des trois divisions de Kinpo Group, un géant industriel qui possède notamment Campai, le second plus grand fabricant d'ordinateurs portables au monde, qui produit notamment pour des clients aussi variés qu'Acer, Dell ou encore Lenovo. Ajoutons à cela une branche télécom, VIBO, et le New Kinpo Group, qui produit aussi des calculatrices, des GPS, des appareils photo ou encore des alimentations pour le reste du monde. Une visite dans leurs showroom de Taipei à Taïwan met d'ailleurs clairement les pendules à l'heure : cela fait des années qu'ils produisent des imprimantes pour HP, Samsung et consorts. Ce ne sont donc finalement qu'une gentille PME...

Des modèles à la finition impeccable

lpv704Si l'on compare les trois modèles qui vont être lancés cette année aux produits phares de Makerbot, on a presque mal au cœur pour ce dernier : le niveau de finition des appareils est tout bonnement époustouflant, d'autant plus que le ces engins coûtent entre trois et quatre fois moins que les modèles concurrents !

Première étape technologique et stratégique.

« Nous visons 100 000 unités vendues pour 2014 », explique le plus naturellement du monde Sheila HUANG, responsable des ventes de XYZ PRINTING dans les années suivantes, et encore, il ne s'agit pour eux que d'une première étape. « Dès 2015, nous allons lancer notre première imprimante à technologie SLA », s'enthousiasme Mme HUANG ».

Bien plus précise que la technologie à base de fil plastique, le SLA est une technique de stéréo lithographie qui repose sur un système de bain liquide, ou ce sont des lasers qui solidifient de fines couches de plastique. Là encore, c'est grâce à sa puissance industrielle que le géant taïwanais compte marquer des points et se faire un nom.

« XYZ PRINTING est notre première marque en nom propre et marque une évolution de notre stratégie pour toucher directement les consommateurs ».

Source : 01 net du 17/04/2014, signé Adrian BRANCO (envoyé spécial)

Technologie : Google rachète Titan Aerospace, le fabricant des drones pré-orbitaux

lpv705La firme de Mountain View s'est payée le fabricant d'engins pré-orbitaux que Facebook convoitait pour proposer un accès à Internet global.
On rappelle que les engins de Titan Aerospace fonctionnent à l'énergie solaire et sont censés de voler à très haute altitude, pendant plusieurs années. Google pourrait bien lui aussi se servir de ses drones pour compléter son projet Loon, qui consiste à utiliser des ballons pour connecter n'importe quel point du globe. Des représentants du géant du web ont indiqué au Wall Street Journal que les équipes de Titan Aerospace travailleraient en tous cas en collaboration étroite avec celles du Projet Loon.
Les drones de Titan Aerospace pourront non seulement fournir un accès à Internet, mais également servir bien d'autres services de Google, en collectant des données atmosphériques lors de leur vol et des images en très haute définition de la Terre, qui pourraient être utilisées dans Maps.

Un porte-parole de Google a indiqué que « ces satellites atmosphériques n'en sont qu'à leurs débuts, mais ils pourraient apporter un accès à Internet à des millions de gens et aider à résoudre d'autres problèmes, comme l'aide aux victimes de catastrophes naturelles ou participer à la lutte contre la déforestation ».

Source: Wall Street Journal / 01 net du 15/04/2014, signé Éric LB

Aviation, une première mondiale : Dassault fait voler un drone militaire avec un Rafale et un Falcon.

Le groupe français a révélé qu'il avait réalisé le 20 mars 2014 un vol en patrouille du nEuron, le drone de combat furtif, avec un Rafale et un Falcon 7X. C'est la première fois qu'un drone militaire effectue un vol en formation avec d'autres appareils et deux autres appareils de prises de vues qui ont permis de réaliser des images. La vidéo mise en ligne montre le ballet des avions qui se côtoient et évoluent en parallèle puis s'écartent.

« Un tel vol est très complexe à organiser pour chacune des figures à enchaîner, il faut que se retrouvent dans le même espace de travail, au même moment, des aéronefs venant de points d'attente distincts et affichant des performances de vol différentes » explique le groupe. « II a fallu se prémunir des risques d'interférences, comme des turbulences aérodynamiques des appareils entre eux, et des risques de perturbation dans les communications entre le nEuron et sa station de contrôle au sol ».
L'opération au cours de laquelle l'avion sans pilote a évolué avec quatre avions avec des pilotes à bord est un défi technologique. Elle a duré 1 h 50 mn au- dessus de la Méditerranée pendant plusieurs centaines de kilomètres. « Cela illustre notre maîtrise des technologies les plus avancées. Nos compétences dans les domaines civils et militaires s'enrichissent mutuellement pour concevoir et produire des avions d'exception au service des armées et des utilisateurs de Falcon » explique Éric TRAPPIER, Président- Directeur général de Dassault Aviation.

Le premier vol de nEuron a eu lieu le 1er décembre 2012 et a ouvert la voie à une campagne d'essais de deux ans. Il a depuis, réalisé plusieurs dizaines de vol. Le premier démonstrateur d'avion de combat sans pilote, conçu par Dassault Aviation en coopération avec plusieurs industriels européens, est le précurseur d'un chasseur de nouvelle génération. Les drones ont vocation à être utilisés seuls ou en formation, aux côtés d'avions de combat avec pilotes à bord, d'ici à 2030.

Source : Le Figaro on line du 13 avril 2014, info non signée.

Sciences : l'exo planète Kepler-186f, découverte d'une « jumelle « de la Terre dans une zone favorable à la vie

Est-ce la patrie de la vie extraterrestre ? Pour la première fois des astronomes ont découvert une planète correspondant aux deux conditions primordiales : elle est presque aussi grande que la Terre et tourne autour de son étoile à une distance qui rend la vie possible.
C'est le rêve de l'astronomie : une planète de la dimension de la Terre, avec beaucoup d'eau, rendant la vie possible, au moins telle que nous la connaissons, tournant à la parfaite distance autour de son étoile ; un peu trop loin ,et tout est figé dans le froid, un peu trop près, et tout est grillé.

Des chercheurs ont déjà découvert plus de 100 exo planètes de la dimension de notre Terre, mais elle tournait soit trop près de leur étoile, soit dans une zone propice à la vie, mais beaucoup plus grande que la Terre)

Kepler-186f fait partie d'un système planétaire dans lequel il est le cinquième et dernier. Son diamètre est à peine 10% plus grand que celui de notre planète. « C'est sans équivoque la première planète de la dimension de la Terre dans une zone habitable », explique Elisa QUINTANA, chercheuse à la Nasa dans la revue SCIENCE.

Jusqu'à ce jour on connaît environ 20 exo planètes dans une zone habitable, mais elles sont toutes beaucoup plus grandes que la Terre et on ne peut pas être sûr si elles sont rocheuses ou gazeuses. Avec un diamètre inférieur à 1,5 de la Terre, il est hautement improbable qu'il s'agit d'une planète gazeuse (d'après I' astronome Thomas BARCLAY).

Néanmoins, les télescopes actuels ne permettent pas une observation directe de l'atmosphère de la planète et les astronomes ne peuvent pas affirmer s'il existe de la vie sur Kepler—86f. Pour cela, il faudrait analyser le spectre lumineux de l'enveloppe gazeuse de la planète. Mais, ce ne sont que les instruments de la prochaine génération qui en seront capables, comme le télescope spatial Webb, en construction.

Mais même avec cet instrument, la preuve de la vie sur Kepler-186f sera très difficile, car l'étoile se trouve à 490 années- lumières de la Terre, trop sombre pour des analyses précises.

Une chose est certaine : même si la planète était habitable, ce ne sera pas une destination très agréable, car la planète se trouve dans la partie la plus éloignée de la zone habitable, et, suivant les calculs de l'équipe Quintana, il n'y aura qu'un tiers du rayonnement solaire auquel on est habitué sur Terre. Et l'atmosphère devrait contenir beaucoup plus de C02, ce qui n'empêcherait pas une vie (sans humains).
Le télescope Allen ARRAY a essayé de capter des signaux radioélectriques extraterrestres émanant dans une zone large de fréquences, mais les astronomes ont entendu qu'un silence profond.

Pour être capté sur Terre, les extraterrestres devraient envoyer des signaux avec un émetteur 10 à 20 fois plus puissant que celui du télescope gigantesque d'Arecibo, à Porto Rico.

Source : Der SPIEGEL on line du 17/04/2014, signé Markus BECKER.

Médecine : les cellules IPS

Qui les a inventées ?

En 1962, John GURDON renverse un dogme de la biologie : il montre chez la grenouille qu'une cellule spécialisée n'est pas figée et qu'elle porte en elle les informations pour rajeunir. C'est le principe de « reprogrammation ». Il faut toutefois attendre les découvertes de Shinya YAMANAKA pour maîtriser ce mécanisme. En 1987, ce jeune chirurgien orthopédiste se tourne vers la recherche. Il trouve d'abord des gènes actifs chez l'embryon et en sommeil chez l'adulte en « réveillant » quelques-uns d'entre eux. Il y parvient chez la souris en 2006, et chez l'homme en 2007. Un succès qui lui vaut en 2012 de partager le prix Nobel de médecine avec John GURDON.
Qu'est-ce que c'est ?

C'est une cellule adulte qui a remonté le temps, autrement dit qui a été ramenée de façon artificielle à un stade proche de celui d'une cellule embryonnaire. Son acronyme anglo-saxon signifie « souche pluripotente induite ». Un pedigree barbare qui fait référence aux propriétés tout à fait étonnantes de cette cellule. Tout d'abord, la cellule IPS peut se transformer en n'importe quel type cellulaire : une cellule de foie, d'os, du sang, etc. C'est ce qu'on appelle la pluri potence. Ensuite, elle est capable de proliférer et de faire « souche », étant à I' «origine de tous nos organes et tissus. Enfin, ces propriétés sont induites par l'homme. Une telle manipulation semblait jusqu'en 2007, impossible. Aujourd'hui, les cellules i obtenues à partir d'IPS servent à modéliser de nombreuses maladies et ouvrent une foule de perspectives intéressantes.

A quoi servent-elles aujourd'hui ?

Constituer des banques.

Que ce soit au Centre japonais de recherche et d'application pour les cellules IPS que dirige Shinya YAMANAKA, à l'Institut des cellules souches de Harvard ou à l'Institut français l-Stem d'Evry, les chercheurs prélèvent des échantillons de peau sur des malades puis les stockent sous forme de cellules IPS. Leur but ? Disposer de banques de cellules représentatives d'un grand nombre de maladies, pour les étudier et trouver des traitements.

Etendre nos connaissances médicales.

Grâce aux cellules IPS, les scientifiques peuvent aujourd'hui vérifier si ce que l'on sait d'une maladie est exact. Ainsi, dès 2008, des chercheurs américains ont poussé des cellules IPS obtenues à partir de personnes atteintes d'une maladie paralysante, la sclérose latérale amyotrophique, à se transformer en neurones. Ils ont ainsi pu voir en direct comment ces neurones dégénèrent, cette détérioration étant responsable de la maladie. A ce jour, plusieurs dizaines de pathologies ont ainsi été analysées, depuis la myopathie de Duchenne jusqu'à la schizophrénie. Mais beaucoup reste à faire : les IPS ouvrent l'accès à près de 7 000 maladies liées à la mutation d'un gène.

Chercher de nouveaux médicaments.

En se servant de cellules IPS différenciées en cellules malades, les scientifiques passent au crible des milliers de composés tels que les micro-organismes, les molécules, etc., pour trouver les plus efficaces du point de vue thérapeutique. En 2009, c'est par un tel criblage que des chercheurs de l'l-Stem ont identifié des molécules actives contre la dystrophie myotonique de type 1, une maladie génétique touchant les muscles.

Repérer les poisons.

Comme elles se renouvellent constamment et peuvent donner n'importe quel tissu, les cellules IPS constituent l'outil idéal pour tester la toxicité d'un médicament sur notre organisme. Après les avoir poussées à se spécialiser, on peut analyser l'impact d'une molécule non pas à doses massives et mortelles, mais de façon répétée et à petites doses, sur des cellules de foie, de pancréas, de cœur, etc. Les scientifiques travaillent donc à mettre au point ces tests de toxicité.

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Quels grands changements en attendre ?

On peut guérir certaines maladies.

En 2011 ; des chercheurs français et britanniques ont réussi à guérir des souris d'une maladie génétique touchant le foie grâce à des cellules IPS : après les avoir transformées en cellules de foie, ils ont corrigé la mutation génétique qui posait problème, puis ont injecté ces cellules aux souris. Le foie a commencé à fonctionner correctement.

En 2013, le gouvernement japonais a autorisé l'équipe de Masayo TAKAHASHI, de l'Institut Riken, à Kobe, à se servir de cellules IPS pour régénérer la rétine de personnes souffrant de dégénérescence maculaire liée à l'âge, une maladie gui rend aveugle bon nombre de personnes âgées. Ces malades seront soignés avec leurs propres cellules, reprogrammées en cellules de rétine et corrigées, afin d'éviter tout rejet par le système de défense. Cependant, pour soigner toutes les maladies, l'objectif des chercheurs est d'avoir des stocks de cellules IPS portant les marqueurs des différents groupes sanguins ; nous pourrions ainsi piocher dedans des cellules compatibles avec nos défenses immunitaires et qui puissent nous guérir,

il n'y aurait plus de problèmes de greffes.

lpv707N'importe quel tissu pouvant être obtenu à partir de cellules IPS, on espère les utiliser un jour pour fabriquer des organes. Cela pourrait résoudre la pénurie de donneurs : il suffirait, par exemple, de prélever de la peau chez une personne pour en tirer des IPS, puis des cellules cardiaques, et enfin le cœur dont elle a besoin !

On sauverait des espèces menacées.

Chez des souris, des scientifiques ont réussi à obtenir de spermatozoïdes et des ovules à partir de cellules de la peau reprogrammées en cellules IPS. A partir de là, en 2011, un biologiste américain a imaginé s'en servir pour sauver des rhinocéros menacés : après fécondation in vitro, les embryions seraient réimplantés dans le ventre d'une espèce voisine.

Source : DRL, les dossiers de la Recherche, février- mars 2014, par Anne BALLEYDIER- infographie- Sandrine FELLAY.

Biologie : une membrane de filtration extraite d'un arbre.

Ce disque bleu (au centre) pourrait faciliter l'accès à l'eau potable dans les pays en développement. Il s'agit d'une « ponctuation » dans une membrane extraite d'une branche de pin par une équipe du MIT, aux Etats-Unis. Elle a la propriété de filtrer l'eau à travers des pores de quelques nanomètres retenant les micro-organismes (en vert). Un seul centimètre carré de cette membrane, répandue dans le règne végétal, suffira à purifier 4 litres d'eau par jour, soit les besoins quotidiens d'un individu. L'image, agrandie 350 fois, est en fausses couleurs.

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Source : LA 847, mai 2014, signé M.S.H. BOUTILLER et al., Plos One, 9(2) 89934

Technologie : des robots bâtisseurs aussi efficaces que des termites.

L'un après l'autre, chaque petit robot dépose avec ses bras articulés une brique en plastique sur un mur en construction. A trois, sans chef de chantier, ils érigent une structure à l'architecture complexe. Guy THERAULAZ, du Centre de recherche sur la cognition animale, à Toulouse, salue ce résultat obtenu par l'équipe de Radhika NAPAL, de l'université Harvard, aux Etats-Unis : «Ce travail remarquable décrit pour la première fois un principe général utilisable pour la construction d'une structure en trois dimensions par un groupe de robots».

lpv709En l'occurrence, l'équipe américaine s'est inspirée de la « stigmergie ». Cette méthode de communication indirecte permet aux insectes sociaux comme les guêpes ou les termites de bâtir leurs nids uniquement à partir d'informations locales sur leur environnement, sans plan d'ensemble défini à l'avance. Dans le cas présent, les auteurs ont un peu détourné le procédé : le logiciel qui commande les mouvements des robots connaît l'architecture du bâtiment à obtenir, et en tient compte. Mais ensuite, c'est là qu'intervient la stigmergie, le logiciel établit des règles simples que les robots, équipés de capteurs, suivent pour se déplacer et agir en fonction d'informations détectées dans leur environnement : présence d'un autre robot, d'une marche, d'un angle, etc. Ainsi, bien que chaque robot n'utilise que des comportements primaires, avancer ou reculer au bon moment, poser une brique ou grimper d'un niveau, ils bâtissent collectivement la structure complexe définie à l'avance.

Source : LA RECHERCHE, N°486, avril 2014, signé Marie-Laure THEODULKE ; J. WERFEL et al, Science, 343, 754, 2014.

Actualité : l'E-Fan, le premier avion électrique français prend son vol.

L'avion école électrique d'Airbus, l'E-Fan, vient d'effectuer son vol inaugural ce vendredi 25 avril 2014 à Mérignac.
Ce petit bijou technologique d'Airbus Industries va bouleverser le marché de l'aviation dans les années à venir. Ce tout-électrique sera d'abord commercialisé en 2018 mais il demeure surtout la première marche vers la création de gros porteurs électriques d'ici une vingtaine d'années.

Le vol de démonstration n'a duré que dix minutes, mais c'était amplement suffisant pour trouver que c'est le miracle d'un avion qui fait le bruit d'un sèche-cheveux domestique (Arnaud MONTEBOURG). Silencieux, il est propulsé par des batteries au lithium-ion polymère qui lui permettent de voler plus de 45 minutes à près de 220 km/h. Une autonomie suffisante pour sa fonction primaire : avion école.
Les 9,5 m d'envergure pour 6,7 m de long font de ce petit avion biplace, le candidat idéal de l'avion pour tous les apprentis pilotes. C'est un marché conséquent puisque l'on estime qu'il faudra former plus de 650 00 pilotes à travers le monde d'ici 20 ans.
Mais le vrai challenge d'Airbus sera de continuer à travailler sur ce « tout-électrique » pour arriver à l'élaboration d'avion de transport de fret et de passagers de grosse capacité. « C'est une première étape dans la production de générations successives d'avions électriques de taille croissante, jusqu'à la finalité de construire des avions gros porteurs dans les 20 prochaines années » a rappelé le ministre MONTEBOURG.

Les enjeux demeurent évidents. Plus de dépendance au pétrole et plus aucune nuisance sonore au programme.

Source : 01 net du 25 avril 2014, signé Laurent COINTOT

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur 

   
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