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lu pour vous numéro 67

Détails

« Lu pour vous » n°67*

Sommaire

  • L'ère du smartphone tout-puissant : constructeurs et opérateurs se préparent à de nouvelles mutations technologiques
  • High-Tech : mini drones, de l'intelligence dans l'air
  • Energies renouvelables : le Soleil réchauffe la Terre, mais une partie de l'énergie retourne dans l'espace : le rayonnement infrarouge. Des scientifiques pensent en pouvoir produire de l'électricité.
  • Aéronautique : le lanceur réutilisable, nouveau défi de l'industrie spatiale.
  • High-Tech : la voiture qui détecte les piétons cachés.

L'ère du smartphone tout-puissant : constructeurs et opérateurs se préparent à de nouvelles mutations technologiques.

Le rachat de la start-up WkatsApp de Jan KOUM pour 19 milliards de dollars, a transformé cet ingénieur en nouvelle icône de la Silicon Valley. Son entreprise de 50 salariés dont l'application de messagerie instantanée est utilisée par 450 millions de terriens.

En 2013, les ventes mondiales de smartphones ont fait un bond de 30 % à 968 millions d'unités, près de 54 % du total des mobiles commercialisées.

Aujourd'hui, le mobile est ordinateur. Du bout des doigts, les mobinautes accèdent à leur messageries, discutent sur les réseaux sociaux, surfent sur le Web. Trois acteurs ont principalement initié cette révolution. Apple et Samsung d'une part, qui captent aujourd'hui 96 % des ventes mondiales et 120 % des profits. Google d'autre part, dont le système d'exploitation Android équipe désormais 80 % des appareils vendus sur la planète.

Ombres chinoises.

Le smartphone est de plus en plus une commodité. Loin des Phone à plus de 600 euros, un marché d'entrée de gamme se développe à grande vitesse, sur lequel les fabricants chinois commencent à prendre leurs marques. Huawei, ZTE, TCL, Lenovo, Yulong, Xiaomi. Si ces noms ne disent pas encore grande chose aux consommateurs européens, ceux-ci vont très vite s'y habituer, car les constructeurs chinois sont devenus incontournables et font de l'ombre aux grands noms de l'électronique grand public. Début 2013, ils étaient encore absents du Top-5 mondial. Un an plus tard, Huawei se place en troisième position devant le coréen LG, lui-même suivi par Lenovo.

Les groupes chinois squattent désormais cinq places dans le Top-10. Ils doivent leurs bonnes positions essentiellement au marché chinois. Mais l'Europe et l'Amérique du Nord sont dans leur ligner de mire. Ces groupes gigantesques profitent de leur marché domestique pour aller voir ailleurs.

Pour preuve ? Deux annonces récentes en disent long sur leurs ambitions : le rachat en janvier des smartphones Motorola par Lenovo à Google, et l'arrivée d’Hugo BARRA, ancien responsable à Google du programme Android, au sein du groupe Xiaomi, l'Apple chinois. La start-up chinoise joue désormais dans la cour des grands, avec à sa tête Lin BIN, un ancien de Microsoft et de Google. La raison de ce succès ? Des appareils à moins de 300 euros qui rivalisent technologiquement avec les plus grands. Xiaomi vient d'annoncer qu'il allait commencer par s'étendre en Asie, notamment à Singapour, en Malaisie, en Inde.

Un autre acteur de poids, TCL, plus connu en France sous la marque Alcatel One Touch. Le groupe monte progressivement en gamme avec des produits extrêmement attractifs en termes de tarifs. Tout y est, et souvent à des prix inférieurs de moitié à ceux d'une grande marque.

De son côté, Huawei a dévoilé au Salon de Barcelone cinq produits, dont un smartphone haut de gamme, deux tablettes et même un bracelet connecté, le Talk-Band. Fort d'une R&D comparable à celle de Samsung, le groupe de Shenzhen a réalisé une percée spectaculaire dans les smartphones, qui représentent désormais 87 % de ses ventes de mobiles. En volume, il a atteint la troisième place mondiale au quatrième trimestre 2013, et il a écoulé 22 millions d'unités en 2013.

Le smartphone n'était qu'un début, une première vague ou tout ce qui était concentré sur le PC est devenu plus mobile, avec les tablettes et les smartphones. D'ici deux à cinq ans, nous devrions vivre une nouvelle vague avec l'émergence de capteurs éparpillés. Voiture, montre, lunettes, pèse-personne.... Tout peut désormais se connecter. L'Idat, dans une étude récente, estime à 80 milliards le nombre d'objets connectés en 2020. Et l'américain Cisco, quant à lui, évalue ce marché à 14 400 milliards de dollars.

Ce marché colossal émerge grâce à la convergence de deux facteurs essentiels : la connexion Internet sans fil partout et l'avènement du smartphone ou de la tablette. C'est la troisième révolution de l'Internet

Source : CHALLENGES, N° 378 du 27 février au 3 mars 2014, signé Jean-Baptiste DIEBOLD et Marco MOSCA (envoyés spéciaux à Barcelone au World Mobile Congress)

 

High-Tech : mini drones, de l'intelligence dans l'air.

lpv671Les objets volants se miniaturisent, les labos de recherches s'inspirant désormais du vol des insectes. Revue de détail des technologies mises en œuvre.

A peine plus gros qu'une mouche. Il ne pèse que 20 milligrammes. Ses deux ailes battent frénétiquement, en silence. Son corps est étrange, sans tête, plat, avec juste un thorax en forme d'anneau souple et transparent. Il s'agit de l'Ovmi (objet volant mimant l'insecte), développé à l'Institut d'électronique, de microélectronique et de nanotechnologie (IEMN) de Valenciennes. En d'autres termes, un drone, un objet volant sans pilote ; Une classification non officielle le rangerait même dans la catégorie des pico drones, ces machines de quelques milligrammes, plus légères que les nano drones (autour de 20 grammes) eux-mêmes plus légers que les micros drones (autour de 50g).

« Cet Ovmi est, pour l'heure, un prototype de laboratoire il ne vole pas encore, explique Éric CATTAN, qui dirige le projet. Nous espérons un premier décollage dans les mois qui viennent ». Les militaires y croient. La Direction générale de l'armement (DGA) vient d'accorder au programme un financement de 284 000 euros sur trois ans. Le sujet passionne les armées, mais également les services de police et de renseignement. Un forcené retranché dans une maison avec des otages ? L'envoi de l'un de ces drones discrets équipé d'un micro et d'une caméra pourra permettre aux forces spécialisées de repérer les lieux avant d'intervenir. Des missions civiles sont aussi envisagées, comme la recherche de survivants après une catastrophe naturelle ou la détection de produits dangereux sur un site industriel.

C'est d'ailleurs au sein de l'armée américaine que le concept de micro drone a émergé. La Darpa espère qu'ils seront opérationnels en 2025.

Les premiers prototypes commencent à voler. C'est notamment le cas de Nano-Hummingbird, développé par la société californienne AeroVironnement et présenté en février 2011. Ce drone d'environ 20g - le poids d'une lettre- qui bat des ailes à la façon d'un colibri (hummingbird en anglais) est capable de faire du vol stationnaire et de se déplacer dans toutes les directions, aussi bien dans un bâtiment qu'en extérieur. Equipé d'une caméra, il transmet les images en direct. Seul problème technique encore non résolu : le battement de ses ailes produit trop de bruit pour en faire l'espion idéal.

Beaucoup plus discret, Robobee, mis au point à l'université Harvard, est quant à lui, un drone insecte. Il mesure 3 cm d'envergure et pèse 80 milligrammes, soit 250 fois moins que le Nano-Hummingbird et est à ce jour le premier, et le seul, pico drone capable de voler et de manœuvrer. Une véritable prouesse.

« Pour de si petits engins, la physique de vol n'est pas la même que celle utilisée en aéronautique. Les équations changent, et, pour la plupart, sont encore inconnues. Impossible de concevoir un drone à partir de la modélisation. Il faut passer par l'expérimentation, en testant de nombreux prototypes » explique Jean-Bernard PAQUET, chercheur en aérodynamique à l'Onera, qui travaille avec Éric CATTAN sur l'Ovmi. Ces contraintes aérodynamiques imposent aussi de sortir des modes classiques de sustentation que sont les voilures fixes aile d'avion et les voilures tournantes (rotor d'hélicoptère). Les premières sont idéales pour les drones plus gros, au-delà de la dizaine de centimètres, et qui doivent se déplacer rapidement pour couvrir des distances importantes en extérieur. Les secondes sont parfaites pour des engins destinés à l'exploration en vol stationnaire, pour inspecter un ouvrage d'art par exemple, et ce, même sur des gros engins.

A l'échelle du Robobee ou de l'Ovmi, ces techniques ne sont plus envisageables. « Ici, la viscosité de l'air devient prépondérante », précise Jean-Bernard Paquet. Les chercheurs ont donc opté pour des modes de propulsion alternatifs, en s'inspirant du vol des insectes. » Le vol de la mouche est très performant. Elle se cogne contre les vitres, repart aussitôt dans une autre direction en faisant des manœuvres très serrées. Le vol battu nous a donc semblé être la bonne option », indique Éric CATTAN. Problème : comment animer des ailes d'à peine plus d'un centimètre ? Là encore, impossible d'utiliser un moteur rotatif car celui-ci doit convertir, par un jeu de bielles et de manivelles, un mouvement circulaire en mouvement rectiligne. Certes, ce système équipe bien le Nano-Hummingbird, mais son gabarit d'oiseau le permet, ce qui n'est pas le cas sur les pico drones ou la place est comptée. Les chercheurs ont donc persisté dans le mimétisme avec l'insecte en insérant leurs ailes battantes sur un thorax », lui-même entourant un « actionneur ». Ce dernier vibre rapidement induisant une vibration de chaque aile. « L’équipe de Robert WOOD (Harvard) a ainsi développé un thorax en carbone formant comme une cage dans laquelle est inséré un actionneur constitué d'un matériau piézoélectrique. Lorsque ce matériau est soumis à une tension électrique, il se déforme, et peut même vibrer. Les ailes qui lui sont reliées, insérées sur des micro articulations positionnées sur le thorax, se mettent, elles aussi, à vibrer, avec une amplitude qui peut être supérieure car la structure du thorax permet d'obtenir en outre, une amplification mécanique.

Reste à trouver comment obtenir une torsion de l'aile.

lpv672L'équipe de l'IEMN de Valenciennes a fait un choix radicalement différent : le thorax et les ailes d'Ovmi ne font qu'un. L'ensemble, en matériau polymère, une sorte de plastique souple, fonctionne comme un une balançoire à bascule. Au centre, une petite plate-forme (le tergum) constitue une extrémité de la balançoire à laquelle est reliée une « tige » tenant une aile (idem pour l'autre aile). La tige s’appuie sur le thorax qui joue ainsi le rôle d'axe de bascule de la balançoire. Reste à faire vibrer tout cela. » Nous plaçons un actionneur électromagnétique, constitué d'un aimant entouré d'une bobine électrique, sur le tergum. En faisant circuler un courant alternatif dans cette bobine, on génère une force magnétique qui fait vibrer l'aimant. La vibration est ainsi transmise aux ailes » explique Alexandre BONTEMPS qui a développé ce système durant sa thèse à l'IEMN.

Mais ce système ne suffit pas à créer assez de portance pour faire décoller le drone. « Nous sommes à 75 % de la portance nécessaire, car en plus du battement, il nous faut obtenir une torsion de l'aile, qui assure une part importante de la portance chez l'insecte ». Effectivement, les ailes d'une mouche ne battent pas de haut en bas mais suivent un mouvement complexe ressemblant à celui de la pelle d'un aviron, passant de la verticale à quasiment l'horizontal à la fin de chaque battement (voir l'infographie). Un changement de plan que seul permettrait une torsion. « Nous testons des prototypes avec des masselottes en bout d'ailes afin de créer cette déformation, contribuant ainsi à obtenir un angle d'attaque favorable quand l'aile arrive en bout de course » explique Éric CATTAN. Pour l'heure, ce mouvement complexe n'est pas assez bien maîtrisé pour obtenir la portance voulu.

lpv673Reste que les obstacles sont encore nombreux avant que ces drones ne deviennent vraiment opérationnelles, et d'abord celui de l'intégration de la batterie. Ainsi Robobee est-il encore alimenté par un fil. »Nous pensons que d'ici à quelques années des batteries assez légères devraient faire leur apparition » estime Éric CATTAN. Le contrôle du vol pour que ces engins deviennent vraiment autonomes apparaît également comme un point important. Sur ce plan, Robert WOOD a une longueur d'avance sur la petite équipe de l'IEMN. Grâce à un système déporté de marqueurs et de capteurs de mouvement (caméras) en temps réel, Robobee peut être déplacé dans l'espace ou mis en vol stationnaire. En revanche, le choix des matériaux imite la miniaturisation alors que les polymères utilisés par Ovmi permettent de descendre jusqu'à l'échelle nanométrique.

La compétition s'annonce donc sévère. Et il faut aussi compter sur un challenger, l'équipe de Michel MAHARBIZ à, l’université de Californie à Berkeley, qui a choisi une approche diamétralement opposée. Plutôt que de mimer l'insecte, ces chercheurs ont choisi de l'exploiter directement en lui »greffant » des composants électroniques reliés à des électrodes implantées dans son système nerveux. Ils ont ainsi réussi à faire voler et télécommander un gros scarabée. Pas très éthique, mais redoutablement efficace.

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 805, mars 2014, signé Olivier HERTEL

Energies renouvelables :

Le Soleil réchauffe la Terre, mais une partir de l'énergie retourne dans l'espace : le rayonnement infrarouge. Des scientifiques pensent en pouvoir produire de l'électricité.

Les technologies actuelles : photovoltaïque, centrale solaire thermique, etc..., utilisent directement te rayonnement solaire. Mais il y a une autre possibilité de profiter de cette gigantesque énergie. Des chercheurs de la Harvard University proposent d'utiliser le rayonnement de chaleur de la Terre. La surface de la Terre est bien plus chaude que l'univers froid. Une partie de l'énergie solaire retourne dans l'espace comme rayonnement infrarouge et des scientifiques considèrent qu'elle, est utilisable.

Steven BYRNS et ses collègues détaillent dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » des technologies possibles pour transformer ce rayonnement en électricité et évaluent le rendement possible d'une installation» Emission Energy Harvester (EEH),

La longueur d'onde de l'infrarouge utilisable se situe entre 8 et 13 micromètres. La quantité théorique de l'énergie utilisable est gigantesque : notre planète rayonne en permanence de fa lumière infrarouge avec une capacité de 100 000 térawatts. Pour comparaison : au total les besoins de l'humanité, incluant le pétrole, le gaz et le charbon s'élevaient en 2008 à environ 15 térawatt, dont 3 térawatt pour l'électricité.

En comparaison avec une installation photovoltaïque, une EEH ne parait à peine attractive.

Au lieu d'un rendement de 140 à 200 watt par m2 de surface pour le photovoltaïque, en EEH à peine 20 Watt/m2 sont possibles. Sans doute, le rayonnement de chaleur a un grand avantage : on peut l'utiliser même la nuit, car la surface de la Terre émet toujours ces rayons, même si l'intensité du rayonnement baisse de 20 à 30% par rapport à la valeur maximale.

Le concept technologique prometteur est suivant les indications des chercheurs un « Rectenna (recycling antenna) ». Des ondes électromagnétiques percutent une petite antenne plate, qui, à l'aide d'une diode, transforme le rayonnement en courant continu.

La réalisation de ces antennes pour capter le rayonnement de la chaleur ne présente pas un défi insurmontable. Par contre, les diodes nécessitent encore beaucoup de travaux de développement.

Actuellement, aucune estimation du coût de cette technologie n'est encore possible. Mais, en considérant les grands progrès réalisés les dernières années sur les panneaux solaires, il y a des chances qu'un panneau EEH pourrait être produit à un coût plus favorable qu'un panneau photovoltaïque. On peut également imaginer de combiner les deux techniques. Dans ce cas, la couche supérieure d'une cellule solaire pourrait ainsi produire de l'électricité même pendant la nuit.

Même si les défis sont encore importants, le rayonnement de la chaleur présente, par son immense potentiel d'énergie disponible, une forme pratiquement utilisable d'énergie renouvelable.

Source: DER SPIEGEI on line du 04/03/2014, signé Holger DAMBECK

Aéronautique : le lanceur réutilisable, nouveau défi de l'industrie spatiale.

lpv674Ce type de propulseur serait plus économique et offrirait plus de souplesse pour placer des satellites en orbite. Trois projets, un français et deux américains, sont en lice.

Un drôle d'aéronef au double fuselage siamois s’élève au-dessus des champs. Un vol de vingt minutes, à quelque 500 mètres d'altitude, avant de revenir se poser sur l'aérodrome de Saint-Yan (Saône-et-Loire). L'expérience, modeste, est riche en promesses : Eole, financé par le Cnes (Centre national d'études spatiales), a effectué ses premiers vols d'essai avec succès en octobre 2013. Il pourrait ouvrir une nouvelle voie de transport spatial, celle des lanceurs dits réutilisables- par opposition aux lanceurs classiques dits consommables, car détruits lors de l'utilisation.

Difficile, en effet, de mettre au point un moteur assez puissant pour traverser les couches gazeuses denses de la basse atmosphère, jusqu'à 16 km d'altitude, et capable de s'adapter à la raréfaction de l'air à mesure qu'on se rapproche de l'espace. Pour l'instant personne ne sait le faire. De plus, au retour, lorsque l'engin rentre dans l'atmosphère à la vitesse de28 000 km/h, il faut que son revêtement résiste aux frottements intenses qui échauffent les matériaux. Surtout, un tel lanceur ne serait rentable qu'à raison de 40 à 50 lancements par an. Une cadence que les fusées actuelles sont très loin d'atteindre.

La solution serait de diviser le vol en deux étapes.

lpv675Oublié, donc, l'engin unique qui réalise tout le vol vers l'orbite terrestre avant de revenir à la base. La solution qui a désormais le vent en poupe consiste à diviser le vol en deux étapes en construisant deux étages : un premier réutilisable, un second consommable. Le premier assure le vol dans les couches basses de l'atmosphère puis le second, équipé de son propre mode de propulsion, rejoint l'espace avant de brûler en rentrant dans l’atmosphère (voir l'infographie).

C'est cette solution qui est développée par le Cnes pour son démonstrateur Eole, en partenariat avec l'Onera, le centre français de recherche) aérospatiale, l'avionneur français Aviation Design, les écoles d'ingénieurs et l'université d'Evry-Val d'Essonne.

Le marché visé est celui des nano ou microsatellites.

L'engin de 6,7 m à l'échelle 1/4 doit emporter sous son ventre un lanceur. Ce qui explique l'architecturer symétrique de de l'avion. »Pour libérer au maximum l'espace central sous l'appareil, les fuselages sont latérales, l'empennage évasé et les moteurs placé sous les ailes, décrit Jean HERMETZ, chef de projet Eole à l'Onera. Ce qui permet au moment du largage de profiter d'un effet de séparation naturelle».

Le porteur décolle comme un avion et assure à grande vitesse la première partie du vol jusqu'à 4 à 6 kilomètres d'altitude pour le démonstrateur Eole, 14 à 16 kilomètres pour son éventuel successeur commercial. Là, l'engin se cabre à 45° et lâche sa fusée avant de basculer sur l'aile et de revenir à son point de départ. Au même moment, le moteur de la fusée s'allume faisant filer ce deuxième étage à la vitesse de 8kml/s. « A cette altitude (16 km), la densité atmosphérique est plus faible qu'au sol : le lanceur lutte moins pour s'arracher à l'attraction terrestre et la poussée de ses gaz est plus efficace » explique Nicolas BEREND, expert en transport spatial à l'Onera. Le marché visé par Eole est celui des nano et microsatellites, soit « des charges utiles de 10 à 50 kg », souligne Nicolas BEREND. «Actuellement, ces petits satellites sont mis en orbite en même temps que des charges plus grosses. Ce sont ces derniers qui dictent la date du lancement et l'orbite sur laquelle ils seront placés ».

lpv676De l'autre côté de l'Atlantique, Elon MUSK, le jeune patron de visionnaire de la société SpaceX, tente lui aussi l'aventure du SSTO( Single Stage to Orbit). Le 4 octobre 2013, son prototype Grasshopper (sauterelle) a réalisé un vol vertical de 744 mètres d'altitude. L'engin n'est autre que le premier étage de Falcon 9, le lanceur commercial de Space X.

Propulsé par le nouveau moteur Merlin ID- 25 % plus puissant que celui du Falcon9-, la fusée s’est élevée verticalement. Mais au lieu de s'incliner comme dans un lancement classique, pour venir s'écraser dans le désert du Texas, elle est redescendue verticalement, tous moteurs vrombissants, avant de se poser sur ses quatre pieds d'acier exactement à son point de départ.

lpv677C'est la première fois qu'un engin aussi gros (32m de haut et 3,60 m de diamètre) accomplit un tel exploit, qui nécessite une poussée régulière et un pilotage automatique capable de gérer tous les paramètres de vol pour maintenir l'étage vertical quelles que soient les conditions météo. Pour les prochains essais, ce prototype sera remplacé par un nouveau, le F9R (Falcon 9 Reusable), qui pourrait devenir à terme le premier étage récupérable de Falcon 9, abaissant les coûts de 30%, selon Elon MUSK, le pari est risqué. Pour placer un satellite en orbite, le premier étage du lanceur doit atteindre une altitude de 100 à 200 km, et une vitesse horizontale de 8km/s. Ce dernier paramètre, qui l'éloignera de la base, nécessitera une manœuvre de retour, un secret encore bien gardé par SpaceX.

Les militaires américains développent aussi leur projet.

De plus, pour effectuer les opérations de retour à la base, Grasshopper brûle beaucoup de carburant, ce qui nécessite un réservoir plus gros et double quasiment sa masse au départ Elon MUSK balaie sers objections par un chiffre : le carburant ne représente que 0,3 % du coût d'un lanceur, alors qu'un premier étage compte pour trois quarts du prix total.

lpv678Les militaires américains de la Darpa, l'agence pour les projets de recherche avancée de défense, n'ont pas les mêmes motivations, mais un même intérêt pour le SSTO. En septembre 2013, ils ont lancé leur propre programme, appelé XS-1(Expérimental Spaceplan). Objectif : lancer des satellites de plus de 1,8 tonne selon le principe du »10/10/10» ; soit un engin capable de voler 10 fois en 10 jours à 10 fois la vitesse du son (plus de 3,5 km/s), le tout pour quelques 5 millions de dollars le vol. Le principe retenu est celui d'une petite navette pour la première partie du vol avec une fusée installée sur son dos pour la seconde partie.

Pour Xavier PASCO, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, »il s'agit pour les militaires de rendre l'espace le plus flexible possible en cas d'attaque d'un satellite par un missile. Un lanceur réutilisable serait capable de décoller rapidement pour le remplacer». Agence nationale, société privée, département militaire, petits et gros satellites : la vogue du récupérable pourrait bien infiltrer toutes les strates du secteur spatial.

Source : SCIENCE et AVENIR N° 805, mars 2014, signé Sylvie ROUAT

High-Tech -Sécurité : la voiture qui détecte les piétons cachés.

Un système embarqué alerte le conducteur des risques de collision et actionne automatiquement les freins du véhicule.

Dans cette petite rue bordée de véhicules en stationnement, à la sortie d'une école, une voiture avance prudemment. Mais soudain un enfant surgit, à quelques mètres de la calandre. Le conducteur, surpris, n'a pas le temps de freiner, mais sa voiture, si ! Elle est équipée d'un système automatique de détection et de suivi de piétons ultrasophistiqué qui a repéré l'enfant alors qu'il marchait encore sur le trottoir, caché derrière les véhicules en stationnement. La voiture stoppe instantanément, évitant la collision.

lpv679Une scène qui ne se déroulera que dans quelques années, car la technologie est encore à l'état du prototype. Elle vient d'être présentée par l'équipe d'Erwin BIEBL à l'université technique de Munich. Son principe repose sur la communication par ondes entre des piétons (ou des cyclistes) et la voiture. Cette dernière dispose d'un système embarqué composé d'un ensemble d'antennes qui émettent un signal radio de type Wi-Fi. L'intérêt de cette technologie est qu'elle n'est pas gênée par la présence d'obstacles (voitures, bus...). Les piétons sont équipés d'un transpondeur : une sorte de de balise : lorsque celle-ci reçoit les ondes provenant de la voiture, elle émet aussitôt en retour un signal similaire indiquant sa présence. Ce signal est alors capté et localisé par les antennes embarquées. Le transpondeur comporte de surcroît une petite centrale inertielle qui mesure en temps réel les déplacements de la personne. Des informations précieuses envoyées en continu à la voiture.

Le détecteur pourrait être intégré dans les vêtements.

L'ordinateur de bord peut ainsi calculer précisément le déplacement de l'individu et définir à partir de quel moment il y a un risque de collision. Si le temps avant l'impact est supérieur à 1 seconde et demie, le système émet une alarme pour prévenir le conducteur du danger imminent. Si le temps est inférieur, c'est la voiture qui prend la décision de freiner pour éviter le choc, et ce même si le piéton n'est pas encore visible.

C'est justement cette anticipation qui fait la différence avec les technologies de détection existantes. Celles-ci reposent le plus souvent sur l'utilisation d'une caméra qui identifie le piéton ou le cycliste et le suit pour surveiller son comportement pour déclencher, si nécessaire, un freinage d'urgence. »Mais si le piéton est caché derrière un obstacle, par exemple une voiture en stationnement, il ne peut être détecté » explique Erwin BIEBL. Il faudra encore un peu de temps avant de voir la nouvelle technologie entrer au catalogue des constructeurs. » A mon avis, elle ne sera pas commercialisée avant 2020 », confie Erwin BIEBL. Quant au transpondeur du piéton, il pourra être à l'avenir intégré dans un téléphone voire, dans les vêtements.

Source : SCIENCE et AVENIR, N° 805, mars 2014, signé Olivier HERTEL

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

   
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