AGENDA  

Aucun évènement à venir!
   

IESF  

iesf

   

lu pour vous numéro 58

Détails

"Lu pour vous" n° 58*

Sommaire

Technologie : des batteries rechargées en quelques minutes

Des chercheurs américains ont réussi à utiliser du silicium pour créer des super condensateurs capables de se recharger en quelques minutes et de restituer leur électricité pendant des semaines...

Source : 01 net, actus, actualités du 24/10/2013

Stratégies :

EADS concentre ses forces

Objectif : transformer un holding en groupe aéronautique intégré.

Le patron d'EADS, Tom ENDERS, a réalisé en mai 2012 le rêve de son prédécesseur Louis GALLOIS, en négociant une nouvelle gouvernance qui prive les Etats français et allemand du contrôle du groupe et autorise Lagardère et Daimler à sortir du capital. Le groupe ainsi «normalisé», peut engager l'acte deux, le plus ambitieux :

EADS (56,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2012) va adopter le 1er janvier 2014 le nom d'AIRBUS, sa marque la plus connue. Il passera par ailleurs de quatre à trois divisions, dont une nouvelle branche défense et espace.
Le futur Airbus Group devra être le champion du cash : l'européen vise une rentabilité opérationnelle de 10% dès 2015, soit le double de celle de 2012.

Nouvelle organisation :

Airbus Defence & Space, 25% du chiffre d'affaires. La division défense Cassidian est fusionnée avec la branche spatiale Astrium, qui développe le lanceur Ariane 5, et Airbus Military, qui fabrique l'A400M, au sein de la division de 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Airbus se concentre sur ses programmes civils, dont I'A350, qui doit entrer en service au second semestre 2014 (64% du chiffre d'affaires).

Airbus Helicopters, l'ex-Eurocopter conserve en interne ses activités civiles et militaires. Il doit désormais mener à bien le renouvellement de sa gamme, dont le X4, prévu pour 2017 (11% du chiffre d'affaires).

Source : CHALLENGES, n° 359 du 3 octobre 2013, signé Vincent LAMIGEON

Le Club Med s'immerge dans la culture chinoise.

lpv583Misant sur l'enrichissement de la classe moyenne en Chine, le groupe français vient d'ouvrir un deuxième village. Et doit bientôt accueillir un investisseur chinois à son capital.

L'inauguration de ce complexe de Guillin, le 23 septembre, après celle de Yabuli, station de ski réputée au nord-est de la Chine fin 2010, marque la volonté du Club Med de planter son trident un peu partout sur ce continent. Le nouveau complexe dispose de 330 chambres, réparties en deux bâtiments, dans une région classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Cette longue marche du Club Med a commencé il y a moins de dix ans. Quelque 7 000 Chinois avaient alors séjourné dans un village du groupe, loin de chez eux, selon l'exercice 2004-2005. Cette année ils devraient être 100 000. Et 200 000 en 2015, quand les cinq villages prévus (dont le prochain sera inauguré sur l'île de Dong'ao au cours de l'été 2014) seront ouverts dans leur pays.

Un marché prometteur :

43 millions de foyers chinois disposent aujourd'hui d'un revenu annuel supérieur à 16 000 dollars. Ils seront 163 millions en 2020. 9% de progression annuelle attendue du nombre de voyages entre 2012 et 2020.16% de hausse annuelle attendue du chiffre d'affaires du secteur touristique en Chine entre 2012 et 2020.

Source : CHALLENGES n° 359 du 3/10/2013, signé Francine RIVAUD

 

Actualité : Renault mise à fond sur le lowcost

De Tanger vont débouler des Dacia Sandero à 7 900 euros pièce.

A Tanger, la deuxième ligne d'assemblage réservée à la Dacia Sandero de l'usine Renault, qui avait été inaugurée en février 2012 en présence du roi du Maroc et du super patron Carlos GHOSN, a été lancée presque en catimini le 8 octobre. Grâce à un investissement de 400 millions d'euros, la capacité de production va doubler, de 170 000 à 340 000 voitures par an, avec seulement 1 400 employés supplémentaires (soit 5000 au total), payés 250 euros par mois, deux fois moins qu'à Pitesti (Roumanie), l'usine mère de Dacia ou la pression sur les salaires augmente.

Les équilibres internes du groupe vont être modifiés. Car cette nouvelle vague de Sandero vendues à partir de 7 900 euros ne va pas seulement faire le bonheur des propriétaires de «petits taxis» marocains, ou Dacia dispose d'un quasi-monopole. Le modèle va déborder en Europe et autour de la Méditerranée.

Selon les pays, la Sandero est vendue sous les marques Dacia ou Renault. Pour s'y retrouver, le groupe a baptisé «Entry » ses voitures lowcost, qui représenteraient un tiers des ventes globales de Renault.

Source : CHALLENGES N°361 du 17 octobre 2013, signé A.E.R.

Le Made in France revient en Irak.

Les groupes français prospectent le plus grand marché solvable de reconstruction.

La Foire internationale de Bagdad, qui rassemble du 10 au 15 octobre les entreprises occidentales et donneurs d'ordre irakien, a confirmé le dynamisme français dans un pays en croissance de 9% en 2013, selon le FMI. Des contrats pour 250 millions d'euros ont été signés, dont des études préliminaires pour une ligne à grande vitesse Bagdad-Bassora (Alstom Transport), quatre sous-stations électriques (Alstom Grid), et des radars de navigation aérienne (Thales). Avec 500 milliards d'investissements prévus, l'Irak est sans doute le plus grand marché solvable de reconstruction du monde. L'objectif est clair : doubler les exportations françaises d'ici à trois ans, en les portant à 1,5 milliards d'euros par an. Le Ministère du Commerce extérieur espère voir le camp français capter 20% des 22 milliards d'euros de contrats pour lesquels les industries tricolores sont en lice.

La situation sécuritaire reste problématique. « C'est le pays le plus dangereux et le plus compliqué, mais cette sélectivité est un atout face à des concurrents qui n'osent pas forcément à y aller » » pointe Frédéric GALLOIS, patron de la société de sécurité Gallice , très présente sur place.

Le gratin du CAC 40 ne s'y est pas trompé : Alstom, Schneider Electric, EADS, Safran, Thales, Sanofi, Lafarge ou Total sont présents sur place. Même de grosses PME ont pris pied dans le pays, comme le spécialiste des véhicules anti-incendie Sides.

Source : CHALLENGES n" 361 du 17 octobre 2013, signé V.L.

Actualité : l'auto chinoise a beaucoup d'amis.

lpv581Peugeot-Citroën n'est pas le seul étranger à nouer des partenariats différents avec des constructeurs chinois (en l'occurrence Dongfeng et Changan).

Dans un marché chinois de 12,7 millions de véhicules, qui devrait doubler d'ici à quinze ans, il y a de la place pour tous. D'où la multiplicité des alliances entre chinois et étrangers.

Source : CHALLENGES n°359 du 3 octobre 2013, signé Airy ROUTIER (en Chine)

 

 

 

Actualité : la Chine multiplie les barrages hydrauliques.

lpv582Malgré les alertes des scientifiques quant à l'impact des ouvrages hydroélectriques sur l'environnement, les autorités politiques en projettent toujours plus.

La Chine est à la tête d'un véritable complexe industriel : elle possède des armées d'ingénieurs en hydraulique inexploitées. Le pays multiplie les barrages, et c'est bien le comble, pour des raisons environnementales. Pékin souhaite diminuer sa dépendance au charbon. Comme l'énergie nucléaire, l'hydroélectrique est considéré comme une énergie verte. Ces derniers mois, les nouveaux dirigeants chinois ont annoncé qu'ils voulaient encore d'avantage de de barrages, dont le plus haut du monde, sur la rivière Dadu, dans le Sichuan.

Gigantesque ambition :
250 gigawatts, c'est la capacité hydraulique en Chine fin 2012 (sur une capacité totale énergétique de 1 145 gigawatts).
350 gigawatts sont prévus pour 2020
Premier constructeur mondial avec la construction et le financement de 300 barrages dans 66 pays

Source ; CHALLENGES n° 359 du 3 octobre 2013, The Economist- Londres 2013

Technologie : plastiques et conducteurs à la fois.

Depuis la fin des années 1970, on sait que les plastiques ne sont pas nécessairement des isolants électriques : certains de ces nouveaux polymères peuvent rivaliser avec les métaux et offrent une large palette d'applications.

Les plastiques sont des polymères, c'est-à-dire des molécules de grande taille constituées de la répétition d'un motif élémentaire.
La plupart sont des isolants électriques, mais certains dérogent à cette règle.

En effet, on a découvert depuis 40 ans des polymères dits intrinsèquement conducteurs qui peuvent être aussi conducteurs que les métaux.

En 1970, les équipes de l'université de Tsukuba, au Japon, fabriquaient du polyacétylèbe. Dans ce polymère, les doubles et les simples liaisons alternent le long de la chaîne carbonée. Cette structure rend certains électrons moins solidaires des noyaux auxquels ils sont rattachés. C'est une propriété indispensable pour fabriquer un polymère, mais elle n'est pas suffisante.

lpv584On distingue deux formes de polyacétylène selon l'orientation des atomes autour des doubles liaisons, les formes cis et trans. L'équipe de H. SHIRAKAWA de Tsukuba a développé plusieurs méthodes pour contrôler les proportions de chacune des deux formes dans les films noirs de polyacétylène. Cependant, un jour, par erreur, un excès de catalyseur (1 000 fois plus que d'habitude !) conduisit la formation d'un film argenté de polyacétylène ; il ne contenait que du trans-acétylène. Une modification de la température de réaction se traduit par l'apparition d'un film de couleur cuivrée constitué uniquement de cis-acétylène.

En 1977, les équipes du Japon réunis avec ceux de l'université de Philadelphie et de Californie, montrent que l'on peut modifier la conductivité électrique du polyacétylène, le faisant passer de l'état d'isolant à celui de conducteur en le dopant avec des vapeurs d'iode.
Dans les années qui suivirent, d'autres polymères ont été synthétisés offrant les mêmes propriétés de conduction électriques et une meilleure stabilité aux conditions atmosphériques. Citons le polypyrrole, le polythyophène et la polyaniline. La conductivité électrique de ces matériaux varie de de 10-11 à 104 Siemens par centimètre (S/cm), c'est-à-dire de la conductivité d'un isolant tel le nylon à celle d'un métal comme le fer. Depuis les années 1990, le nombre de publications parues révèle l'engouement pour cette nouvelle classe de de polymère .Aujourd'hui, un polymère conducteur flexible, léger, stable à l'oxygène et à l'humidité et enfin facile à mettre en œuvre.
La polyaniline est un polymère de choix offrant une conductivité acceptable pour nombre d'applications, une bonne stabilité à l'air et une synthèse aisée par voie oxydante. A cela s'ajoute une particularité : sa conductivité peut être contrôlée de façon réversible soit électro chimiquement ( par oxydation ou réduction), soit chimiquement par protonation et déprotonation (à l'aide d'un acide ou d'une base). De la sorte, on dispose d'une diversité de comportement et de propriétés qui fait l'intérêt de ce matériau.
Avec les polymères intrinsèquement conducteurs, on peut confectionner des muscles artificiels, des capteurs chimiques, des textiles chauffants....

Les capteurs traduisent une grandeur que l'on veut mesurer, une pollution chimique par exemple, en une grandeur électrique préalablement calibrée. Dans ce domaine, des systèmes fiables et sensibles afin notamment de surveiller la concentration dans l'air de composés toxiques constituent un enjeu sanitaire, environnemental et sociétal important.
Les performances des capteurs se définissent par divers paramètres tels que les conditions d'utilisation (prises en compte des interférents, de l'humidité, de la température, du vent...), le temps de réponse, la sensibilité, la résolution, la durée de vie...Les capteurs de polyaniline satisfont ces critères fondamentaux.

Les polymères conducteurs sont aussi adaptés pour la libération contrôlée de substances chimiques telles que les médicaments, les pesticides, les fongicides...

On peut aussi élaborer des actionneurs électrochimiques, c'est-à-dire des muscles artificiels.

Avec des polymères conducteurs. Des développements sont en cours en Suède et au Japon.

D'autres applications sont fondées sur les propriétés intrinsèques des polymères conducteurs : leur charge électronique, leur caractère ionique à l'état dopé, leur pouvoir oxydant...C'est le cas notamment des protections contre la corrosion des métaux. En effet, les polymères conducteurs peuvent modifier l'évolution de cette corrosion via des interactions électroniques, chimiques et électrochimiques avec les métaux. Enfin, les polymères conducteurs constituent d'excellents revêtements chauffants, un secteur en plein essor depuis quelques années. Les composites conducteurs peuvent s'échauffer par effet Joule.

La réglementation thermique 2012 contraint la consommation d'énergie primaire des bâtiments neufs, ce qui oblige à des innovations technologiques et industrielles. Dans ce contexte, de nouveaux modes de chauffage permettront une économie substantielle. Les progrès nécessiteront de nouvelles parois chauffantes à base de de matériaux composites innovants mise en œuvre à moindre coût.
Les composites à base de polymères conducteurs sont d'excellents candidats, car on peut en faire des films flexibles chauffants, ultraminces et dont la dimension est ajustable.

Le développement de films souples, étirables et chauffants, conduira également à l'élaboration de nouveaux textiles, nommés SFIT (Smart Fabrics and Interactive Textiles), qui amélioreront le confort des utilisateurs.

Source : DOSSIERE POUR LA SCIENCE, n° 79, avril-juin 2013, par Stéphanie REYNAUD (UMR 5254, CNRS 1PREM), à l'université de Pau et de l'Adour.

Les paradoxes de la matière : des surfaces qui ne veulent pas se mouiller.

lpv586L'essentiel :

Certaines plantes, tel le lotus, ont des feuilles qui ne se mouillent pas : elles sont super hydrophobes.
On obtient cette propriété avec une surface hérissée de plots micrométriques. Cependant, quand les plots sont peu nombreux et courts, les gouttes d'eau s'empalent

En maîtrisant ce phénomène, on élabore des revêtements antibuée et des surfaces qui repoussent les huiles.
L'eau ne mouille pas la feuille de lotus : les gouttes restent dispersées, et leur angle de contact avec la surface est très élevé. Les plus petites d'entre elles sont quasi sphériques ; les grosses, elles, sont aplaties par la pesanteur.

Lorsqu'une goutte d'eau millimétrique est posée sur une surface hydrophobe lisse (a, sur une surface en téflon), l'angle de contact entre la goutte et son support solide est à peine supérieur à 90 degrés. Cet angle atteint 160 degrés sur une la deuxième surface (b). Celle-ci, en silicium couvert d'un polymère fluoré est hérissée d'un réseau ordonné de plots de taille micrométrique. Ce réseau qui explique les irisations rend la surface super hydrophobe.

lpv585

Le GERRIS (a, Gerris lacustris) ne s'enfonce pas dans l'eau grâce à ses pattes super hydrophobes. Cette propriété est due à des soies microscopiques (b). De fait, pour qu'une surface soit hyper hydrophobe, elle doit être ornée d'aspérités microscopiques en densité suffisante. La micro lithographie permet de fabriquer de telles surfaces en silicium (c). Deux états de mouillage sont alors possibles : l'état de Wenzel (d, à gauche), ou le liquide épouse la surface, et l'état fakir (d, à droite), ou la goutte repose en grande partie sur de l'air.

lpv588          lpv589

L'impact et rebond d'une goutte d'eau millimétrique tombant sur un substrat texture à la vitesse de un mètre par seconde, vu du dessus. La tache noire centrale trahit la pénétration de l'eau dans le substrat, constitué d'un réseau carré de plots micrométriques.
Impact et rebond d'une goutte d'eau millimétrique sur une surface Super hydrophobe. La goutte, qui frappe le solide à une vitesse dépassant un mètre par seconde, s'étale d'abord par inertie, avant de se rétracter pour fuir le solide. La sorte de quille liquide qui en résulte décolle en émettant quelques gouttelettes satellites et en oscillant fortement. Les clichés successifs sont séparés d'une milliseconde environ.

lpv5892

Source : Dossier pour la science n°79, avril-juin 2013.

High-tech informatique : des nanotubes de carbone dans un ordinateur.

Ce saut technologique pourrait bouleverser l'industrie informatique, car la conductivité de ce matériau est bien supérieure à celle du silicium.

lpv587Il s'appelle CEDRIC, sait compter jusqu'à 32 et classer des nombres. A priori rien d'extraordinaire.... Pourtant, cet ordinateur, présenté dans la revue Nature, est une prouesse. Cette machine est en effet la première à fonctionner entièrement avec des transistors à nanotubes de carbone (ou graphène), et non plus de silicium. Conçu par des chercheurs de l'université de Stanford, en Californie, il comprend 178 nanotubes au total. L'industrie informatique travaille depuis une quinzaine d'année sur ces composants constitués de feuilles de carbone épaisses d'un atome et enroulée en un cylindre large de quelques nanomètres contre une vingtaine pour les tubes de silicium. La conductivité de ce matériau est en effet environ 70 fois supérieure à celle du silicium. De quoi augmenter les performances d'un ordinateur. De plus, en raison de leur faible épaisseur, les nanotubes de carbone consomment moins d'énergie que le silicium. Le problème était que, jusque-là, les chercheurs ne contrôlaient pas toutes les propriétés de ce matériau. Ainsi, certains tubes, dits métalliques, perdent parfois de leur semi-conductivité pour devenir conducteurs .En outre, il est difficile d'obtenir des tubes parfaitement parallèles sur le transistor ; des cylindres se touchent, créant des courts-circuits qui perturbent la machine.

L'équipe de Stanford est parvenue à contourner ces obstacles. Tout d'abord en éteignant le transistor avant d'y envoyer un fort courant électrique : celui-ci n'a pu alors passer que dans les tubes «métalliques», par définition restés conducteurs, jusqu'à les griller. Ces tubes se sont vaporisés en dioxyde de carbone et ont donc été éliminés du circuit électronique, ne laissant que les tubes semi-conducteurs souhaités. Ensuite, les chercheurs ont conçu un algorithme capable de repérer et contourner les tubes «tordus» qui créaient des courts-circuits.

Source : SCIENCE et AVENIR n° 801, novembre 2013, signé Arnaud DEVILLARD

*Les articles qui figurent dans cette rubrique sont transmis à titre d'information scientifique et / ou Technique. Ils ne sont en aucun cas l'expression d'une prise de position de l'UDISS ou d'un jugement de valeur

 

   
© UNION DES INGÉNIEURS ET SCIENTIFIQUES DES SAVOIE - 2011